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La France réduit son déficit mais voit sa dette progresser

Confrontée à un déficit public et un endettement considérables, la France annonce un retour à plus d'orthodoxie financière. Mais le chemin sera long et difficile car le déficit public progresse encore en 2010 pour atteindre 7,7% du produit intérieur brut, contre 7,5% en 2009 alors que l'endettement est passé en septembre 2010 à 81,5% du PIB contre 78,1% fin 2009.


De nombreuses manifestations se sont opposées en vain à la réforme des retraites en France (photo MPV)
De nombreuses manifestations se sont opposées en vain à la réforme des retraites en France (photo MPV)

FRANCE. Avec une croissance de son PIB de 1,5% en 2010, la France va mieux qu’en 2009 où elle avait enregistré une récession de 2,5%, la plus sévère depuis 1944. Mais le malade est encore loin d'être guéri.

L’année s’est en effet terminée comme elle avait débuté. Avec une croissance économique molle. Selon la première estimation fournie mardi 15 février 2011 par l'Insee, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent. Une performance décevante aux yeux des économistes, qui s'attendaient en moyenne à un rythme de croissance deux fois supérieur. L'inflation qui s'était limitée à 0,1% en 2009 a progressé à 1,5% l'an dernier. 



2010 n'aura donc pas permis de revenir au niveau de croissance d'avant-crise. Fin décembre 2010, le PIB français était encore en retrait de 1,6 % par rapport à son pic du premier trimestre 2008.


Croissance molle

Taux donné par rapport au PIB.
Taux donné par rapport au PIB.

La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a toutefois confirmé l'objectif d'une progression du PIB de 2 % cette année, en espérant un premier trimestre « nettement meilleur » grâce à un effet de rattrapage après les grèves d'octobre et le froid qui avaient perturbé l'activité. Puis de 2,5% par an ensuite.

En attendant, cette croissance molle rend difficile la nécessaire réduction du déficit et de la dette de la France. Sous la pression de Bruxelles et des marchés, le gouvernement a en effet pris l'engagement de ramener le déficit en 2013 à 3% du PIB, plafond fixé par les traités européens, puis 2% en 2014. Or, déficit comme dette atteignent des niveaux historiques: déjà élevés avant la crise, le déficit public (État, sécurité sociale, collectivités territoriales) a explosé avec la récession. Il est attendu pour 2010 au niveau record de 148,8 mrds€, soit 7,7% du produit intérieur brut, contre 7,5% en 2009. 


Face à la crise, la France a en effet desserré les cordons de la bourse. Un plan de sauvetage des banques a été mis en place, suivi d'un plan de relance de 34 mrds€ (y compris 6 mrds de prêts aux constructeurs automobiles) lancé début 2009. L'Etat a émis un grand emprunt de 25 mrds€ pour financer le développement de secteurs jugés stratégiques. Autant de mesures qui ont permis à la France d'amortir la récession. 


Déficit et dette en hausse

Taux donné par rapport au produit intérieur brut (PIB).
Taux donné par rapport au produit intérieur brut (PIB).

Désormais, le gouvernement se fixe comme objectif de faire retomber le déficit public à 6,0% du PIB dès 2011. La Cour des comptes dans son dernier rapport s'est montrée sceptique sur la possibilité d'y parvenir. Elle juge "insuffisant" l'effort de redressement qu'elle estime à 7,5 mrds €, alors qu'il faudrait, selon elle, réduire d'au moins 20 mrds par an, l'équivalent d'un point de PIB, le déficit structurel. Selon les magistrats, " un effort de cette ampleur est indispensable pour arrêter rapidement la progression de l'endettement public."

Un endettement qui, fin septembre 2010, s'élevait à 1.574,6 mrds€, soit 81,5% du PIB contre 78,1% fin 2009. Un chiffre très largement supérieur au plafond de 60% du PIB fixé par les traités européens. Et le gouvernement prévoit qu'il va continuer de grimper à 86,2% en 2011 avant d'atteindre un pic historique à 87,4% en 2012 puis de refluer à 86,8% en 2013 et 85,3% en 2014. 



Pour faire baisser cette fièvre, le gouvernement essaie de tailler dans les dépenses publiques et notamment le nombre de fonctionnaires qui a diminué de 32 000 en 2010, portant à plus de 150 000 en neuf ans la baisse des effectifs de la puissance publique.

Cette politique est difficile à mener avec plus de 4 millions de chômeurs en France (9,3%). 109 200 emplois salariés ont bien été créés dans le privé en 2010 mais cela n'a pas compensé les pertes de 2008 (-187 000 emplois) et de 2009 (-333 700 emplois). 


La réforme des retraites va dans le sens des réductions des déficits mais la résistance de la population, qui s'est traduite par des manifestations à répétition, n'est pas de bon augure pour les efforts qui devront encore être réalisés. Car, dans un pays où les prélèvements absorbent 10 points de plus du PIB que la moyenne du G7, la marge fiscale apparaît étroite. 







Aliette de Broqua


Lundi 21 Mars 2011



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