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La Tunisie affichera une croissance nulle en 2011


L'économie tunisienne a du mal à repasser au vert (photo F.Dubessy)
L'économie tunisienne a du mal à repasser au vert (photo F.Dubessy)
TUNISIE. Sur le site officiel de la Banque centrale de Tunisie (BCT), en cliquant sur "économie tunisienne en chiffres", l'internaute tombe irrémédiablement sur un message "page en cours d’actualisation".

Tout un symbole pour une économie qui cherche encore à sortir de la crise et à retrouver ses taux de croissance d'avant révolution.

S'exprimant lors du colloque annuel du Forex Club de Tunisie à Gammarth près de Tunis samedi 3 décembre 2011, Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la BCT, a affirmé que la Tunisie connaîtra une croissance "nulle sinon négative."

Les 0,2 à 1,5% de croissance envisagée voici encore quelques jours, semblent avoir été trop optimistes dans un pays où le tourisme (7% du PIB)  peine à revenir à ses niveaux d'antan et où la faible croissance influe sur les emplois. Le taux de chômage continue d'ailleurs à progresser avec 18% en 2011.

La crise économique et l'attentisme avant la mise en place d'un nouveau gouvernement stable pèsent fortement sur ce taux aggravé également par le retour de 100 000 travailleurs tunisiens obligés de quitter la Libye en guerre. Cause également de ce faible taux de croissance, le déclin du secteur des mines et phosphates et dérivés.

Mustapha Kamel Nabli affirme qu'en 2012, "la Tunisie aura à faire face à des défis importants, liés notamment à l'emploi, à l'investissement, à la préservation des équilibres financiers et à la politique monétaire."

Déjà, le 1er décembre 2011 dans un communiqué, le Conseil d'administration de la BCT notait la poursuite des difficultés économiques et mettait en garde "contre les risques de leur aggravation vers une situation de crise d’autant plus que la marge de manœuvre au niveau de la politique monétaire est devenue très limitée et ce, dans un contexte de conjoncture économique mondiale difficile, surtout dans les principaux pays européens partenaires, ayant engendré des retombées négatives sur le rythme de la production et des exportations des principaux secteurs de l’économie nationale. En attendant une meilleure visibilité sur le plan des politiques économiques, l’incertitude et l’hésitation se poursuivent chez les investisseurs locaux et étrangers parallèlement à la détérioration de plusieurs indicateurs économiques et financiers...  Le Conseil appelle tous les intervenants à faire preuve de sagesse et de diligence pour assurer le démarrage de l’action du gouvernement et le retour du fonctionnement normal des rouages de l’État et des services publics dans les plus brefs délais. L’objectif étant d’œuvrer à rétablir la confiance et à redynamiser l’activité économique et l’emploi. Aussi, l’accélération de l’adoption du Budget de l’État et de la loi des finances pour l’année 2012 constitue-t-elle l’un des principaux facteurs à même de donner un signal clair à cet effet. "
Lire aussi : La Tunisie veut d'abord compter sur elle-même


Frédéric Dubessy


Lundi 5 Décembre 2011



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