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L'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne à pied d'oeuvre

Opérationnelle en 2014, l'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne demandera un investissement de 700 M€. La Banque européenne d'investissement y participe à hauteur de 350 M€ avec la signature d'un prêt jeudi 6 octobre 2011.


L'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne sera effective en 2014 (photo RED)
L'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne sera effective en 2014 (photo RED)
FRANCE / ESPAGNE. Nouvelle étape pour l'interconnexion électrique entre la France et l'Espagne avec la signature par la Banque européenne d'investissement (BEI), Inelfe (interconnexion électrique France Espagne), RTE (Réseau de transport électrique français) et REE (Red eléctrica de Espana) d'un contrat de prêt de 350 M€.

Ce qui est promis à devenir la première liaison transeuropéenne en courant continu à technologie innovante devrait être opérationnelle pour l'été 2014 avec le raccordement des parcs des centrales électriques de Santa Llogaia (Espagne) et de Baixas (France) selon l'annonce des ministres espagnols et français de l'industrie réunis à Madrid le 23 mai 2011.

Pour l'occasion une société commune et détenue à parts égales entre RTE et REE, les gestionnaires du réseau de transport d'électricité des deux pays, a été créée en octobre 2008. Baptisée Inelfe (interconnexion électrique France Espagne), elle a pour objet la réalisation de cette nouvelle ligne.

Ceci demandera un investissement total de 700 M€ avec une participation de l'Union européenne à hauteur de 225 M€ dans le cadre du programme EEPR (European Energy Program for Recovery). Les travaux de génie civil et le début de la construction de la station de conversion à Baixas devraient commencer à la fin de l'année 2011 pour une mise sous tension de l'interconnexion fin 2013 et donc un service commercial en 2014.

"C'est la première fois en Europe qu'une liaison électrique de cette puissance utilise la technologie innovante VSC (voltage source converter) avec la capacité de convertir très rapidement le courant alternatif en courant continu. L‘atout majeur du courant continu est la possibilité, contrairement au courant alternatif, de réaliser une liaison souterraine de grande longueur" précise la BEI.

Le tracé suivra celui de la LGV Perpignan-Figueras

La station de conversion de Baixas sera contigüe à l'actuel poste électrique RTE (photo Inelfe)
La station de conversion de Baixas sera contigüe à l'actuel poste électrique RTE (photo Inelfe)

"L'objectif premier de cette nouvelle interconnexion est de doubler la capacité d'échange d'électricité entre l’Espagne et le reste de l’Europe, passant ainsi de 1 400 à 2 800 MW. De façon très concrète, elle permettra : d’améliorer la sûreté de fonctionnement du système électrique européen; d’améliorer la sécurité d’approvisionnement des systèmes électriques français et espagnol ; d’améliorer, au niveau local, la qualité de l'approvisionnement en électricité pour les habitants du Roussillon et de l'Ampurdan ; de favoriser l’écoulement et de mieux valoriser la production d’électricité issue des sources d'énergies renouvelables ; de mieux intégrer le marché ibérique au marché électrique européen pour une meilleure compétitivité, avec une répercussion positive sur les prix de l’électricité en Europe ; d'alimenter la partie espagnole de la future Ligne ferroviaire à Grande Vitesse Perpignan-Barcelone ; de stimuler le développement économique et social des communes de chaque côté de la frontière avec des retombées significatives sur les entreprises locales et l’emploi durant la construction de l’interconnexion" annonce le communiqué publié par le BEI le 6 octobre 2011.

Lors de leur rencontre à Perpignan en mai 2011, les ministres de l'industrie Miguel Sebastian et Eric Besson ont convenu de porter l'interconnexion électrique franco-espagnole à au moins 4 000 mégawatts "dans les plus brefs délais et en tout état de cause avant 2020."


Voir le tracé de l'interconnexion



Frédéric Dubessy


Jeudi 6 Octobre 2011



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