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La Corse repousse son plan d'aménagement du territoire

L’Assemblée de Corse vient de repousser le vote du "Padduc", schéma d’organisation du territoire insulaire. Ce nouveau report témoigne du caractère hautement sensible du document.


Les détracteurs du Padduc dénoncent l'ouverture à l'urbanisation de certaines zones du littoral de la Corse (photo DR)
Les détracteurs du Padduc dénoncent l'ouverture à l'urbanisation de certaines zones du littoral de la Corse (photo DR)
FRANCE. C’est une Arlésienne à la mode insulaire. Pour la troisième fois de suite, l'Assemblée de Corse a repoussé le vote du Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC).

Initialement annoncé pour février, puis reporté au 12 mars, ce vote est à présent prévu pour "la mi-avril" sans plus de précision sur la date.

Ce nouveau report est justifié par la refonte du texte initial, très contesté. Cet automne, le Conseil économique, social et culturel de la Corse (CESC) avait émis un avis défavorable sur le précédent projet élaboré par l’Assemblée territoriale, obligeant celle-ci à revoir sa copie.

Le projet amendé n’en est qu’au début de son long parcours institutionnel. Il devra successivement être soumis au Conseil des sites, puis au CESC, avant d'être examiné par les conseillers territoriaux.

Après le feu vert des élus, le projet de Padduc devra faire l'objet d'une enquête publique, puis d'un second vote, pour adoption définitive.

Controverse

Concrétisation du processus de Matignon, ce plan très controversé fixe les objectifs de développement économique, agricole, social, culturel et touristique de l'île.

Pour son plus fervent défenseur, Ange Santini, président du conseil exécutif de Corse, il s'agit rien moins que d'un "projet de société" qui prévoit "une Corse ouverte à ceux qui veulent s'y installer pour devenir des résidents permanents".

Ses détracteurs, au premier rang desquels on trouve les nationalistes, dénoncent un modèle qui mise notamment sur un tourisme massif et organise une bétonnisation du littoral. Les plus virulents observent que le document rend constructibles des terrains appartenant à des élus locaux.

Selon les chiffres d'Ange Santini, le Padduc supprime près de 10% des espaces naturels remarquables du littoral Corse, soit 7000 hectares.


William Allaire


Mercredi 11 Mars 2009



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