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La Palestine, un Etat privé d'économie


La Palestine devient un Etat observateur à l'ONU. Mais ce "nouvel Etat" ne possède pas d'économie digne de ce nom.



PALESTINE. Jugée positive ou négative en fonction des opinions de chacun, cette journée du 29 novembre 2012 restera dans tous les cas comme historique pour le bassin méditerranéen. Tout comme celle du 29 novembre 1947 qui voyait l'ONU adopter le plan de partage de la Palestine prévoyant la création d'un État juif et un État arabe.

Avec 65 ans de retard, la Palestine entre donc dans le concert des nations. Par la petite, porte en tant qu'État observateur à l'ONU, et en donnant quelques coups d'épaules pour se frayer un passage.

Le président palestinien Mahmoud Abbas espérait en septembre 2011 obtenir un statut de membre à part entière. Mais il a dû faire machine arrière devant la menace d'un véto américain. Le texte de cette demande appelle à une reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes pour déboucher sur la coexistence des deux états palestiniens et israéliens « sur la base des frontières d'avant 1967 ».


Conséquences économiques négatives

Une journée historique à l'ONU. Photo DR.
Une journée historique à l'ONU. Photo DR.

Cette demi-victoire diplomatique pourrait avoir des conséquences économiques négatives pour la Palestine. Car les États-Unis pourraient stopper leurs subventions aux agences de l'ONU auxquelles les Palestiniens adhèreraient, comme ils l'avaient déjà fait au moment de l'entrée de la Palestine à l'UNESCO, privant cette dernière de 22% de son budget. Le Congrès américain a également menacé de ne pas verser les 200 millions de dollars d'aides promis aux Palestiniens.

Le gouvernement israélien souffle de son côté le chaud et le froid. Après avoir laissé entendre qu'il pourrait bloquer les taxes qu'il perçoit dans ses ports et aéroports pour le compte de l'Autorité palestinienne, réduire l'approvisionnement en eau et le nombre de permis de travail accordés aux Palestiniens, Israël vient de déclarer par la voix d'Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qu'il n'avait « aucune intention d'annuler le moindre accord conclu notamment dans le domaine économique. Tout ce que nous ferons après ce vote, ce sera d'appliquer ces accords à la lettre ». Selon d'autres sources, Israël aurait finalement renoncé à geler le transfert des droits de douane et de TVA à l'Autorité palestinienne, mais pourrait avant se servir dans cette cagnotte pour rembourser les dettes de cette dernière.

Pour atténuer ces éventuelles sanctions économiques, la Ligue arabe s'est engagée à débloquer en faveur de la Palestine une enveloppe de compensation mensuelle de 100 millions de dollars.


Dépendance

De nombreux pays organise des manifestations de soutien à La Palestine comme ici en Tunisie jeudi 29 novembre 2012 (photo F.Dubessy)
De nombreux pays organise des manifestations de soutien à La Palestine comme ici en Tunisie jeudi 29 novembre 2012 (photo F.Dubessy)

Les Palestiniens en auront besoin, tant leur économie semble fragile en dépit d'une main-d'œuvre qualifiée et d'une diaspora aisée. Si le taux de croissance dépasse les 10%, celui du chômage atteint des sommets avec 20%. Corruption, fragmentation du territoire, restrictions israéliennes à la libre circulation des hommes et des marchandises, absence de ressources naturelles, d'infrastructures et d'industries, l'économie palestinienne n'a jamais réellement réussi à décoller.

Son taux de croissance varie au gré des aides de la communauté internationale. Elles représentent 40% du budget palestinien. Ses recettes fiscales dépendent elles aussi directement de l'étranger. Via les droits de douane, Israël collecte près de la moitié des recettes publiques palestiniennes.



Gérard Tur


Jeudi 29 Novembre 2012



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