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La BAD appelle à une diversification des IDE en Afrique du Nord


Si les Investissements directs étrangers améliorent le bien-être des populations d'Afrique du Nord, la Banque Africaine de Développement déplore, dans un rapport, le nombre restreint de secteurs concernés par les investissements.



Le Maroc concentre ses IDE dans le secteur touristiques et des services (photo BAD)
Le Maroc concentre ses IDE dans le secteur touristiques et des services (photo BAD)
AFRIQUE DU NORD. La Banque Africaine de Développement (BAD) signe une nouvelle étude intitulée "l’Investissement Direct Étranger (IDE) améliore-t-il le bien-être dans les populations d’Afrique du Nord ?". Si les IDE des pays étudiés, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte et la Mauritanie profitent au bien-être des populations, le nombre restreint des secteurs investis pose problème.

Dès le début du rapport, la BAD reconnaît le lien de causalité entre les flux d’IDE et la qualité de vie des populations, mesurée par l'Indice du Développement Humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Trois variables le composent : la santé, le niveau de vie et l'éducation. Les "IDE ont bien un impact sur la croissance économique en Afrique du Nord, une croissance qui génère des revenus pour les États et les populations de la région", note la banque.

Et ce constat pèse en Afrique du Nord, région qui attire le plus d’IDE en Méditerranée, notamment en Égypte et au Maroc, affirme Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Investment Network. "Le rapport de la BAD va dans le sens de notre analyse, les IDE de la région préparent l'économie de demain. Mais il faut aussi penser à l'emploi d'aujourd'hui en diversifiant les secteurs investis", préconise-t-il.

Des secteurs investis trop "restreints" et pas assez créateurs d'emplois

Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Invest Network (photo F. Dubessy)
Emmanuel Noutary, délégué général d'Anima Invest Network (photo F. Dubessy)
La BAD regrette ainsi le nombre trop restreint de secteurs concernés par les IDE : l'extraction pétrolière, les services et tourisme et le bâtiment. "Une maigre part de ces investissements profite aux industries primaires non extractives, pourtant à forte intensité de main-d’œuvre et favorables aux populations les plus fragiles, ainsi qu’au secteur manufacturier, dont l’effet d’entraînement au plan économique a un fort potentiel", déplore ainsi l'étude.

Entre 2008 et 2010, les IDE en Égypte et en Libye se concentraient sur les industries d'extraction pétrolière tandis qu'au Maroc, ils s'orientaient vers les services et le tourisme et en Tunisie vers les services publics (électricité, eau, etc.). L'Algérie, elle, recevait surtout des IDE dans le bâtiment et le secteur secondaire, au détriment des secteurs tertiaires et agricoles.

La résilience des IDE dans la région, l'augmentation des montants investis et la diminution du nombre de projets constatés par Anima s'expliqueraient par la présence de gros opérateurs, plus solides face aux crises politiques, et le retrait des Petites et Moyennes Entreprises (PME), plus fragiles. Résultats : les gros opérateurs investissent dans l'infrastructure, l'énergie, le BTP, le tourisme (télécommunications) et les Télécoms. "Ces secteurs sont très importants pour l'économie, mais ne créent que peu d'emplois directs", regrette ainsi Emmanuel Noutary. À titre de comparaison, le tourisme générerait, selon Anima, douze emplois par millions d'euros investis, tandis que le secteur du logiciel en créerait 153.

Une meilleure redistribution et diversification des IDE

Didier Kechemair, Consultant indépendant sur les problématiques énergétiques (photo DK)
Didier Kechemair, Consultant indépendant sur les problématiques énergétiques (photo DK)
Pour la BAD, l'effet des IDE sur le bien-être dépendra "en grande partie" des politiques budgétaire et de redistribution mise en place. Didier Kechemair, consultant indépendant sur les problématiques énergétiques, rejoint ce constat "Ces politiques restent essentielles pour réduire la pauvreté grâce aux IDE. Nous pouvons, finalement, nous en féliciter: au-delà de l’action par l’extérieur et des mécanismes purement financiers, ce sont bien les gouvernements, et donc si nous faisons confiance à la démocratie, les populations qui les portent au pouvoir, qui "ont la main". Pas facile, puisque se pose le problème de la démocratie, mais rassurant …", ajoute-t-il.

Pour Anima, comme pour la BAD, "la politique d'incitation à l'investissement doit se focaliser sur d'autres secteurs plus créateurs d'emplois" et plus productifs. Anima prône par ailleurs le renforcement des partenariats industriels, une mesure favorable à l'investissement des PME. "Il faut également capitaliser sur les réseaux d'expatriés, la diaspora, créatrice de "business" sur le marché méditerranéen", ajoute Emmanuel Noutary.

Pour conclure Didier Kechemair s'interroge sur le "comment faire" des recommandations de l'étude. "La macroéconomie, aussi précise soit-elle ne donnera pas de réponse, au mieux des "corrélations" (...) en parallèle de ce type d’étude, il serait opportun d’avoir aussi des études de cas beaucoup plus ponctuelles. Ce raisonnement "local" (par l'expérience notamment) serait particulièrement bien adapté aux pays d’Afrique et au secteur de l’énergie".

Lire le rapport de la BAD 

À lire aussi : Une croissance inclusive "modérée" en Afrique du Nord

ain_anima_briefing_april_2015_web.pdf Etude d'Anima Investment Network sur les IDE en Afrique du Nord  (1.86 Mo)





Mardi 12 Mai 2015



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