Le pavé dans la mare... nostrum

La possibilité d’une île...

par Willam Allaire

La Grèce file un mauvais coton. Criblé de dettes, le berceau de la démocratie est la proie des spéculateurs. Acculé, le nouveau gouvernement de Georges Papandréou vient de prescrire une méga cure d’austérité au pays. Gel des retraites, hausse de la TVA, coupes salariales pour les fonctionnaires... ce plan d’économies a évidemment été accueilli dans l’allégresse générale à Athènes dont les rues ont aussitôt été envahies de manifestants protestant contre ce régime de minceur.

Dans les grandes capitales européennes, l’accueil fut plus chaleureux. Inquiètes de la menace sur la stabilité de l’euro, les chancelleries, Angela Merkel en tête, ont applaudi « l’effort impressionnant » (sic) des Hellènes. Effort d’autant plus impressionnant qu’il ne coûte pour l’instant absolument rien aux européens, plus prompts au soutien platonique qu'à la solidarité financière.

C’est dans cette joyeuse atmosphère qu’un groupe de députés libéraux allemands a émis une idée saugrenue : ces bons samaritains proposent aux Grecs de vendre quelques-unes des îles de leur archipel. « On vous donne de l’argent, vous nous donnez Corfou ! », a résumé le tabloïd Bild, quotidien le plus lu en Allemagne.

Cette proposition a aussitôt mis en émoi les promoteurs et autres opérateurs touristiques, alléchés par la perspective d’une saisie insulaire. D’autant qu’après la Grèce, d’autres pays européens se trouvent dans le collimateur des spéculateurs : le Portugal, l’Espagne et l’Italie.

Avis aux amateurs : après Corfou, Ibiza pourrait bientôt rejoindre la liste des îles à vendre. Et après-demain, peut-être, selon l’ampleur  du déficit, la Sicile... ou Lampedusa, îlot bien connu des naufragés de l’exil. Des naufragés qui cèderaient probablement volontiers leur place au soleil aux libéraux allemands...


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La France interdit la pêche au thon rouge... dans 18 mois

La France a décidé de prononcer l’interdiction du commerce international du thon rouge mais dans 18 mois, le temps de réaliser des études scientifiques complémentaires et de mettre au point un plan de sortie des flottes des thoniers. Le pêcheurs sont immédiatement monté au créneau alors que les écologistes jugent absurde ce délai d’application…



Une trentaine de thoniers français exercent en Méditerranée (photo DR)
Une trentaine de thoniers français exercent en Méditerranée (photo DR)
FRANCE. Après la décision de l’Italie de suspendre la pêche au thon pendant un an et l’appel du prince de Monaco à s'engager clairement dans la préservation du thon rouge, la position de la France était très attendue.

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, a annoncé mercredi 3 janvier 2010, la décision de la France de se prononcer pour l'interdiction du commerce international du thon rouge, au nom de la sauvegarde de l'espèce.

« C’est une décision lourde….mais nécessaire », a déclaré le ministre.

Cette interdiction ne sera toutefois mise en application que dans un délai de 18 mois, le temps de réaliser de nouvelles expertises scientifiques et de peaufiner un plan de sortie des flottes de thoniers.

Vers une "grosse" crise

Menacé par la surpêche en raison de la vogue des sushis, le thon rouge pourrait être inscrit dès mars, lors d’une réunion à Doha, à l'annexe 1 de la Convention de l'ONU sur le trafic des espèces menacées (CITES). Cela reviendrait à interdire le commerce international du thon rouge pour tous.

L'Union Européenne attendait la décision de la France, l'un des principaux pêcheurs avec l'Italie et l'Espagne, pour se prononcer.

Mais l’annonce de la France ne contente finalement ni les écologistes, ni les pêcheurs. Ainsi, l'organisation écologiste Greenpeace a qualifié d' « absurde » le délai de 18 mois annoncé par le gouvernement français. Cela revient à « attendre qu'il n'y ait plus de thons rouges pour agir » a indiqué Greenpeace.

A l’inverse, les pêcheurs ont demandé un rendez-vous en urgence au président de la république Nicolas Sarkozy. "Il faut que le président de la République s'implique sérieusement", a déclaré Mourad Kahoul, président du Syndicat des thoniers méditerranéens, selon lequel "on va vers une grosse crise".

Divergence sur le constat

"Si on va à l'annexe 1, les pêcheurs ne se laisseront pas mourir. Chacun prendra ses responsabilités", a-t-il averti. "Aujourd'hui il y a un problème humain, et on ne peut pas laisser les marins-pêcheurs à la rue", a-t-il ajouté. Ces deniers ont renouvelé leurs armements il y a trois ans et "sont acculés de dettes", a-t-il souligné.

Selon Mourad Kahoul, la ressource "n'est pas menacée" mais le gouvernement veut donner "un os" aux ONG environnementales après les "fiascos" de Copenhague et de la taxe carbone.

Au contraire, pour Albert de Monaco, il y a urgence car la disparition du thon rouge en Méditerranée pourrait entraîner l'élimination d'autres espèces."On estime que si la surpêche se poursuit au rythme actuel, il n'y aura plus aucun stock de poissons comestibles sur la planète d'ici à 2049", a-t-il déclaré le week end dernier.

Or, si on permet de reconstituer les stocks en Méditerranée en "laissant tranquille l'espèce pendant deux ou trois ans", alors le thon rouge sera sauvé et "rien n'empêchera de reprendre la pêche", a-t-il ajouté.

Lire aussi :
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Mercredi 3 Février 2010




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