La Syrie balaie le dernier ultimatum de la Ligue arabe
SYRIE. Le régime de Bachar el-Assad a passé outre le dernier ultimatum lancé par la Ligue arabe, qui expirait ce vendredi 25 novembre 2011 à 11h GMT. L'organisation panarabe doit se réunir dimanche 27 novembre 2011 au Caire, avec la Turquie, pour établir la liste des sanctions économiques et politiques.
Malgré la "dernière chance" lancée par la Ligue arabe cette semaine, la Syrie n'aura pas répondu par l'affirmative. Ce vendredi, il était peu probable que Damas accepte de signer le protocole de l'organisation panarabe concernant l'envoi d'observateurs dans le pays. Selon la chaîne libanaise al-Manar, qui cite un responsable syrien, "Damas ne se sent pas concerné par l'ultimatum de la Ligue arabe". Le quotidien libanais L'Orient-le-Jour cite une autre source arabe qui révèle que la Syrie aurait "demandé de nouveaux éclaircissements". Le protocole envoyé à Damas demande l'envoi d'une mission exploratoire comprenant des militaires, ainsi que des spécialistes des droits de l'homme. Place aux sanctions
Le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, a confirmé qu'une réunion de la Ligue arabe se tiendrait dimanche 27 novembre 2011 au Caire. À l'ordre du jour, la teneur des sanctions économiques et politiques contre le régime de Bachar el-Assad.
Les sanctions économiques envisagées seraient de plusieurs types. Elles viseraient notamment l'arrêt des échanges commerciaux avec les pays arabes, mais aussi les transactions financières y compris celles avec la Banque centrale syrienne. Les avoirs gouvernementaux devraient être gelés et les vols commerciaux vers la Syrie suspendus. Toutefois, la Ligue arabe exclurait, pour le moment, l'arrêt du commerce de "matières premières stratégiques pour ne pas toucher le peuple syrien". Ces sanctions devraient considérablement affaiblir le pays, qui traverse selon le ministre syrien de l’Économie et du Commerce Mohamad Nedal Al-Chaar, "la pire crise économique de ces dernières années", dans un entretien avec l'AFP. Sur le plan politique, la Ligue pourrait donner suite à son intention de faire appel à l'ONU. Les ministres arabes des Affaires étrangères avaient ainsi, dès jeudi 24 novembre 2011, décidé d'appeler l'ONU à "prendre les mesures nécessaires pour appuyer les efforts de la Ligue pour résoudre la crise en Syrie". Si la Russie a réaffirmé son opposition aux sanctions contre la Syrie et sa volonté d'instaurer un "dialogue intersyrien ", la France, en revanche a proposé de créer des "corridors humanitaires". Jenny Saleh, à BEYROUTH
Vendredi 25 Novembre 2011
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