La LFC 2011 prévoit un déficit budgétaire de 33,9% en Algérie
Le projet de loi de Finances complémentaire (LFC 2011) présenté à l’Assemblée populaire nationale (APN) prévoit un fort déficit budgétaire. Il n’y aura pas de retour au crédit à la consommation en Algérie.
L'Assemblée populaire nationale débat de la LFC 2011 (photo DR)
ALGERIE. La loi de Finances complémentaire (LFC) 2011 a fait son grand retour dans l’hémicycle de l’ Assemblée populaire nationale (APN) où elle est de nouveau débattue par les députés. En effet, depuis 2003, la LFC était adoptée par ordonnance présidentielle. Présentée par le ministre des Finances, la LFC 2011 table sur un déficit budgétaire de 4 693 milliards de dinars algériens (44,3 mrds €) contre 3 355 (31,66 mrds€) prévus par la loi de Finances 2011. Ce déficit représente 33,9% du PIB du fait d’une augmentation des dépenses de fonctionnement et d’équipement de l’ordre de 25%. Karim Djoudi a indiqué que le déficit budgétaire ne serait pas couvert par le recours au Fonds de régulation des recettes (FRR). Il estime que le déficit budgétaire réel devrait tourner autour de 10 à 11%.
Forte hausse des dépenses publiques
Cette hausse des dépenses publiques est notamment due, selon Karim Djoudi, à l’application de nouveaux statuts particuliers dans la Fonction publique, à l’ouverture de nouveaux postes budgétaires ainsi qu’à l’élargissement du soutien des prix à de nouveaux produits (huiles alimentaires et sucre) et à la hausse de la compensation des prix de produits déjà soutenus (blés et poudre de lait). Le programme additionnel de 410 000 logements publics locatifs, la dotation du Fonds national du logement (FONAL) pour financer 200 000 logements ruraux et 50 000 logements promotionnels, et le renforcement de l’intervention économique de l’Etat devraient contribuer à accroître les dépenses d’équipement. La LFC a été établie sur la base d’un baril de brut à 37 $. Pour les quatre premiers mois de l’année, la moyenne du prix du baril se situe à 111$ (75,6 €). Le FRR est alimenté par la différence entre le prix de référence du baril retenu par la LFC et le prix réel du baril sur le marché international
Priorité à la production nationale
Le gouvernement prévoit une croissance de 11% de la fiscalité pétrolière et de 20% de la fiscalité ordinaire. Le ministre s’est félicité du fait que « la fiscalité pétrolière couvre de plus en plus les dépenses de fonctionnement». Sur le plan des prévisions, la LFC 2011 table sur un taux de croissance de 3,9% (6% hors hydrocarbures) et une inflation de 4%, en hausse d’un demi-point par rapport aux prévisions initiales de la loi de Finances 2011. Les importations devraient légèrement augmenter par rapport à l’année 2010 et tourner autour des 40 mrds$ (27,3 mrds€). Le ministre a par ailleurs confirmé l’interdiction du crédit à la consommation en vue de protéger les ménages qui risqueraient de s’endetter. Mais la décision est fondamentalement politique puisque le ministre indique que le gouvernement a choisi de privilégier la production nationale sur la production étrangère. Or, la première étant faible, le crédit à la consommation (qui concernait à 90% le secteur du véhicule de tourisme) ne profitait qu’aux entreprises étrangères. Lire aussi: La loi de Finances Complémentaire 2010 entre en application en Algérie Le gouvernement algérien donne un caractère rétroactif à la loi 49%/51% et 30%/70% Une nouvelle politique économique algérienne
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