La BEI met en avant son action en MéditerranéeLa banque européenne a fait salle comble, mardi 22 février 2011, à Bruxelles, pour la présentation de son bilan annuel et de sa feuille de route pour 2011-2013. Au programme : développement durable, énergie, emploi, mais surtout, ce sont les engagements de la banque en Méditerranée qui ont retenu l’attention.
EUROPE / MÉDITERRANÉE. Avec 72 mds€ de prêts accordés en 2010, les responsables de la Banque européenne d’investissement paraissent plutôt fiers de leur bilan annuel. Présenté mardi 22 février 2011 à Bruxelles, il révèle que 87,5% des crédits ont été accordés aux Etats européens (27+ 4 membres de l’Association européenne de libre-échange ). Les pays candidats à l’adhésion sont ensuite les premiers bénéficiaires des prêts de la BEI, avec 3,4 mds€ (4,7% des crédits accordés en 2010). Viennent ensuite les Etats méditerranéens, avec 3,6% des crédits, soit 2,6 mds€, devant l’Asie et l’Amérique latine (1,2 md€), les pays ACP et l’Afrique du sud (1,2 md€) et enfin la Russie et les voisins de l’Europe de l’est (0,6 md€).
Le Président de la BEI, Philippe Maystadt, est satisfait d’avoir répondu à la demande des autorités européennes : « Notre mission était de soutenir les investissements durant la crise, nous l’avons accomplie ». Notamment dans quatre domaines de prédilection de la banque : le développement durable, la convergence, l’économie du savoir et l’énergie. Le bon élève européen s’est donc vu confier un nouveau mandat pour l’avenir : soutenir la stratégie Europe 2020, document de prospective censé guider les différentes politiques mises en œuvre par la Commission européenne. La BEI devra en outre investir sur les initiatives visant à lutter contre les changements climatiques. Et soutenir la politique extérieure européenne, notamment en Méditerranée. Aucun soupçon de corruption
C’est que les responsables communautaires qui jusqu’en janvier 2011, ne débordaient pas d’enthousiasme pour aborder les questions méditerranéennes, semblent désormais plus à l’écoute.
La BEI, qui revendique un bilan satisfaisant au sud comme à l’est de la Méditerranée, semble s’être rapidement positionnée pour proposer une enveloppe de crédits de 6 mds€ à octroyer d’ici 2013 (lire :La BEI souhaite investir 6 mds€ en Méditerranée). Elle a déjà des bureaux à Tunis, Rabat et au Caire. Et des projets en cours, d’autres en préparation dans tous les pays bénéficiant d'un mandat avec l’UE. Et même si Philippe de Fontaine Vive, en charge de la Facilité euroméditerranéenne d’investissement et de partenariat (Femipe) reconnaît que les révolutions arabes vont « compliquer » les affaires de la banque, à court terme, il se montre ravi d’accompagner ces changements et compte miser sur l’emploi en soutenant les Pme et les Tpe.
Si la BEI est si présente en Egypte comme en Tunisie (elle a accordé respectivement 3,5 mds€ et 2,9 mds€ de crédits dans ces deux pays, entre 2002 et 2010), a-t-elle pu échapper à la corruption et la fraude dénoncée par les citoyens de ces pays ? Philippe de Fontaine Vive se montre catégorique : « Nous pratiquons la tolérance 0; face à la corruption, soutient-il. Nous finançons des projets d’investissement que nous supervisons, en partenariat avec l’Office européen de lutte anti-fraude qui est habilité à mener des enquêtes si des soupçons sont mis au jour ». Le cas échéant, la BEI pourrait rappeler ses fonds, « immédiatement ». Lire aussi : La BEI souhaite investir 6 mds€ en Méditerranée Discussions en cours à l'UE pour un soutien à l'Egypte Le Parlement européen vote une rallonge d'1 milliard d'euros pour les projets en Afrique du nord La BEI milite pour développer les PPP en Méditerranée Caroline Garcia
Mercredi 23 Février 2011
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