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La demande électrique baisse en Espagne


La part du charbon dans le mix électrique a augmenté en 2011 (XDR)
La part du charbon dans le mix électrique a augmenté en 2011 (XDR)
ESPAGNE. Paradoxe ! Les installations d’unités de production d’énergie renouvelable n’auront jamais été aussi nombreuses en Espagne qu’en 2011, et pourtant la part des ENR dans le mix énergétique du pays a reculé.
 
Les statistiques de RED (Red Electrica d’Espagne, le transporteur et régulateur électrique du pays) le confirment : globalement la production d’électricité solaire a cru de 43% en 2011, 26% pour le photovoltaïque, et 193% pour le thermosolaire, il est vrai émergent. Au final les ENR couvrent aujourd’hui 33% de la consommation électrique du pays.
 
Seulement, dans la même période l’hydroélectricité a décru, elle de 28% en Espagne, plombant les bons résultats des énergies renouvelables. La capacité productive hydraulique n’a pourtant pas baissé, mais si 2010 avait été pluvieuse, 2011 a au contraire été une année sèche.
 
Et par ailleurs, c’est la production d’électricité à partir du charbon qui a fait un bond. C’est le fait principal qui explique un dommage collatéral : l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, qui avec 73 millions de tonnes estimées, a augmenté sur un an de 25%.

Surcapacité électrique

Tout comme la part du solaire (XDR)
Tout comme la part du solaire (XDR)
Toutefois, la tendance lourde et durable, malgré la baisse du prix de rachat de l’électricité d’origine ENR affirmée en 2010 et 2011, c’est la grande capacité productive éolienne dans le pays.

Ce mouvement entamé au milieu des années 90, donne sa pleine mesure aujourd’hui. La RED estime qu’un nouveau record a été établi le 6 novembre 2011, jour où l’énergie éolienne a représenté, durant une brève période, près de 60% de la production électrique nationale.
 
Au total, et quelle que soit le type d’installation, la capacité totale de production électrique a augmenté de 1879 MW en 2011, portant le parc espagnol à une puissance installée de 100 000 MW.
 
Cependant, le ralentissement de l’économie, entrée en crise intense, et l’appauvrissement de la société ont conduit à une baisse significative de la consommation électrique. Celle-ci s’établit à 255 000 GWh, en retrait de 2,1% sur 2010.
 
Pour les mêmes raisons, l’Espagne est aujourd’hui en situation de surcapacité électrique à tel point que les associations d’industriels des ENR réclament  la fermeture de centrales nucléaires.
 
Enfin l’Espagne exporte toujours, modestement, une partie de sa production, avec 6105 GWh en 2011. Mais là aussi, les résultats sont moins bons de 27% sur 2010. 


Michel Neumuller


Jeudi 12 Janvier 2012



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