La Grèce coincée entre l'Europe et la rueEUROPE / GRECE. Le directeur de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, salue le plan d'austérité grec alors même que les manifestations se multiplient dans les rues d'Athènes pour dénoncer des mesures prises sous la pression de Bruxelles. Le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), tout comme la veille José Manuel Barroso, président de la Commission européenne (Lire : La Commission européenne satisfaite par l'annonce de mesures additionnelles du gouvernement grec), a souligné sa « satisfaction concernant les mesures additionnelles annoncées par le gouvernement grec. Ce problème de réformes résolu permettra aux citoyens et à l’économie grecque de revenir à une croissance à moyen terme ». Jean Claude Trichet ne veut pas d'une intervention du FMI
Jean-Claude Trichet, président de la BCE, se dit confiant sur l'avenir de la Grèce (photo F.Dubessy)
Selon le président de la BCE, « tous calculs faits, la Grèce est dans un bien meilleur état que précédemment. Nous en sommes convaincus et la Commission aussi. Il faut maintenant que cette consolidation budgétaire renforce la croissance à moyen terme et l’emploi.»
Pourtant, en Grèce comme au Portugal, la rue gronde. Les grecs dans la rue
Dans les rues d'Athènes, la cure d'austérité mise en place à la demande de la communauté européenne par le gouvernement Grec provoque de vives réactions.
Le plan d'économies de 4,8 milliards d'euros pèsera lourdement sur les bas et moyens revenus touchés de plein fouet par la hausse de la TVA, la suppression d'un mois de salaire pour les fonctionnaires, le gel des retraites et la mise en place de toute une série de taxes. Plusieurs syndicats, dont le Front de lutte syndicale (PAME) et la Fédération des fonctionnaires (Adedy) organisent depuis début mars d'importantes manifestations. Une soixantaine de villes ont vu d'importants cortèges bloquer les rues alors que les syndicats appellent à des grèves générales le 5 et 16 mars. Le gouvernement grec s'impatiente
Les manifestants reprochent aux pouvoirs publics de faire payer aux grecques les abus de leurs responsables nationaux et du monde bancaire, qui se seraient entendus pour dissimuler les emprunts massifs qui plombent aujourd'hui le pays.
Le gouvernement grec rejette la responsabilité de la brutalité de la cure d'austérité sur l'Europe. Ce sont en effet les pays de la zone Euro qui ont demandé à la Grèce de réduire son train de vie en échange d'une hypothétique aide. Le premier ministre, Georges Papandréou, ne cache d'ailleurs pas son agacement devant les hésitations européenne qui perdurent alors même que le plan d'austérité est mis en place. « Nous attendons la solidarité de l'Europe » affirme-t-il, avant de menacer : « si elle devait faire défaut, un recours au Fonds monétaire international (FMI) serait envisageable ». Briser la spéculation
Une option redoutée par l'Europe qui pourrait annoncer des mesures d'aide le 15 mars à l'occasion d'une réunion des ministres des finances de la zone euro.
Sans attendre ce signal fort de l'Europe, pour sortir de la crise actuelle et lancer des signaux apaisants aux marchés, le ministre des finances Grec a lancé jeudi 4 mars un emprunt obligataire de dix ans. Sa réussite prouverait que les investisseurs font de nouveau confiance à la Grèce et dissuaderait les spéculateurs de jouer la carte du pire. Car il semble que ce soit ceux là même qui ont prêté de façons massive à la Grèce qui depuis plusieurs semaines laissent entendre que le pays est au bord de la faillite et profitent de la remontée des taux d'intérêts induite par ces rumeurs. Frédéric Dubessy, à FRANCFORT
Jeudi 4 Mars 2010
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