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La démocratie tunisienne accouche aux forceps


TUNISIE. Dissolution du gouvernement provisoire, mise en place d'une assemblée constituante, proclamation d'un régime parlementaire, démissions en masse…restent ces jours-ci les maitres mots de la scène politique en Tunisie. La situation est préoccupante. Le climat est lourd.



Mohamed Ghannouchi a du partir sous la pression populaire (photo DR)
Mohamed Ghannouchi a du partir sous la pression populaire (photo DR)
TUNISIE.Rien ne peut résister à la révolution des peuples, les Tunisiens l'ont prouvé avec brio. Après quinze jours de manifestations qui ont mis des centaines de contestataires dans les rues de Tunis, Mohamed Ghannouchi a annoncé le 27 février 2011 sa démission du poste de Premier ministre au sein du gouvernement provisoire mettant les clés du pouvoir à Béji Caid Essebsi. 
 Sous les feux des critiques depuis sa nomination à la tête du gouvernement provisoire, Mohamed Ghannouchi affirme qu'il a "pris sa décision après mure et profonde réflexion et après de longues concertations avec les membres du gouvernement, avec ses amis et avec sa famille". 

Il a ainsi signalé, dans son allocution, qu'il refuse catégoriquement de prendre des décisions pouvant éventuellement occasionner des pertes en vies humaines et l'effusion de sang. 

 Suite à la démission de Mohamed Ghannouchi, le choix s'est porté sur Béji Caid Essebsi pour poursuivre "le combat". Avocat et politicien, Beji Caid Essebsi, l'ex militant bourguibiste au sein du Parti du neo destour vient donc au secours du gouvernement tunisien. Il a été chargé de tracer avec précisions les grands traits de la période à venir. 

Tout frais nommé, le nouveau premier ministre qui a bénéficié de messages de soutien plus officiels de la part des membres du gouvernement provisoire et de la part de l'UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) fera de son mieux pour préserver les acquis de la révolution tunisienne. Il n'est plus question de faire marche arrière quel qu'en soit le prix à payer.

Les manifestations se poursuivent…

La démocratie tunisienne accouche aux forceps
Les manifestants à la Kasbah, toutes tendance confondues, ont accueilli avec joie et soulagement la démission du premier ministre Mohamed Ghannouchi. Chose faite, ils auraient dus regagner leurs foyers.
Toutefois, les manifestants ont poursuivi, leur sit-in, tout en revendiquant essentiellement: la dissolution du gouvernement provisoire, la mise en place d'une assemblée constituante, la dissolution des Chambres des députés et des conseillers, la proclamation d'un régime parlementaire et la suspension des trois commissions nationales.

Parallèlement, plus de 2 000 manifestants se sont amassés devant le lieu de résidence de Mohamed Ghannouchi scandant des slogans réclamant son retour: "la Tunisie a besoin de vous Ghannouchi", "Ghannouchi reste", "Non à la démission", "Merci pour tout ce que vous avez fait"…

La foule immense s'est rassemblée devant son domicile pour exprimer du tréfonds de ses entrailles son profond soutien à "ce grand serviteur".

Certains manifestants ont profité de ce rassemblement pour dénoncer également le parti pris de certains médias en faveur des opposants au gouvernement provisoire.

Dans le même contexte mais avec cette fois pour affiche "retour à la normale", les manifestations se poursuivent près de la coupole El Menzah. Plus de 2 000 personnes se sont rassemblés, lundi 28 février 2011 en milieu d'après midi, près de la coupole d'El Menzah appelant au retour au calme et estimant que "les personnes présentes à la Kasbah ne représentent pas tout le peuple tunisien".

Les manifestants dont un grand nombre d'étudiants, de médecins de chefs d'entreprises et de syndicalistes expriment "leur soutien ferme au gouvernement de transition et réclament le retour à la
normale, afin de stabiliser l'économie nationale et éviter la dérive sécuritaire.
"

Démission en masse au sein du gouvernement provisoire

L'effet domino semble bien parti. Sept membres du gouvernement provisoire ont présenté leurs démissions à savoir: Sami Zaoui, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'industrie et de la technologie, Ilyes Jouini, ministre auprès du premier ministre chargé des réformes économiques et sociales, Nouri Jouini, ministre de planification et de la coopération internationale, Faouzia Charfi, secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur, Ahmed Ibrahim ministre de l'Enseignement, Afif Chelbi, ministre de l'industrie et de la technologie et Ahmed Nejib Chebbi, ministre du développement régional et local. 

Une série de démissions non justifiée par les intéressés sauf celle de Chebbi qui a expliqué dans une déclaration à la presse que sa démission a été motivée par l'absence de solutions au sein du gouvernement, autrement il serait resté. Chebbi a déclaré "craindre, également, que l'armée ne prenne le pouvoir à la manière égyptienne".

Selon diverses sources, Foued Mbazza, Président par intérim de la République Tunisienne s'adressera jeudi 3 février 2011i au peuple tunisien. 


Rym Tlili, à TUNIS


Jeudi 3 Mars 2011



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Commentaires

1.Posté par Diplomate95 le 03/03/2011 12:26
Il me semble avoir entendu l’un d’eux affirmer que BKS les informait que ceux qui souhaitent rester n’auront pas le droit de se présenter, ni aux élections présidentielles ni à celles des chambres. Il est compréhensible que ceux qui ont l’intention de poursuivre dans l’action politique, sacrifient cette courte période pour mieux rebondir après.

2.Posté par Imbert de Dion le 03/03/2011 16:24
Pour le coup, je ne comprend pas les "craintes" d' Econostrum !!! La situation est préoccupante, le climat est lourd. Quelle frilosité française, quel manque de confiance et de respect face à ceux qui ont payé le prix du sang ! Non la situation est joyeuse et la mise en place d'une ASSEMBLEE CONSTITUANTE est la meilleure voie pour que les Tunisiens ne se fassent pas confisquer leur émancipation chèrement acquise par le jeu bien rodé des "combinaziones" politiques.

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