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La crise libyenne fragilise une économie italienne convalescente


Partenaire économique privilégié de la Libye, l'Italie a renforcé ses liens avec son ancienne colonie par la signature d'un traité de coopération en 2008. Une centaine d'entreprises travaillent sur place et plusieurs d'entre elles ont ouvert leur capital à des fonds libyens.



Silvio Berlusconi, président du conseil italien, a relancé la coopération avec le colonel Kadhafi en 2008 (photo DR)
Silvio Berlusconi, président du conseil italien, a relancé la coopération avec le colonel Kadhafi en 2008 (photo DR)
LIBYE / ITALIE. L’ENI a suspendu ses activités de production de gaz et pétrole en Libye et le groupe italien a rapatrié une partie de ses équipes. L’Italie, qui dépend pour 10% de ses besoins en gaz et 23% en pétrole de son ancienne colonie, bénéficie d’autres sources d’approvisionnement mais la crise libyenne fragilise son économie.
 
La reprise dans la péninsule italienne est essentiellement tirée par l’export mais la flambée des prix de l’or noir risque de peser sur la croissance internationale et le printemps arabe met à mal les liens privilégiés, tissés avec la Tunisie et surtout la Libye.

Des liens scellés par le traité d’amitié et coopération, signé en août 2008 à Benghasi - d’où est partie la révolution libyenne -  entre Silvio Berlusconi et Mouammar Kadhafi (traité dont l’application a été suspendue fin février 2011 par l’Italie).

L’Italie faisait son mea culpa pour l’épisode colonial qui prit fin en 1951 et s’engageait à investir 5 mds€ sur vingt ans pour améliorer les infrastructures en Libye. En échange, le colonel acceptait de contenir sur le sol libyen les flux d’émigrants venant d’Afrique et ouvrait les portes aux entreprises italiennes pour lancer les grands travaux dont le pays avait besoin, notamment la réalisation de l’autoroute côtière, 1 700 km, qui devait relier la frontière avec l’Egypte à celle avec la Tunisie.

Juguler les flux migratoires

L’Italie est, aujourd’hui, le premier partenaire économique de la Libye pour les exportations  et le cinquième pour les importations avec un volume d’échanges global de l’ordre de 12 mds€ en 2010.

Une centaine d’entreprises italiennes a ainsi franchi le cap et développé des activités en Libye sur les pas du groupe pétrolier ENI, principal opérateur étranger dans l’extraction du pétrole et du gaz, présent depuis 1959. C’est le cas d’Impregilo dans le secteur du BTP, société qui a déjà décroché plusieurs gros marchés (estimés à 260 M€) pour la construction d’hôtels, d’universités, de terminaux aéroportuaires. Certaines entreprises ont même ouvert leur capital au riche partenaire libyen que la fin de l’embargo international a rendu à nouveau fréquentable.

C’est ainsi que la Libye, à travers sa banque centrale, son fonds souverain LIA (Libyan Investments Authority) et la Libyan Arab Foreign Bank, est aujourd’hui le plus important actionnaire du premier groupe bancaire italien Unicrédit dont elle detient 7,5% de capital.  Elle est présente également au capital du groupe public Finmeccanica (2,1%) dont les marchés en cours dans les secteurs de la défense et des transports représentent un milliard d’euros. Elle détient encore  14,8% de l’opérateur télécoms, Retelit et 7,5 % de club de football de Turin,  la Juventus.

Ces sociétés aujourd’hui, face aux sanctions décidées par l’ONU et par l’Union européenne, ne savent pas vraiment comment réagir face à leurs bien encombrants actionnaires et attendent que le comité de sécurité financière, présidé par le directeur du trésor italien, ne décide de la conduite à tenir avec en perspective, comme en Angleterre, un gel des avoirs libyens.
 
L’autre onde de choc que craint le gouvernement italien, c’est l’arrivée en masse d’émigrants sur ses côtes. L’afflux de Tunisiens, candidats à l’émigration, sur l’île de Lampedusa a déclenché le signal d’alarme et l’Italie en appelle à l’Union européenne pour faire face. Roberto Maroni, ministre de l’intérieur, vient d’annoncer que face à l’urgence humanitaire, l’Italie, avec l’accord du gouvernement tunisien, allait envoyer une mission humanitaire et sanitaire sur place, à la frontière avec la Libye, pour aider les réfugiés mais aussi les décourager de partir vers l’Europe.


Christiane Navas


Jeudi 3 Mars 2011



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