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La Cour des Comptes décerne un carton rouge au Port de Marseille

Les Sages pointent les « difficultés graves et récurrentes » du premier port français, « le blocage social et le déclin », en dépit de « réels avantages compétitifs ». Ils critiquent également une gestion des ressources humaines « défaillante ».


La productivité de la manutention à Marseille est inférieure à celle des autres ports européens (photo DR)
La productivité de la manutention à Marseille est inférieure à celle des autres ports européens (photo DR)
FRANCE. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes épingle la gestion mise en œuvre dans trois institutions françaises au premier rang desquelles le Grand port maritime de Marseille  (GPMM), qui se serait abstenu de mettre en pratique les recommandations précédentes des magistrats. 
Les Sages pointent ainsi des "difficultés graves et récurrentes" du premier port français, "le blocage social et le déclin", en dépit de "réels avantages compétitifs". Ils critiquent également une gestion des ressources humaines  "défaillante".
 
Ils soulignent notamment le temps de travail des portiqueurs et conducteurs de grues qui constituent la majeure partie des personnels que les grands ports maritimes doivent transférer au privé avant le 3 avril.
La durée de travail effective hebdomadaire des conducteurs d'engins qui officient par équipe de deux " s'établit à 14 heures à Fos et à 12 heures à Marseille compte tenu des absences et de la règle dite du fini-parti.”. En effet, précise le rapport, "pendant qu'un portiqueur travaille, l'autre demeure à proximité, accomplissant des tâches annexes, ou reste en salle de repos."

Appel au respect des lois

Le rapport souligne également "les irrégularités de la rémunération." Car, "alors que les conducteurs d'engins appartiennent au personnel du port et sont payés par lui, ils perçoivent des rémunérations additionnelles des entreprises de manutention (…) Les manutentionnaires parlent de “gratifications”, de “primes de rendement” ou de “productivité” ; dans le langage des quais, ce sont plus trivialement, mais aussi plus exactement des bakchichs.» «Ces gratifications sont illégales. Elles pourraient s'élever jusqu'à 1300 euros par mois, de sorte qu'un portiqueur est susceptible de gagner mensuellement entre 3500 et 4500 euros net."
 
Autre handicap soulevé par la Cour des comptes : la réforme inachevée de la manutention. "Le GPMM se situe, pour les coûts de manutention, dans la moyenne de ses concurrents. En revanche, la productivité de la manutention, mesurée par le nombre de mouvements de conteneurs par heure d'escale de navires y est inférieure à celle des autres ports européens", explique-t-elle. 

La Cour relève enfin que, " les pouvoirs publics n'ont pas toujours fait preuve du volontarisme nécessaire..Il manque au port de Marseille que s'y applique l'état de droit normal, où chacun tient son rôle dans le dialogue économique et social, mais où les limites du débat démocratique ne sont pas franchies", conclut la Cour des comptes qui appelle les acteurs à faire respecter les lois. 


Aliette De Broqua


Jeudi 17 Février 2011



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Commentaires

1.Posté par efmbrof le 20/02/2011 02:00
Si je comprends bien il y a donc de hauts dirigeants au sein même du grand port maritime de Marseille qui laissent faire ces pratiques. Le sachant, du coup, ils sont payés à quoi faire alors ?? A rien eux aussi ? Faut il rappeler qu’ils ont été parachutés par le gouvernement .....alors avant de prendre le salarié pour cible, je vous invite à vous demander qui fait quoi dans la direction de ce port !!!

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