La Banque mondiale tire la sonnette d'alarmeSelon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Afrique du Nord est considérée comme la deuxième zone la plus vulnérable aux risques climatiques à l’échelle mondiale. La banque Mondiale vient de publier au début de l'été 2011 une étude sur « l’adaptation au changement climatique et la résilience aux désastres naturels dans les villes côtières d’Afrique du Nord » présentée dans le cadre des programmes du Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée (CMI).
L'aménagement de la vallée de Bouregreg soulève de vives inquiétudes en raison des risques d'inondations (photo DR)
MEDITERRANEE. Rédigée sous la direction de l'urbaniste Anthony Bigio, auteur collaborateur du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), l'étude réalisée par la Banque Mondiale sur « l’adaptation au changement climatique et la résilience aux désastres naturels dans les villes côtières d’Afrique du Nord » vient d'être présentée au CMI. « La Banque Mondiale se préoccupe depuis déjà plusieurs années de la menace que fait planer le changement climatique sur les pays de la rive sud de la Méditerranée » explique Anthony Bigio. « Les catastrophes naturelles de type inondations et érosion côtière, ont des effets de plus en plus dévastateurs, particulièrement dans les villes. Or les grandes cités côtières représentent une part très importante du PIB des pays arabes ». faire appliquer les règles
Les inondations en zones fortement peuplées vont se multiplier. Photo DR
« Notre travail débouche sur l’importance de nouvelles règles d'urbanisme » souligne Anthony Bigio. « qui devront être appliquées pour que la croissance urbaine à venir prenne en compte ces risques. Les Etats doivent maîtriser leur espace urbain et punir les abus. D'autres leviers, comme la construction d’infrastructures de transports, permettent également de détourner l'urbanisation d'une zone dangereuse et l'orienter vers des zones sûres. Ils sont particulièrement efficaces pour des villes très étalées comme Tunis, Casablanca ou Alexandrie. Les décisions finales reviennent aux gouvernements. L’étude consigne aussi notre perplexité sur certaines opérations où visiblement des intérêts privés l'emportent sur l'intérêt public. Les grands projets de Tunis constituent de bons exemples. Ils avaient été décidés souvent par le palais présidentiel, après accord avec des promoteurs internationaux, sans tenir compte de l'avis des urbanistes locaux. Fort heureusement, la donne a changé et va peut-être permettre de réviser ces projets. Je pense en particulier aux dossiers localisés au nord de la ville ou près du lac sud. Ces zones souffrent d'un fort risque de submersion marine et se prêtent mal à d'importantes opérations immobilières. » + 20 cm en 2030 Les auteurs de l'étude tablent sur une élévation du niveau de la mer liée au changement climatique de 20 cm à l’horizon 2030, avec des épisodes orageux beaucoup plus violents. Tunis, sans doute la ville la plus exposée, va voir les risques d'instabilité des sols et de submersions marines passer de moyens à élevés, ceux d'inondations et d'érosion côtière d'élevés à très élevés. Casablanca est principalement concernée par l'érosion côtière et les inondations, Alexandrie par la submersion marine, la pénurie d'eau et l'érosion côtière. Les clignotants vont passer à l’orange ou au rouge dans la vallée du Bouregreg en matière de submersion marine et d'inondations. Trois types d'actions
Trop de projets immobiliers récents négligent le risque d'inondation. Photo DR
La réduction des risques passe par trois types d'actions à mettre en œuvre simultanément. Pour commencer, prendre en compte l'évolution de la situation climatique dans les plans d’urbanisme. Deuxièmement, améliorer l'information du public, les systèmes d’alerte rapide et de communications, et le fonctionnement des institutions résponsables. Enfin, réaliser des infrastructures urbaines de protection et de drainage. Les deux premières séries de mesures s'avèrent les plus efficaces et les moins gourmandes en investissements. En revanche les dernières supposent des enveloppes budgétaires souvent très lourdes. Leurs coûts peuvent même s'avérer plus élevés que ceux des dommages qu'elles permettent d'éviter. « Cependant, ces mesures peuvent pourtant se justifier, par exemple, en termes de la valeur du patrimoine situé dans les zones concernées » précise l'étude. Gérard Tur
Mercredi 13 Juillet 2011
Lu 3938 fois
Commentaires
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info |
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version
Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.
Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Par Michel Roche, consultant Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.
|
|
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||



Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Par Michel Roche, consultant 







