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La France et l'Allemagne sous la pression de la crise de la dette

La zone euro est plus que jamais dans la tourmente. Les trois agences de notation évoquent une dégradation du AAA français alors que l'Allemagne n'arrive plus à placer ses emprunts.


La crise de l'endettement des pays de la zone euro s'accélère. Photo DR.
La crise de l'endettement des pays de la zone euro s'accélère. Photo DR.
EUROPE. Les trois agences ont en quelques jours affiché noir sur blanc ce que la plupart des économistes annoncent depuis plusieurs semaines : le triple A français est en sursis. Moody's, Standard and Poor's et enfin Fitch ont successivement évoqué les risques qui planent sur le AAA de la France. Toutes trois estiment qu'une détérioration de la crise dans la zone euro compromettrait la note française.

Ces avertissements plombent la capacité d'emprunt de la France qui voit son loyer de l'argent augmenter à 3,68%. Le 21 novembre, l’État a levé 7 mrds € à un taux déjà plus élevé que lors des précédents emprunts. Selon le directeur général de l’Agence France Trésor (ministère des Finances), Philippe Mills, la montée des taux pourrait alourdir de 2,4 mrds € la facture de l’État.

Pour conserver son triple A, Fitch averti que la France doit réaliser une croissance minimale de 0,7% en 2012. Sa dette représenterait alors 91,7% de son PIB. Mais si la crise européenne s'aggrave, la France verra ses exportations fléchir et donc son taux de croissance passer sous les 0,7% . De plus, elle devra respecter ses engagements auprès du fonds de soutien européen. Sa dette dépasserait alors 98% de son PIB et elle perdrait son AAA.

Pour éviter cette dégradation, le gouvernement français multiplie les plans de rigueur et s'est engagé à faire passer le déficit budgétaire à 5,7% fin 2011, 4,5% en 2012 et 3% en 2013. Le parti socialiste, qui pourrait remporter la présidentielle de 2012, affirme vouloir respecter ces engagements.

L'Allemagne, jusqu'à présent épargnée par une crise de la dette concentrée sur les pays méditerranéens de la zone euro, commence, elle aussi, à en ressentir les effets. Pour sa dernière émission réalisée en début de semaine, l'emprunt de l'État allemand n'a pas été complètement placé. Berlin n'a levé que 3,6 Mds € alors qu'il proposait 6 milliards. L'euro et toutes les places boursières ont immédiatement plongé.


Gérard Tur


Jeudi 24 Novembre 2011



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