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La Croatie en route vers l’Union Européenne

L’élection d’un président social-démocrate à la tête de la Croatie va donner un nouvel élan à l’adhésion à l’Union Européenne de l’ancienne république yougoslave. Les électeurs ont voté à 60% pour un homme qui symbolisait le changement et s’est engagé à lutter contre la corruption, relancer l’économie et intégrer l’Europe d’ici à 2012.


La Croatie pourrait rejoindre l'Union Européenne dès 2012 (Photo F.Dubessy)
La Croatie pourrait rejoindre l'Union Européenne dès 2012 (Photo F.Dubessy)
CROATIE. Dès son élection dimanche 10 janvier 2010, le nouveau président de la Croatie a confirmé son intention de faire entrer son pays dans l’Union Européenne (UE) d’ici à 2012. Le social-démocrate Ivo Josipovic (52 ans) a été élu avec 60% des voix et son arrivée au pouvoir est un véritable camouflet pour le parti du président sortant, la Communauté démocratique croate (HDZ ), qui a conduit la Croatie à l’indépendance en 1991 mais est aujourd’hui frappé par plusieurs scandales financiers.

Professeur de droit international, compositeur de musique et élu député depuis 2003, Ivo Josipovic a conduit toute sa campagne sur le triple engagement de l’adhésion à l’UE, de la lutte contre la corruption qui touche la haute administration et les entreprises d’Etat, et enfin sur la relance de l’économie durement touchée par la crise. Pour la première fois depuis dix ans, l’économie croate s’est contractée en 2009 (-5,8% au troisième trimestre, qui a suivi une baisse de 6,5% sur les six premiers mois de l’année) et le chômage touche 16,1% de la population active alors que la dette extérieure représente 94% du Produit intérieur brut (PIB).

Le nouveau président va devoir cohabiter avec le gouvernement mené depuis juillet 2009 par une femme, Jadranska Kosor, membre du HDZ. Les prochaines élections législatives sont prévues fin 2011 mais pourraient être avancées afin de faciliter l’adhésion du pays à l’Europe.

Relance du processus d'adhésion

La privatisation des chantiers navals restent l'une des clefs pour intégrer l'UE (photo BC)
La privatisation des chantiers navals restent l'une des clefs pour intégrer l'UE (photo BC)
Engagé en octobre 2005, le processus d’adhésion a été relancé en octobre 2009 après que la Croatie et la Slovénie se soient enfin mis d’accord sur le conflit frontalier qui les opposait depuis 1991. Quelques dossiers restent en suspens notamment sur l’achèvement des réformes administratives, la réorganisation des tribunaux, la coopération avec le Tribunal pénal international ou encore la privatisation des chantiers navals. Sur ce point, le gouvernement croate vient de lancer un nouvel appel d’offres international après l’échec de la première procédure engagée en août 2009. L’objectif est de vendre les six chantiers navals publics du pays qui emploient 12.000 personnes auxquelles s’ajoutent plus de 30.000 salariés dans le secteur mais le sujet est très sensible. Le secteur de l’industrie navale est un des plus importants exportateurs nationaux mais génère des pertes estimées à près d'1 md€.

Le 2 octobre 2009, six nouveaux chapitres de négociation avec l’UE ont été ouverts et selon le dernier rapport de suivi publié par la Commission européenne, « les négociations techniques pour l’adhésion approchent de la phase finale ». Elles pourraient se dérouler à l’été 2010 et le processus de ratification proprement dit commencerait alors début 2011 pour une adhésion définitive en 2012. Ce sera alors le premier élargissement de l’Europe depuis l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. De quoi ouvrir la voie aux autres pays des Balkans. Déjà la Serbie a officiellement déposé sa candidature à l’adhésion le 22 décembre 2009. 

Lire aussi : La Croatie pourrait intégrer l'Union Européenne en 2011
                     Les pertes des chantiers navals de Croatie atteindraient désormais 900 M€


Fanny Llorca


Lundi 11 Janvier 2010



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