La France prête 6,5 mds€ aux constructeurs automobiles en échange de la pérennité des sites
L'industrie automobile méditerranéenne n'échappe pas à la crise. Tous les pays la subissent de plein fouet, mais le soutien de l'Etat (et aussi de la BEI pour les Européens) limite la casse. Primes pour favoriser le changement de voiture, aides directes aux constructeurs, baisses momentanées de TVA, les parades jouent bien leur rôle.
En France, Renault vient même de décider, vendredi 20 mars 2009, de relocaliser la production de sa Clio en France.
La Clio de Renault relocalisée en France à Flins (photo NBC)
FRANCE. La France aide particulièrement son industrie automobile. L’Etat vole au secours de ses champions en consentant 6,5 mds€ de prêts participatifs aux entreprises du secteur. Mais en contrepartie, il a passé un marché avec leurs responsables qui se sont engagés à ne fermer aucun site industriel pendant la durée des prêts et à tout faire pour éviter les licencements. Renault va bénéficier d’un prêt de 3 mds€ sur cinq ans, tout comme PSA Peugeot Citroën. Renault Trucks (groupe Volvo) aura pour sa part 500 M€. La Banque européenne d’investissement (BEI) va par ailleurs consentir aux deux constructeurs français un prêt de 400 M€ chacun. " Ce n'est pas un don, ce n'est pas une subvention, c'est un prêt assorti d'un taux d'intérêt à 6%", avait indiqué le Président de la République à l’annonce de cette mesure. Ce niveau, bien qu’inférieur au taux du marché, est suffisamment élevé pour que Bruxelles n’y trouve pas à redire.
Renault relocalise une ligne de production à Flins
"PSA Peugeot Citroën ne fermera pas d'usine en France", a indiqué le groupe PSA qui a précisé qu’il "ne mettra pas en œuvre de plans de licenciements en France", mais lancerait "dans les deux ans à venir, dans chacune de ses cinq usines de montage françaises, un à plusieurs nouveaux modèles de véhicules". PSA a par ailleurs indiqué que le prêt de l’Etat "permettra au groupe de soutenir en particulier son programme de développement de véhicules plus propres, plus économes en énergie et abordables pour ses clients". Le groupe s'est aussi engagé à apporter "un soutien actif" à l'ensemble des acteurs de la filière automobile, notamment "en réduisant les délais de paiement aux fournisseurs". De son côté, Renault a indiqué qu'il ne mettrait pas en œuvre de plan social en 2009, et confirmé qu'il ne fermerait pas d'usine d'assemblage "dans les prochaines années" en France. Mieux, il a annoncé vendredi 20 mars 2009 qu’il relocalisait dans son usine de Flins (région parisienne) la production de la Clio précédemment fabriquée en Pologne. "L'usine de Flins produira à nouveau des Clio Campus, en plus des Clio III, de juin à octobre 2009, et Novo Mesto, en Pologne, assemblera ainsi davantage de Twingo", a précisé le groupe. Renault compte proposer les 400 nouveaux emplois aux salariés du groupe, notamment ceux de Cléon et Sandouville où 1000 emplois vont être supprimés.
20 000 suppressions de postes
La C3 Picasso présentée au salon de Genève avec laquelle Citroën espère renouveler le succès de la C4 Picasso (photo DR)
Le plan de soutien au secteur automobile comprend également une augmentation de l'indemnisation du chômage partiel en contrepartie du maintien de l'emploi. L'heure chômée sera payée 1,75 euro au lieu de 1,5 euro. Par ailleurs, l'aide aux établissements financiers de Renault et PSA Peugeot Citroën a été doublée à 2 mds€, et l'aide aux sous-traitants également doublée, à 600 M€. Ces mesures se sont ajoutées à la prime à la casse pour l’achat d’une voiture neuve pour remplacer une voiture de plus de dix ans. Le plan doit toutefois encore recevoir le feu vert de Bruxelles. Renault, dont les ventes de véhicules particuliers en France ont reculé de 13% en février et de près de 21% en janvier après un repli de ses ventes mondiales de 4,2% en 2008, prévoit 9 000 suppressions de postes en 2009. PSA Peugeot Citroën, dont le volume de ventes total a baissé de 8,7% en 2008, anticipe un recul de ses ventes de 20% en 2009 et a annoncé qu’il réduira sa production d’autant. Dans le rouge en 2008, il n'envisage pas de retour à la rentabilité avant 2010. Du coup, après 18 000 suppressions de postes en deux ans, PSA vise 11 000 départs supplémentaires cette année, dont au moins 6 000 en France. Lire la suite de notre dossier : Le Maroc croit en l'avenir de son industrie automobile L’Algérie reste un marché en croissance pour le secteur automobile L'Espagne injecte 4 mds€ pour sauver son secteur automobileLa production automobile turque en chute de 60% par rapport au début de 2008 Le marché automobile italien déprime
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