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La compétitivité des pays méditerranéens accuse un recul


Selon les 14 000 décideurs économiques interrogés par le Forum économique mondial, les pays méditerranéens se trouve en majorité en recul en terme de compétitivité. La dernière livraison du rapport du WEF montre notamment que la Turquie et Israël gagnent du terrain.



Le rapport du Forum Economique mondial repose sur un sondage d'opinion
Le rapport du Forum Economique mondial repose sur un sondage d'opinion
MEDITERRANEE / MONDE. Le Forum Économique mondial de Davos (WEF) a levé le voile, mercredi 7 septembre 2011, sur le rapport sur la compétitivité mondiale de 2011-2012.

Du 26 au 30 janvier 2011, le World Economic Forum (WEF) rassemblait à Davos les élites de la mondialisation. Outre la réunion annuelle, le WEF publie chaque année un rapport sur la compétitivité des nations qui permet d'étalonner les performances économiques des pays et de recommander certaines pratiques.

Le rapport de Davos se base sur un sondage d'opinion effectué auprès de 14 000 décideurs économiques dans 142 pays. Le classement s'échafaude sur douze piliers : les institutions, les infrastructures, l'environnement macroéconomique, le système de santé et d'éducation, l'efficience du marché dans les services, les produits et la finance du pays notamment.

La Suisse confirme son statut d'économie la plus compétitive, les États-Unis font face à un net recul de la deuxième à la cinquième place. Alors que la plupart des pays de la rive sud de la Méditerranée connaissent un net recul.

En Europe, contrôler la corruption et le déficit public

Exemple d'indices du niveau de développement d'un pays selon le Forum économique
Exemple d'indices du niveau de développement d'un pays selon le Forum économique
La crise économique mondiale préoccupe les entreprises et la viabilité des dettes européennes. Klaus Schwab, président du Forum économique mondial, s'interrogeait sur la pérennité de l'euro, le 12 août 2011. Nicolas Sarkozy, président de la République française (18e place qui perd trois places) se voulait rassurant. L'effondrement de la zone euro "serait catastrophique pour l'Europe tout entière " (tsr).

Pour cela, selon le compte-rendu, l'Europe va devoir faire face à de nombreux défis :

Après deux ans de déclin, l'Espagne remonte à la 36e position (42e l'année dernière), le rapport souligne les progrès qui ont été faits dans le domaine de la R&D et de l'innovation. Malgré cela, le groupe constate que la stabilité macro-économique s'essouffle, l'embauche est rigide et le système éducatif semble inadéquat. C'est par l'amélioration de ces facteurs que la croissance pourra être rétablie démontre le WEF. De plus, l'Espagne devra suivre de près son déficit public très élevé, sa dette publique et son taux d'épargne national bas entraînant, selon le rapport, "une détresse des marchés financiers et une asphyxie quant à l'accès aux ressources financières".

L'Italie approche la 43e place et avance de cinq places tout juste suivie du Portugal à la 45e place, qui se développe bien grâce à l'amélioration de l'infrastructure du pays, les routes notamment, et ceci, malgré son haut déficit et les "rigidités du marché du travail, une déconnexion entre salaires et compétitivité " (english version) . Ce ne sont pas les activités complexes de Rome qui inquiètent le Forum économique mondial : la gestion des affaires, la production de marchandises constituent des points forts selon le WEF. Le haut niveau de corruption, le crime organisé et le manque d'indépendance dans le système juridique sapent, selon le rapport, la confiance dans l'environnement et donc l'investissement.

Cette année la Grèce chute de sept places à la 90e, restant le pays le plus bas classé de l'Union Européenne illustrant la frêle confiance des investisseurs. Le marché du travail serait inefficace et la corruption persistante. Mais le pays démontre des efforts par l'augmentation de l'âge de la retraite, par la flexibilité du marché et par son bon système éducatif permettant une bonne adaptation aux nouvelles technologies.

L'Afrique progresse mais les institutions doivent être développées, le système éducatif amélioré et la sécurité renforcée

Klaus Schwab, président du Forum économique mondial (photo DR)
Klaus Schwab, président du Forum économique mondial (photo DR)
La Turquie gagne deux places par rapport à 2010 et atteint la 59e position. Le pays bénéficie d'un vaste marché caractérisé par une intense compétition locale, des infrastructures développées (routes et transport aérien), bien que les ports et l'approvisionnement en électricité pourraient être améliorés selon le WEF.

Israël, 22e (24e l'année dernière), dans le classement cette année, gagne du terrain. Les forces principales du pays restent "sa capacité d'innovation, adaptée aux besoins et soutenue par les politiques d'aides du gouvernement". Cependant, sa situation sécuritaire demeure fragile et coûte cher. Augmenter la discipline budgétaire en vue de la réduction de la dette aiderait le pays à maintenir sa stabilité.

La Tunisie, elle, préserve son statut de leader en Afrique, mais perd trois places au niveau arabe et se classe à la 40e place à l'échelle internationale. Sans surprise, la situation sécuritaire a influé négativement sur la compétitivité. Toutefois, le rapport fait ressortir quatre points forts : un solide système éducatif, un environnement macroéconomique sain avec un niveau d'endettement public gérable et un déficit budgétaire bas.

L'Égypte perd treize places par rapport à 2010/2011 selon des causes similaires à la Tunisie. Plusieurs défis sont lancés par les rédacteurs du rapport notamment la réforme du marché du travail, la révision du système éducatif, le contrôle du déficit fiscal et de l'inflation.

Le Liban est arrivé 89e parmi 142 pays dans le classement mondial, en progression de trois places par rapport à l’année dernière. Le pays des Cèdres obtient un score élevé dans l’enseignement primaire, la santé et la modernisation des marchés financiers, alors que les faiblesses apparaissent au niveau des indicateurs de stabilité macro-économique, de l'infrastructure et de l’innovation.

Alors que l'économie libyenne quitte le classement cette année, des interrogations persistent quant à la validité et l'objectivité d'un tel rapport. Élie Cohen, économiste et directeur de recherche au Centre d'étude de la vie politique française à Paris, relativise la portée du message du WEF (CNRS Journal): " Même si ce rapport offre l'apparence de l'objectivité et répond au goût des classements, un regard porté sur la méthodologie en révèle pourtant les fragilités et les légèretés. La compétitivité des nations, jamais conceptuellement définie, est-ce que les auteurs en décident." Un rapport mesuré "par des indicateurs quantitatifs contestables et des indicateurs qualitatifs fragiles dans leur définition et dans leur validité statistique."

Voir aussi : Le rapport 2011 sur les progrès économiques en Afrique du Forum Économique mondial




Vendredi 9 Septembre 2011



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