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La CGT et le groupe Boluda engagent un bras de fer sur le port de Marseille

Dénonçant le licenciement de sept salariés grévistes au chantier Union Naval Marseille, du groupe Boluda, la CGT fait monter la pression sur le port. Au-delà de la réparation navale, sujet toujours sensible, le syndicat dénonce la précarité de la manutention et remet en cause l’application de la réforme portuaire.


De nouveaux soubresauts sociaux agitent la réparation navale à Marseille (photo DR)
De nouveaux soubresauts sociaux agitent la réparation navale à Marseille (photo DR)
FRANCE / ESPAGNE. La lune de miel est terminée entre la CGT et le groupe espagnol Boluda, repreneur du dernier chantier de réparation navale sur le port de Marseille.

Le syndicat dénonce le licenciement de sept salariés sur les 130 employés de l’Union Naval Marseille (UNM). Ils ont été licenciés à la suite d’un mouvement de grève déclenché en janvier pour dénoncer le recours accru à la sous-traitance. Selon les grévistes, elle entraîne "des dérives dans les conditions de travail et la sécurité".

La direction a engagé une procédure "pour entrave à la liberté du travail", estimant que "le blocage de l'activité par une minorité de l'entreprise met en péril l'avenir de l'ensemble de la société".

Main d'oeuvre étrangère

Selon la CGT, les responsables de l’UNM font de plus en plus appel à la sous-traitance, notamment étrangère, pour tous les travaux de spécialités normalement du ressort des salariés du chantier.

"Boluda est venu à Marseille parce qu’il ne pouvait pas délocaliser les formes de radoub qui sont ici et dont il a besoin, mais il met en place une autre forme de délocalisation, avec une main d’œuvre étrangère", insiste Noël Kouici, délégué syndical CGT au chantier.

La société Union Naval Barcelona , filiale du groupe Boluda, a obtenu en mars 2006 la concession pour 18 ans des formes 8 et 9 dans le port de Marseille. Quelques mois plus tard, elle a repris à la barre du tribunal l’ex-chantier CMR.

Arrêts de travail

Les négociations ne sont pas rompues avec la direction, mais l’affaire est montée en épingle par la CGT qui souligne le mécontentement et les inquiétudes des travailleurs sur le port dans le cadre de la mise en place de la réforme portuaire.

"La situation est explosive. On ne peut pas s’engager dans une application stricto sensu de la loi sans tenir compte de la précarité de la manutention sur les bassins Est à Marseille", remarque Pascal Galeote, secrétaire général de la CGT au Grand Port Maritime de Marseille.

Depuis le 2 février, des arrêts de travail de plusieurs heures sont déclenchés sur les quais à Marseille et un préavis de grève court jusqu’au 28 février.


Brigitte Challiol


Mardi 10 Février 2009



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