La SNCF et Trenitalia vont croiser le ferLa SNCF et Trenitalia s’apprêtent à se livrer bataille sur leurs marchés domestiques. Le Français s’est associé au premier opérateur privé transalpin pour défier son homologue sur le marché de la grande vitesse dans la péninsule. L’Italien, de son côté, vient d'adresser à RFF une demande pour exploiter des TGV sur l’axe Paris-Lyon-Milan.
FRANCE / ITALIE. Après le rectangle vert des terrains de football, le rail va être le théâtre du prochain match France-Italie.
La SNCF a lancé la première offensive cet hiver en s’alliant à NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), premier opérateur privé transalpin à demander fin 2006 une licence de transport ferroviaire de passagers en Italie. La compagnie française, qui a pris 20 % du capital de cette société codirigée par le patron de Fiat, Luca di Montezemolo, et le Pdg du maroquinier florentin Tod’s, Diego della Valle, a dans sa ligne de mire le marché de la grande vitesse dans la péninsule, promis à un beau développement avec la mise en service de la ligne Milan-Rome-Naples-Salerne à la fin de l’année 2009. 10 millions de passagers en 2015 ?
Dès 2011, NTV viendra concurrencer Trenitalia, la compagnie nationale, avec une flotte de 25 trains de la gamme "Italo" fraîchement sortis des chaînes de montage d’Alstom, fabricant des TGV français.
Ces bolides capables d’atteindre une vitesse de 360 km/heure en pointe seront à même de rivaliser avec les flèches rouges (Freccia Rossa) de l’opérateur national, les TGV version italienne fabriqués par le consortium Trevi (TReno Veloce Italiano) qui associe les fabricants transalpins Ansaldo, Breda et Firema Trasporti, le français Alstom et le canadien Bombardier. NTV affiche des ambitions de première classe puisque ses dirigeants espèrent passer la barre des 20% de parts de marché sur le segment de la grande vitesse, soit 10 millions de passagers, à l’horizon 2015. Trenitalia franchit les Alpes
Trenitalia veut concurrencer le TGV sur ses rails (photo DR)
Trenitalia n’a pas tardé à répliquer. Mise en appétit par la perspective de la libéralisation du trafic international de voyageurs le 13 décembre 2009, la filiale des chemins de fer italiens, Ferrovie dello Stato, a déposé auprès de Réseau ferré de France, gestionnaire du réseau ferroviaire hexagonal, une demande de sillons pour exploiter la liaison entre Paris et Milan dès 2010, rapporte le quotidien français Le Figaro.
A raison d’un aller-retour quotidien, Trenitalia compte donc prendre pied sur le très lucratif tronçon Paris-Lyon, aujourd’hui chasse gardée des TGV de la SNCF. Pour fuser sur les rails français, l’opérateur transalpin fera appel à ses Freccia Rossa ou à ses trains pendulaires (Pendolino) qu’Alstom, leur fabricant, se chargera d’adapter aux contraintes techniques du réseau ferré français. Le Pendolino, TGV moins exigeant
Moins onéreuse que le TGV, la technique du train pendulaire permet aux rames dotées d’un centre de gravité très bas de circuler sur le réseau ferroviaire classique à une vitesse 35% supérieure de celle des trains ordinaires.
Seul bémol : la vitesse commerciale moyenne du Pendolino est de 250 km/heure, contre 300 km/heure pour le TGV de la SNCF. A Rome, on veut voir dans cette offensive commerciale un signe de la santé retrouvée de la compagnie nationale. En 2008, pour la première fois depuis des années, les comptes de Trenitalia sont repassés au vert. La compagnie a réalisé un résultat d’exploitation positif de 338 M€, une performance qui lui a permis de diviser ses pertes par dix, s'établissant à 42 M€ fin 2008 contre 403 M€ en 2007. William Allaire
Vendredi 24 Avril 2009
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