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La France interdit la pêche au thon rouge... dans 18 mois

La France a décidé de prononcer l’interdiction du commerce international du thon rouge mais dans 18 mois, le temps de réaliser des études scientifiques complémentaires et de mettre au point un plan de sortie des flottes des thoniers. Le pêcheurs sont immédiatement monté au créneau alors que les écologistes jugent absurde ce délai d’application…


Une trentaine de thoniers français exercent en Méditerranée (photo DR)
Une trentaine de thoniers français exercent en Méditerranée (photo DR)
FRANCE. Après la décision de l’Italie de suspendre la pêche au thon pendant un an et l’appel du prince de Monaco à s'engager clairement dans la préservation du thon rouge, la position de la France était très attendue.

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, a annoncé mercredi 3 janvier 2010, la décision de la France de se prononcer pour l'interdiction du commerce international du thon rouge, au nom de la sauvegarde de l'espèce.

« C’est une décision lourde….mais nécessaire », a déclaré le ministre.

Cette interdiction ne sera toutefois mise en application que dans un délai de 18 mois, le temps de réaliser de nouvelles expertises scientifiques et de peaufiner un plan de sortie des flottes de thoniers.

Vers une "grosse" crise

Menacé par la surpêche en raison de la vogue des sushis, le thon rouge pourrait être inscrit dès mars, lors d’une réunion à Doha, à l'annexe 1 de la Convention de l'ONU sur le trafic des espèces menacées (CITES). Cela reviendrait à interdire le commerce international du thon rouge pour tous.

L'Union Européenne attendait la décision de la France, l'un des principaux pêcheurs avec l'Italie et l'Espagne, pour se prononcer.

Mais l’annonce de la France ne contente finalement ni les écologistes, ni les pêcheurs. Ainsi, l'organisation écologiste Greenpeace a qualifié d' « absurde » le délai de 18 mois annoncé par le gouvernement français. Cela revient à « attendre qu'il n'y ait plus de thons rouges pour agir » a indiqué Greenpeace.

A l’inverse, les pêcheurs ont demandé un rendez-vous en urgence au président de la république Nicolas Sarkozy. "Il faut que le président de la République s'implique sérieusement", a déclaré Mourad Kahoul, président du Syndicat des thoniers méditerranéens, selon lequel "on va vers une grosse crise".

Divergence sur le constat

"Si on va à l'annexe 1, les pêcheurs ne se laisseront pas mourir. Chacun prendra ses responsabilités", a-t-il averti. "Aujourd'hui il y a un problème humain, et on ne peut pas laisser les marins-pêcheurs à la rue", a-t-il ajouté. Ces deniers ont renouvelé leurs armements il y a trois ans et "sont acculés de dettes", a-t-il souligné.

Selon Mourad Kahoul, la ressource "n'est pas menacée" mais le gouvernement veut donner "un os" aux ONG environnementales après les "fiascos" de Copenhague et de la taxe carbone.

Au contraire, pour Albert de Monaco, il y a urgence car la disparition du thon rouge en Méditerranée pourrait entraîner l'élimination d'autres espèces."On estime que si la surpêche se poursuit au rythme actuel, il n'y aura plus aucun stock de poissons comestibles sur la planète d'ici à 2049", a-t-il déclaré le week end dernier.

Or, si on permet de reconstituer les stocks en Méditerranée en "laissant tranquille l'espèce pendant deux ou trois ans", alors le thon rouge sera sauvé et "rien n'empêchera de reprendre la pêche", a-t-il ajouté.

Lire aussi :
Nouvelles restrictions pour la pêche au thon rouge
La pêche au thon rouge sera réduite de 30% en deux ans


Aliette de Broqua


Mercredi 3 Février 2010



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