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La BEI soutient le tourisme en Méditerranée


Philippe de Fontaine Vive, vice président de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), explique à Econostrum.info que le tourisme est désormais un des trois secteurs d’intervention prioritaires en Méditerranée de la BEI et de son bras armé spécialisé dans cette zone, la FEMIP. Mais l'institution veut privilégier le tourisme durable, créateur d’emplois durables. Les dépenses y augmentent six fois plus vite que dans l'ensemble du secteur.



Econostrum.info : Le tourisme est un secteur d’intervention nouveau pour la BEI-FEMIP ?

Philippe de Fontaine Vive :
Le tourisme en tant que tel n’était en effet pas une priorité pour la BEI. La BEI travaille sur les infrastructures ou des secteurs industriels comme l’aéronautique. Il pouvait intervenir indirectement par des lignes de crédit pour les PME consenties à une banque locale. La seule fois que nous sommes intervenus directement, c’était pour le financement d’un hôtel au Liban, et cela a été un échec.

Aujourd’hui, notre priorité, c’est la création d’emplois durables. C’est là-dessus que l’on veut travailler car il existe une attente des populations considérable. Or, quand nous regardons les secteurs susceptibles de créer des emplois, le tourisme s’impose. Il représente souvent le secteur numéro un dans ces pays avec en moyenne 10% du PIB contre 2 à 3% en France. Sur les rives de la Méditerranée, il emploie 20 millions de personnes. La FEMIP fête ses dix ans. Les ministres l’ont renouvelé tout en demandant cibler pour 2012-2013 trois secteurs prioritaires créateurs d’emplois, le tourisme, mais également l’énergie et le maritime.

Comment allez-vous intervenir dans ce secteur du tourisme ?

Philippe de Fontaine Vive : Nous ne devons pas investir n’importe comment. Nous sommes partisans d’un développement d’un tourisme durable. L’écologie ne doit plus apparaître comme une contrainte, mais comme une dimension à privilégier. Car le touriste vient chercher de la qualité de vie, une façon de vivre, un climat, de l’histoire, du patrimoine… Les dépenses générales dans l’écotourisme augmentent actuellement près de six fois plus vite que dans l’ensemble du secteur.
Il faut développer un tourisme respectueux de la spécificité de chacun de ces pays et monter en gamme. C’est pour cela que nous avons passé un accord avec l’Association des chambres de commerce et d’industrie de la Méditerranée (Ascame). Depuis quelques temps, nous finançons du tourisme durable. C'est-à-dire que quand nous accordons un prêt à un village du Club Med ou pour un hôtel 5 étoiles, nous exigeons le respect de l’environnement et demandons de faire travailler l'économie locale autour de l’hôtel, comme l’artisanat.

Il manque un artisanat de qualité typique, mais à haute valeur ajouté. Les touristes haut de gamme sont prêts à dépenser beaucoup pour ramener de beaux objets de leurs vacances ou des bonnes choses…comme les chocolats très haut de gamme Patchi, devenu le cinquième chocolatier mondial sous la houlette du président de l’Ascame, le libanais Mohamed Choucair.
Ce qu’il faut, c’est donner envie à des entrepreneurs de se lancer, soit dans l’artisanat, soit dans des créneaux de tourisme spécifiques comme le tourisme de santé (ce qu’ont fait la Tunisie ou le Maroc) ou de bien-être, ou encore religieux.

Manque d'initiative ou d'innovation

Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, donne la prorité au tourisme durable (photo F.Dubessy)
Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, donne la prorité au tourisme durable (photo F.Dubessy)
Face à des projets de petite taille, allez-vous intervenir directement ?

Philippe de Fontaine Vive :
La BEI est là pour dire, si le projet est sérieux, nous finançons. Le financement n’est pas un blocage. Le blocage vient en général du manque d’initiative ou d’innovation. Nous pouvons intervenir soit directement soit en association avec des banques ou avec association de micro finance. Nous essayons de donner l'idée aux ministres du Tourisme d'accorder la garantie de l'État aux opérateurs privés nous permettant, à nous banques, d’intervenir. En revanche, nous n’interviendrons jamais dans de petits projets de collectivités locales.

Donnez-nous un exemple d’un investissement durable ?

Philippe de Fontaine Vive : La rénovation des médinas. Le projet Medina 2030 a pour objectif de réhabiliter une trentaine de medinas d’ici 2030 sur l’exemple de Fès. Le premier chantier, à Meknès, a démarré.




Vendredi 7 Décembre 2012



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