La facture alimentaire de l’Algérie force le débat sur la stratégie industrielleLa facture alimentaire de l'Algérie a plus que triplé en cinq ans. Alors que les produits agricoles ne représentent que 0,2% du total des exportations du pays, ils constituent 30% de ses importations. Un projet de développement de la production va être débattu au gouvernement.
ALGERIE. En cinq ans, la facture alimentaire de l'Algérie a plus que triplé, passant de 2,5 mds$ en 2003 à 8 mds$ en 2008. Les produits agricoles ne représentent que 0,2% du total des exportations algériennes, contre plus de 96% pour les hydrocarbures. En revanche, ils constituent 30% du total des importations du pays.
Dans le but de faire face à une dépendance qui met en péril la sécurité alimentaire du pays, le ministre de l’Industrie et de la promotion des investissements a annoncé que l’industrie agroalimentaire figurait désormais en tête des priorités du gouvernement. Il s’agit, selon lui, d’initier une démarche de substitution aux importations afin de satisfaire une demande intérieure croissante, l’Algérie comptant désormais plus de 36 millions d’habitants. Abdelhamid Temmar ambitionne même d’exporter en vue d’accroître le montant des entrées en devises hors hydrocarbures. La mise à niveau, une nécessité
Le développement de l’industrie agroalimentaire implique toutefois une mise à niveau des entreprises privées du secteur, ainsi qu’un développement de la production agricole du pays.
Ces deux aspects sont inscrits dans la "nouvelle stratégie industrielle" présentée il y a déjà un an par Abdelhamid Temmar. Récemment critiquée par le Premier ministre Ahmed Ouyahia pour, selon lui, n'avoir aucune réalité et se réduire à des annonces médiatiques, elle fait l'objet d'un texte qui va être soumis au gouvernement pour débat au lendemain de l’élection présidentielle du 9 avril 2009. Pour la première fois, une équipe mixte composée d’industriels et d’experts a été associée à l'élaboration de cette stratégie au sein du ministère. Cette nouveauté réjouit les industriels qui, depuis longtemps, se plaignent du manque de concertation et de prise en compte de leurs doléances. Amal Belkessam, à ALGER
Lundi 23 Mars 2009
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