La Slovénie compte sur ses exportations pour remonter la penteLa Slovénie a fait le choix il y a longtemps de se tourner vers l’extérieur pour développer son économie. Avec la crise, son modèle a fait long feu. Aujourd’hui, elle doit remettre en questions ses valeurs sociales pour retrouver de la crédibilité sur les marchés internationaux.
SLOVENIE / EUROPE. Une économie dynamique, largement tournée vers l’extérieur. Des atouts qui ont permis à la Slovénie de se démarquer dans la vague des nouveaux Etats européens intégrés en 2004. Elle a ainsi gagné sa place dans l’Euroland dès 2007. Mais cette forte dépendance à l’extérieur a connu ses effets pervers avec la crise de 2008 qui s’est traduite en Slovénie par la chute des exportations, des investissements et de la production industrielle (forte activité de sous-traitance) dans le pays. Le PIB de la Slovénie est parmi ceux qui ont baissé le plus parmi les 34 membres de la zone OCDE en 2009.
Pour faire face à la crise, le gouvernement a misé sur le secteur financier, en refinançant les banques. Il a également soulagé ses entreprises en proposant des compensations salariales pour pallier la baisse d’activité et en mettant en place des dispositifs d’aide thématiques. Des aides à la reconversion ont en outre été mises en place. Dans le même temps, une aide sociale a été proposée aux chômeurs. Enfin, les particuliers ont bénéficié d’un soutien financier à l’achat de biens immobiliers. Des réformes soumises à référendum
Bien que des signaux positifs soient observés depuis fin 2009, le taux de chômage continue de se dégrader (11,1% en novembre 2010).
L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a publié mi-février 2011 un rapport sur l’état du pays qui enjoint les autorités slovènes à plus de rigueur sur les dépenses publiques et à une amélioration de sa compétitivité. L’OCDE approuve la réforme des retraites engagée, mais préconise un dispositif plus complet. Elle estime également que le marché du travail n’est pas assez flexible et que l’innovation n’est pas suffisamment stimulée dans le pays. Comme en Suisse, les Slovènes demandent régulièrement à être consultés sur les décisions prises par leurs représentants. Ainsi en avril 2011, un référendum sera organisé pour valider certaines propositions de la réforme du marché du travail et peut-être aussi la réforme des retraites, actuellement examinée par le conseil constitutionnel. Les résultats sont incertains. Peu de dette
Malgré ces difficultés, le PIB de la Slovénie a augmenté, passant de 35,3Mds€ en 2009 à 36,3Mds€ en 2010. La progression devrait se poursuivre pour atteindre en 2011 un PIB de 37,9Mds€. Le déficit public devrait de son côté régresser à 4,2% du PIB contre 5,7% en 2010.
Ce qui surprend le plus dans les chiffres de l’économie slovène, c’est le faible endettement du pays (23,7% en 2009, 30,5% en 2010). En 2011, les autorités slovènes prévoient de tirer profit de cette donnée pour augmenter leurs ressources. Ainsi, en 2011, le taux d’endettement slovène devrait atteindre 35,8%, ce qui crée le débat dans le pays où le taux de chômage se maintient autour de 7%, alors que l’inflation oscille autour de 2% (2,1% en 2009, 2,2% en 2010, 2,4% en 2011). Lire aussi : La présentation de la Slovénie par le ministère des Affaires étrangères français L'Europe donne son feu vert à la Slovénie pour des aides aux agriculteurs La BEI accorde 150 M€ à la Slovénie pour l'automobile et le transport de gaz La Méditerranée compte quatorze des cent meilleurs pays classés par Newsweek Lire la suite de notre dossier spécial "Crise financière dans la zone euro" : L'Europe économique se renforce alors que les pays du sud restent en situation difficile La France réduit son déficit mais voit sa dette progresser L'économie chypriote arrive à un tournant Malte pourrait pâtir de la révolution libyenne La Grèce peine à se ressaisir L'Italie souffre d'une croissance en panne Le Portugal suscite toujours incertitude et nervosité L'Espagne fait ses devoirs et parvient à rassurer Caroline Garcia
Mercredi 30 Mars 2011
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