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« L’intégration financière dans les pays MENA atténuerait leur vulnérabilité aux chocs internationaux »



Professeur d'économie et directeur de l'Institut d'économie financière de l'Université américaine de Beyrouth, au Liban, Simon Neaime préconise l’intégration financière au sein des pays du Sud de la Méditerranée. En sa qualité de coordonateur de l’étude FEMISE intitulée « Intégration financière et vulnérabilité aux chocs : implications du coût en capital dans les pays MENA », Simon Neaime en livre les principaux enseignements.



« L’intégration financière dans les pays MENA atténuerait leur vulnérabilité aux chocs internationaux »
Vous encouragez l’intégration financière au sein des pays du Sud de la Méditerranée. Quelle est la situation actuelle et quels seraient les bénéfices pour les entreprises cotées ?

Simon Neaime : Actuellement, les places boursières d’Égypte et de Jordanie font preuve d’ouverture. Nous ne pouvons en dire autant du Maroc et de la Tunisie.

Une meilleure intégration financière dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA) contribuerait à réduire la vulnérabilité de ces marchés aux chocs internationaux tout en offrant des avantages considérables aux investisseurs de la région en rendant le capital plus mobile et en réduisant les coûts d’emprunt.

Elle permettrait de réduire l’exposition aux flux de capitaux spéculatifs de court terme et contribuerait à relever le taux de croissance de ces pays. Les investisseurs de la région MENA auraient accès à une variété de taux de rendement ajustés aux risques tout en améliorant la diversification de leur portefeuille.

Lever les restrictions sur la propriété

« L’intégration financière dans les pays MENA atténuerait leur vulnérabilité aux chocs internationaux »
Le risque n’est-il pas justement une plus grande vulnérabilité en cas de crise financière internationale ?

S. N : C’est vrai en cas de crise seulement, mais les bénéfices sur le long terme sont bien plus importants. Dans l’étude FEM34-10, nous démontrons que si l’intégration financière présente des avantages sur le long terme, elle s’accompagne de coûts de déstabilisation en période de crise internationale. Celle-ci ne se cantonne pas à l’échelle macroéconomique, mais affecte également le coût de capital microéconomique. Cela peut expliquer en partie la baisse observée des investissements dans la région à la suite de la crise mondiale.

Quelles sont les filières qui attirent davantage les capitaux étrangers ?

S. N : De nouveaux plans de privatisation au Maroc et en Tunisie permettraient d’attirer les investisseurs. Il faut revitaliser les marchés boursiers afin d’encourager la participation internationale au sein d’entreprises cotées. Nous suggérons de lever les restrictions sur la propriété ainsi que les obstacles aux flux commerciaux et de capitaux.

Dans ces pays où le secteur informel joue un rôle non négligeable dans l’économie comment parvenir à mettre en place des règles comptables claires et transparentes ?

S. N : L’étude Femise préconise l’élaboration de règles comptables claires, transparentes et plus strictes (des normes comptables, des exigences d'audit). Des études précédentes ont montré que les informations imparfaites aboutissent à un commerce mimétique. Ceci induit des augmentations significatives de la corrélation entre les indices de marchés nationaux et internationaux en période de crise, conduisant finalement à une augmentation du coût des fonds propres.

English version

Article réalisé en partenariat avec le Femise


Jeudi 28 Février 2013




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Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil.