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La Grèce entame une présidence low cost mais tenace


La Grèce a beau vivre sa septième année de récession sous étroite surveillance budgétaire, elle n’entend pas pour autant expédier sa présidence européenne. La cinquième de la série.



Photo: La Grèce prend la présidence de l'Europe pour quatre mois. Photo F Dubessy
Photo: La Grèce prend la présidence de l'Europe pour quatre mois. Photo F Dubessy
GRECE. Certes le budget consacré à la présidence européenne, extirpé aux forceps du budget national sans aucune aide extérieure, est low cost : 50 M€ « au maximum » souligne Konstantinos Koutras, porte-parole de la présidence grecque « et nous espérons bien en dépenser moins. Mais un coût low cost ne veut pas pour autant dire un service low cost, » insiste le gouvernement grec, même si Athènes n’emploiera pour cette présidence que 130 fonctionnaires.

 
Sur les 250 dossiers ouverts au sein de l’Union, la Grèce va tenter d’en faire avancer au moins six considérés comme prioritaires : le chômage, qui explose à 27% rien qu'en Grèce, les questions de la migration pour lesquelles Athènes aimerait bien un peu plus de solidarité, la croissance qu'elle prévoit au rendez-vous pour le second semestre 2014, l’union bancaire, la politique maritime, sans oublier, souligne Dimitiris Kourkoulas, vice ministre des Affaires étrangères en charge des dossiers européens, "l'élargissement de l'Union Européenne aux pays du sud-est balkanique, amorcé lors de notre précédente présidence".


Les six travaux d'Hercules

Pour cause de calendrier électoral européen, la Grèce ne dispose que de quatre mois au lieu des six normalement prévus.

Mais pour Konstantinos Koutras, cette échéance électorale représente « un challenge pour le parlement européen qui doit convaincre les euro-sceptiques de la nécessité de construire une Europe forte ».

Pour éviter de donner de l’eau au moulin des euro-sceptiques de plus en plus nombreux dans le pays, toutes les réunions ministérielles se tiendront dans la capitale grecque, au très majestueux centre Zappion. Exit donc les voyages à travers tout le pays aux frais du contribuable, exit aussi les cravates, foulards et autres cadeaux offerts aux délégations, qui auraient coûté 147 000 €. « Elles se verront remettre des copies de musées grecs, toutes fournies par des sponsors. Cela ne coûtera pas un sou au budget de l'État " explique Konstantinos Koutras. 
 
Pour Savas Rombolis directeur de l’Institut  du Monde du travail, cette présidence relève du symbole. « La Grèce ne maîtrise pas son budget, ni ses politiques économiques. Elle entre dans sa septième année de récession, elle attend des prêts dont les conditions d'octroi ne font que l'enfoncer un peu plus dans la crise. Et c'est notre ministre des finances qui va taper du point sur la table face à Merkel pour la politique bancaire ? »

Pour ce militant infatigable de l’annulation de la dette, cette présidence risque fort de tourner court en mai. Comme beaucoup il pense que des législatives anticipées viendront se greffer aux élections municipales et européennes.

Les pays fragiles à la barre

Pour autant les délégations européennes ont, pour la plupart, fait le déplacement à Athènes pour tenter d’attirer l’attention sur les dossiers qui leur sont chers. La dernière en date, la Française, aimerait bien voir opérer un virage social, même timide, de la politique européenne.

 
Après la Grèce, en pleine crise, c’est l’Italie, également en crise, qui prendra le relais en juin 2014. « Nous aurons ainsi deux pays fragiles à la présidence européenne. Cela peut constituer un tremplin idéal pour faire bouger les priorités » indique un haut fonctionnaire européen. Comme par exemple d'intégrer des critères sociaux dans la mise en place des statistiques nationales, ce qui donnerait tout de suite une autre lecture des réalités économiques.

 
Athènes mise sur cette présidence pour redorer son blason sur la scène internationale. Pour une fois on ne parlera plus de la Grèce en crise, mais de la Grèce qui préside et qui décide.

 
Autant dire que cette présidence n’a pas droit à l’échec même si la montée du parti néonazi que tous les sondages annoncent comme troisième, voire seconde force politique du pays risque fort de ternir l'image du pays.





Lundi 30 Décembre 2013



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