Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

La Méditerranée souffre de l'appauvrissement des ressources naturelles


Le 7ème Global Eco Forum a mis l'accent sur la recherche d'un modèle de développement durable en Méditerranée, face à la raréfaction des ressources naturelles, à commencer par l'eau.



L'eau potable, toujours plus rare et mal distribuée en Méditerranée (photo F. Matéo)
L'eau potable, toujours plus rare et mal distribuée en Méditerranée (photo F. Matéo)
MEDITERRANEE. Le développement durable n'en finit pas d'être une idée moderne en Méditerranée. C'est en substance l'idée qui se dégage de la septième édition du Global Eco Forum, organisé par Eco-Union dans le cadre de la Semaine Méditerranéenne des Leaders Économiques, à Barcelone.

Un débat centré sur la gestion des ressources, à partir d'un double constat alarmant dressé par Alessandro Galli, directeur du programme MENA : la production de ressources (énergétiques et alimentaires) a diminué de 20% entre 1961 et 2010 en Méditerranée, alors que la demande a augmenté dans le même temps de 54%! Voici quatre ans, les ressources locales ne pouvaient donc plus satisfaire que 40% des besoins des pays méditerranéens. Et la tendance se poursuit, avec comme conséquence la nécessité d'importer toujours davantage, et le « risque de dégradation du bien-être lié à l'augmentation prévisible du prix des ressources importées », précise Alessandro Galli.

Une réalité dont il faut être conscient avant d'envisager les stratégies de développement durable. Tout comme il est sain de « rappeler des évidences », ajoute Narciso Berberana Saenz, patron de la société de conseil et gestion de l'eau Aqualogy Environment : « Le changement climatique bouleverse notre environnement, entraînant la raréfaction des ressources naturelles et en particulier de l'eau potable, de plus en plus rare et très mal distribuée en Méditerranée. »

Redimensionner les projets

C'est notamment de cette inégalité qu'est venu témoigner à Barcelone Malek Kabariti, ancien ministre Jordanien de l’Énergie, rappelant la pauvreté en eau de son pays, où le seul pompage coûte 17% du prix d’assainissement.

Des solutions techniques existent, évidemment, et les bailleurs se retrouvent parfois aux côtés des États pour financer des plans ambitieux, tel celui d'Oran. La population de cette ville de 1,6 million d'habitants ne disposait que d'un accès de deux heures par semaine à l'eau potable par semaine avant la mise en place d'un vaste chantier de la part du gouvernement national, avec l'appui des bailleurs internationaux et l'assistance technique d'Aqualogy, notamment. Désormais, l'eau potable se trouve accessible en permanence.

Une exception qui confirme la règle des inégalités croissantes, mais qui conduit aussi le directeur du Plan Bleu, Hugues Ravenel, à s'interroger sur le modèle de développement durable à privilégier : « Au moment de s'engager, les bailleurs de fonds prennent aujourd'hui en considération les problèmes sociaux, la question des inégalités et celle des répartitions de richesse, ce qui n'était pas forcément le cas auparavant; alors que le thème environnemental n'est pas considéré à sa juste valeur dans les programmes de développement ». C'est un paradoxe si l'on considère par exemple le tourisme. L'un des moteurs de la croissance en Méditerranée, ne pourra évoluer favorablement si l'environnement naturel se dégrade.

Hugues Ravenel en appelle à un changement de paradigme : « Les grands chantiers comme Desertec ne sont-ils pas des mirages? Il conviendrait plutôt de redimensionner les projets pour davantage d'efficacité en matière de développement durable. Évidemment, un très grand hôtel sera plus visible que plusieurs petits logements d'écotourisme; mais c'est bien la deuxième option qui prend en compte les limites de nos ressources naturelles. »




Lundi 1 Décembre 2014



Lu 1332 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Mardi 30 Mai 2017 - 17:18 L'économie bleue en débat à Marseille

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.


















RÉflexions

Réflexion

Crise du Qatar :
Et si les véritables raisons étaient ailleurs ?


avis d'expert

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA