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La Grèce reste scotchée et la Turquie vacille


Les deux pays affichent des indicateurs économiques aux antipodes, mais connaissent tous deux une grave crise. La Grèce n'arrive pas à retrouver le chemin de la croissance alors la Turquie voit son élan stoppé par le terrorisme et une situation politique intérieure dramatique.



GRÈCE / TURQUIE. Contrairement aux attentes de l'Union européenne qui voyait dans la reprise de la croissance grecque une preuve de l''efficacité des mesures d'austérité imposées à Athènes, le pays ne redémarre pas en 2016 avec une réduction de son PIB de -0,05% (-0,2% en 2015). Depuis 2008, le pays a connu la récession à sept reprises, perdant 27% de son PIB. La Commission européenne se veut pourtant optimiste. Après une chute brutale, puis quatre années de stagnation, la Grèce devrait selon elle retrouver une véritable croissance en 2017 (+2,7%).

Le pays semble en effet aller un peu moins mal. En 2016, son excédent budgétaire primaire (c'est-à-dire sans la charge de la dette) est de 2,3% (0,7% en 2015), alors que l'objectif initial fixait la barre à 0,5%. Mais en intégrant les intérêts de la dette, il avoisine les 5,5% (7,2% en 2015). Il était de 15,4% en 2009 !

La dette continue donc de monter. Elle frôle 180% du PIB (177% en 2015). Ce gonflement s'explique par le poids des intérêts qu'accentue la récession. Mécaniquement, même si la Grèce dépense maintenant moins qu'elle ne gagne, son pourcentage d'endettement ne peut qu'augmenter quand son PIB baisse. Les créanciers, au premier rang desquels l'Allemagne et le Fonds monétaire international (FMI), persistent pourtant à imposer chaque année de nouvelles mesures d'austérité.

La Grèce s'enfonce toujours plus

Le port du Pirée est l'une des grandes privatisations exigées par Bruxelles. Sans résultat.  (photo CC-N.Diakidis)
Le port du Pirée est l'une des grandes privatisations exigées par Bruxelles. Sans résultat. (photo CC-N.Diakidis)
Théoriquement, la baisse des salaires et des dépenses de l'Etat devrait permettre à la Grèce d'exporter davantage, et donc de compenser la réduction de sa consommation intérieure. Mais contrairement à l'Espagne et au Portugal, cette recette basée sur l'appauvrissement du pays ne fonctionne pas car l'économie locale est trop exsangue pour pouvoir investir. Les exportations reculent de 1,6% en 2016.

Même si le chômage a baissé, passant de 28% en 2013 à 24% en 2015 et 23% en 2016, il reste à un niveau extrêmement élevé. Le pays ne crée pas d'emplois, mais les Grecs font chuter le nombre de demandeurs en s'expatriant. La Grèce a perdu près de 3% de sa population depuis le début de la crise. Un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. L'investissement a reculé de 65% en huit ans. 

La Turquie n'est plus un exemple à suivre

Hier cité en exemple, le président Erdogan devient un paria (photo : Commission européenne)
Hier cité en exemple, le président Erdogan devient un paria (photo : Commission européenne)
Peux-être en raison des élections à venir, la Turquie n'a pas encore publié ses indicateurs 2016. Mais tous les analystes s'accordent pour anticiper une dégradation. Le gouvernement a déjà annoncé fin 2016 une réduction de sa prévision de croissance de + 4,5% à + 3,2 %. Le taux sera sans doute nettement inférieur car il ne cesse de chuter : + 4,7% au premier trimestre 2016, puis + 3,1% au second trimestre et surtout -1,8% au troisième.

Il s'agit du premier trimestre négatif depuis sept ans dans un pays habitué à des chiffres supérieurs à 4%. Parallèlement, le taux de chômage a grimpé de deux points pour passer à 12,1% . Un record depuis 2009 (+3,8% en 2015).

La Turquie n'inspire plus confiance : dérive dictatoriale de son président, attentats en série, purge monstre après une tentative de putsch avortée font office de repoussoir pour les touristes comme pour les investisseurs. Il faut reconnaître que Recep Tayyip Erdogan n'a pas fait dans la demi-mesure en matière de répression avec les biens de 600 entreprises turques saisis, 105 000 fonctionnaires limogées, plus de 30 000 Turcs emprisonnés, 180 médias, 2 100 écoles et 1 254 associations fermées.

Le pays a perdu 40% de ses touristes alors que les investissements étrangers fondent comme neige au soleil pour passer de 13,3 mrds € sur les neuf premiers mois de 2015 à 7,1 mrds € sur la même période en 2016.
 
Fin janvier 2017, les agences de notation S&P et Fitch ont abaissé une nouvelle fois la perspective de la note souveraine de la Turquie, de "stable" à "négative" pour la première, et de BBB- à BB + pour la seconde. La livre turque a perdu près d'un tiers de sa valeur en un an.

La Turquie devrait encore présenter en bons chiffres en matière de gestion des deniers publics. Les estimations prévoient un taux d'endettement public de 30,7% (32,9% en 2015) et un déficit budgétaire de 1,8% (1,2% en 2015).

Lire aussi : La Grèce aurait réalisé une croissance nulle en 2016

L'ambassadeur de France en Grèce veut rassurer les investisseurs

La Turquie lance une nouvelle purge touchant 4 500 fonctionnaires

Les touristes boudent la Turquie



Gérard Tur


Mardi 14 Mars 2017



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