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La désalinisation de l'eau de mer reste l'ultime solution pour la consommation d'eau des Israéliens


Dans cette région aride, l’or bleu, l’eau, fait partie des enjeux géopolitiques majeurs. Ses ressources hydrauliques étant pratiquement épuisées, l'Etat hébreu prévoit de désaliniser 505 millions m3 d'eau de mer d’ici 2014.



L'usine de désalinisation de Hadera, construite en 2 parties qui peuvent fonctionner indépendamment (photo DR)
L'usine de désalinisation de Hadera, construite en 2 parties qui peuvent fonctionner indépendamment (photo DR)
ISRAËL. Un plan d'urgence qui devrait permettre de produire 200 millions de mètres cubes d'eau potable supplémentaire, dans trois ans, a été présenté au gouvernement israélien dimanche 16 Janvier 2011,  par le ministre des Infrastructures nationales, Ouzi Landau, selon le quotidien israélien Globes
 
Moins d'un tiers du niveau moyen des précipitations a recouvert le territoire israélien depuis l'hiver  2010. Ouri Shani, à la tête de l'Autorité des Eaux , a fait savoir, mercredi 12 janvier 2011, que des "mesures extrêmes" d'économie d'eau vont être prises très rapidement sous la forme de restrictions concernant l'arrosage des pelouses et jardins ainsi qu'une nouvelle taxe sur l'eau qui devrait permettre de financer en partie les énormes projets de désalinisation d'eau de mer.  

L'Etat Hébreu mise tout sur la désalinisation

En 2010, la nouvelle usine de désalinisation à osmose inverse, de Hadera, a commencé à alimenter les réserves d'eau potables israéliennes et produire à elle seule 127 millions de m3 d'eau potable. La construction de cette usine, située à 50 km au Nord de Tel-Aviv, a coûté 269 M d'€ à l'Etat qui a rajouté 70 M d'€ en 2009 pour ses travaux d'extension.

Additionnée aux autres usines de désalinisation existant déjà dans le pays, l'eau désalinisée consommée par les Israéliens atteint d'ores et déjà 300 millions de m³ par an! 
Israël possède déjà quatre grandes usines de désalinisation fonctionnelles sur la côte méditerranéenne, ainsi que 270 compagnies et instituts liés au secteur technologique de l’eau, dont 60 start-up. 
 
Deux nouvelles usines de désalinisation, dont la construction a été approuvée en 2010, doubleront la quantité d'eau potable en provenance de la mer produite par Israël. L'usine  prévue à Sorek, sera la plus grande du monde et devrait à elle seule produire quelque 300 millions de m3 par an.  

Dans les locaux d'une usine de désalinisation israélienne

Avner Hermoni nous accueille à l'entrée de l'usine de désalinisation ultra moderne Via Maris (du groupe Global Environmental Solution Ltd ) dont il est le directeur,  avec un verre d'eau désalinisée, sans aucun goût, mais bien meilleur que l'eau fortement  chlorée des  robinets d'eau courante en Israël. 

"Les chercheurs israéliens ont mis en place la technologie de désalinisation d'eau de mer la plus rapide et la moins coûteuse en énergie électrique sur le marché mondial" explique-t-il. "Par rapport aux autres pays qui consomment de l'eau de mer désalinisée, comme Chypre ou l'Espagne, nous possédons le meilleur rapport qualité prix sur le marché international".

 "L'entreprise est semi-privée" continue Avner. "L'Etat israélien s'est engagé à acheter la totalité de l'eau produite annuellement pendant les vingt-cinq prochaines années. Cette période terminée, l'usine passera dans les mains de l'Etat."

L'eau de mer est pompée à une profondeur de 9 mètres et à une distance de 850 m de la côte . Elle est ensuite amenée par d'énormes tuyaux souterrains, jusqu'à l'usine de désalinisation.

L'eau est vendue à 3 shéquels israéliens (0,56€) le m³. "Ceci revient plus cher que de pomper l'eau du lac Kinnereth, mais personne n'est prêt à réduire sa consommation en eau et le lac est pratiquement asséché" déclare Avner Hermoni. Les ressources hydrauliques exploitées en Israël se trouvent pour la plupart en dehors des frontières fixées en 1967, et sont pratiquement à sec. De plus, les points d'eau les plus importants prennent leur source dans des pays voisins plutôt hostiles. Une situation dès lors difficile à gérer pour ce pays dont la consommation totael atteint pratiquement 2000 millions de m3 par an et ne fait qu'augmenter chaque année. La distribution de l'eau y est d'ailleurs classée "sécurité défense".
 
En 2008, le gouvernement s'était déjà fixé comme objectif de parvenir à 750 millions de m3 d'eau désalinisée avant 2020.  





Jeudi 20 Janvier 2011



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Commentaires

1.Posté par YANA Serge le 22/01/2011 02:29
On va dans le mur. Cette option connue depuis une trentaine d'années est énergivore, nécessite un gros entretien et génère des sous produits en excédent en dépit d'une utilisation partielle de ces sous produits. Il existe beaucoup plus simple, bien moins cher, plus facile à exploiter, moins cher en énergie et sans sous produit. Si ce message arrive à un haut responsable de l'eau ou à un maire de ville, je suis prêt à en discuter. Monter un petit pilote serait chose facile et ne dépasserait pas 1000 USD pour une production expérimentale de l'ordre de 2 m3/J donc un retour sur capital de l'ordre de 3 ans (presque moitié de l'option eau de mer)

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