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La contre-révolution catalane en marche €


A 24 heures d'une possible déclaration d'indépendance par le Parlement catalan, la donne commence à changer. Manifestation monstre des anti-indépendantistes, fuite des grandes entreprises qui transfèrent leurs sièges sociaux en dehors de Catalogne, sortie obligatoire de l'Union européenne, Carles Puigdemont, président de la région, perd petit à petit ses arguments d'une République catalane économiquement et politiquement viable.

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La contre-révolution catalane en marche
Rédigé le Lundi 9 Octobre 2017

Commentaires

1.Posté par Michel NEUMULLER le 09/10/2017 19:03
Si Banco de Sabadell a décidé en 24 h de déporter son siège social à Alicante, et si quelques autres sociétés d'importance ont décidé, sur le papier, de quitter la Catalogne, c'est en raison de fortes pressions du gouvernement, qui a, en 24 h pas plus, décidé et décrété des facilités au départ : en particulier de passer outre une assemblée générale d'actionnaires pour en décider.

Le blocage des comptes de la Generalitat, le 22 septembre dernier, a aussi pour l'heure, stoppé toute possibilité d'aides aux entreprises via le gouvernement autonome catalan. Cette décision a compté sur le moment pour des décisions qui ne sont traduites par rien sur le terrain.

Quant au processus d'intégration européenne d'une Catalogne éventuellement indépendante, il est connu depuis longtemps que tout nouveau membre de l'UE doit suivre un processus de demande, qui requiert l'unanimité des membres. A ce niveau , la riche Catalogne aurait à négocier avec l'Espagne son assentiment. Et la négociation sera d'abord financière.

Georges Baur, adjoint au directeur de l'Association Européenne du Libre Commerce (EFTA) estimait, ces derniers jours que "l'important pour la viabilité économique de la Catalogne indépendante, c'est sa capacité d'exportation, qui reste importante". La Catalogne représente en effet 25% des exportations de l'Espagne, et contribue à hauteur de 20% à son PIB bien que sa population ne représente que 8% de celle du Royaume.

Les experts ne s'entendent pas tous sur le devenir économique d'une Catalogne indépendante. En revanche il s'en trouvera peu pour ne pas reconnaître que la corruption, endémique en Espagne, touche infiniment moins la Catalogne, dont les fondamentaux économiques sont plus solides qu'ailleurs, mis à part le Pays Basque, et dans une moindre mesure l'Aragon.

Les grandes entreprises catalanes font actuellement pression sur le président Puigdemont pour qu'il retarde une décision définitive que l'incitent prendre le résultat d'un référendum, contrarié par la police d'Etat, qui a toutefois donné deux millions de voix pour l'indépendance, et vu un million de personnes descendre dans la rue le 11 septembre.

Mais sur place, le sentiment très partagé est qu'une fois la crise passée, la Caixa Bank et les autres sociétés reviendront se positionner sur la place la plus dynamique d'Espagne...même si l'Espagne a alors changé de visage.

Un signe est passé assez inaperçu de la confiance que porte le monde économique à la Catalogne sur le long terme; le pharmacien Grifols (CA 4mds€) a décidé de rester dans le pays. Seule société parmi les sept de l'Ibex 35, mais la première à produire, et non à travailler dans la finance.

Il y a fort à parier que les autres reviendront après la crise. La véritable incertitude c'est comment celle-ci se résoudra : coup de force de l'Etat ? renégociation d'un pacte fiscal dont ne voulait pas l'Etat? C'est un tel accord qui aujourd'hui assure la paix civile au Pays Basque, qui voit revenir 100% de ses impôts, quand la Catalogne n'en revoit que les deux tiers, avec des dotations d'Etat qui ne cessent de baisser depuis la crise de 2008.