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La Grèce vote aussi le 6 mai 2012


À la veille des élections législatives, le débat politique en Grèce se résume à se prononcer pour ou contre le mémorandum d'austérité. Les élections du 6 mai 2012 pourraient apporter un changement définitif voire historique, dans ce pays laminé par l'austérité.



Comment va se traduire dans les urnes la colère des Grecs ? (photo DR)
Comment va se traduire dans les urnes la colère des Grecs ? (photo DR)
GRECE. Malgré la crise économique qui frappe le pays, ce n’est pas l’économie qui a dominé les débats de la campagne électorale grecque, mais plutôt les questions de l’immigration. D’une part, les Grecs sont méfiants. Ils ne croient en aucune parole des deux grands partis qui dominent le paysage politique grec.

D'autre part, c’est le mémorandum signé par les trois plus grands partis politiques du pays justement qui règle pour les cinq années à venir au moins, tout ce qui a trait à l’économie. Autant dire que les seuls programmes économiques des partis se résument à : pour ou contre le mémorandum d’austérité, l’appliquer tel quel ou renégocier ?

À droite le candidat donné favori par tous les sondages même s’il n’est assuré d’aucune majorité reste Antonis Samaras.
Après avoir longtemps refusé l’austérité exigée par les bailleurs de fonds du pays, il a signé à reculons le second mémorandum d’austérité. Maintenant, il réclame à corps et à cris « une forte majorité au parlement pour aller le renégocier à Bruxelles». Pour trouver d’ici juin 2012 les économies budgétaires de 11,5 mrds € exigées par la Troïka pour 2013-2014, Samaras entend « mettre de l’ordre dans les comptes, de limiter les dépenses de l’état et de privatiser à tour de bras ». Dans un même temps il parle de « rehausser les retraites et salaires les plus faibles via la relance" qu’il compte entre autres financer par les fonds structurels européens non encore absorbés par le pays.

Chez les socialistes c’est Evangelos Venizelos qui mène la danse. Considéré comme le ministre des mémorandums, il veut juste limiter les dégâts. « Il faut que le pays ait un gouvernement stable" martèle-t-il. Evangelos Vénizélos a souhaité que la période d'ajustement budgétaire soit prolongée d'un an, incluant 2015, au lieu de s'arrêter fin 2014 comme il est actuellement prévu dans le plan d'assainissement de l'économie du pays dicté par ses créanciers, UE, BCE et FMI.  

"Notre programme garantit le désengagement graduel du mémorandum dans trois ans, d'ici 2015, ce qui est d'une importance déterminante", a-t-il indiqué. "Je  vais proposer à nos partenaires de procéder aux réformes exigées en trois ans et non en deux comme c’est prévu. Cela va soulager les plus faibles. C’est peu, mais c’est ce que je peux faire".  L’ex-ministre des Finances qui a demandé pardon aux Grecs de nombreuses fois, en direct même ma la télé « pour cette situation », pour avoir « livré le centre d’Athènes aux néo-nazis »  est crédité de moins de 20% des voix.

Il est prêt à faire une coalition avec tous ceux qui acceptent la rigueur en cours. Il n’a pas hésité dans ses derniers discours à brandir le spectre d’une sortie du pays de la zone euro, à laquelle plus personne ici ne croit vraiment. Antonis Samaras a d’ores et déjà rejeté cette éventuelle coalition. En fait, 29 partis se disputent les 300 sièges du parlement. Selon les sondages seuls, 10 vont y entrer. Cela va de l’extrême droite néo nazie assurée d’avoir selon ces mêmes sondages au moins 10 sièges, -ils en visent 20-,  au parti communiste - stalinien pur et dur - en passant par les écologistes et les partis traditionnels plus éclatés que jamais en une myriade de petits partis.

Pas de majorité parlementaire attendue

Tous rejettent à gauche comme à droite, farouchement, l’austérité. Ils forment ce que Evangelos Vénizélos a appelé « les partis de la drachme»  la monnaie nationale grecque à laquelle selon Evangelos Vénizélos le pays reviendrait s’il sortait des clous de la rigueur. A deux exceptions près : le parti de centre droit de Dora Bakoyianni, transfuge de la Nouvelle Démocratie partisane, de la rigueur la plus implacable, «  il faut arrêter de dire des mensonges aux Grecs et procéder aux reformes  structurelles maintenant » insiste-t-elle, et le parti de Fotis Kouvelis de la Gauche Démocratique qui veut rester dans la zone euro,qui accepte le mémorandum, mais qui veut le négocier.

"Rien n’est immuable, explique Odysseas Boudouris, candidat à la seconde circonscription d’Athènes, et l’élection de François Hollande va nous aider. C’est toute l’Europe qui souffre de la crise pas que la Grèce. On doit mettre de l’ordre dans nos comptes, on doit procéder à des réformes, oui, mais pas ainsi ! Il faut parler relance et donner de l’espoir aux gens».  

Autant dire qu’il n‘y aura pas au matin du lundi 7 mai 2012, à moins d'une très grande surprise, de majorité parlementaire. D’autant que ce vote est le pire des votes. Ce n’est pas un vote de raison, mais de colère, un vote punitif. Les Grecs veulent punir les deux partis qui ont alterné le pouvoir ces trente dernières années et qui sont tenus responsables de la situation actuelle.

Jusque-là les socialistes du Pasok et les conservateurs de la Nouvelle démocratie avaient toujours rassemblé 80% des voix. Cette fois, s’ils arrivent à obtenir 40% ce sera déjà un miracle.   Sous perfusion de prêts internationaux depuis 2010 pour éviter la faillite, la Grèce s'est engagée à réduire encore son déficit public, qui est actuellement de 9,1% du PIB, et à procéder rapidement à des réformes structurelles pour libéraliser son économie en visant surtout la réduction du nombre de fonctionnaires, avant d'arriver à la relance, prévue a priori pour 2013.   




Vendredi 4 Mai 2012



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