Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

L'industrie automobile toujours en rodage en Algérie


Secteur en pleine mutation avec l'obligation pour les concessionnaires de s'industrialiser, l'automobile algérienne doit répondre à de nombreux défis, dont ceux des quotas d'importation et de la logistique.



Renault vend 30% des véhicules neufs en Algérie (photo F.Dubessy)
Renault vend 30% des véhicules neufs en Algérie (photo F.Dubessy)
ALGÉRIE. Fin novembre 2016, Volkswagen et son distributeur algérien Sovac signaient un accord pour la construction d'une usine à Rélizane. Ivan (concessionnaire Iveco) avait déjà paraphé un tel accord et prévoit de produire son premier fourgon Iveco en 2017.

Renault, avec un tour d'avance, sort déjà, depuis fin 2014, sa Symbol de son unité de production d'Oued Tlelat près d'Oran. Le constructeur français est associé à 49% dans un co-entreprise - la RAP pour Renault Algérie Production - avec la Société Nationale de véhicules industriels (SNVI 34% ) et le Fonds national d'investissement (FNI 17%).

Hyundai Motor Algérie, filiale du groupe Cevital, lui a emboité le pas avec deux usines à Batna. La première, opérationnelle, est spécialisée dans les fourgons. La seconde, qui ne fabriquera que des véhicules pour les particuliers, produira sa première voiture fin 2017.
L'Iranien Khodro (en partenariat avec l'algérien Famoval) vient tout juste d'accueillir, fin novembre 2016, sa première cargaison d'équipements pour la construction de sa ligne de production qui débutera en 2017.

Au delà de ces constructeurs déjà dans les starting-blocks, d'autres concessionnaires algériens entendent suivre le mouvement pour ne pas freiner leur développement. C'est notamment la cas du Chinois Faw, de Nissan (groupe Hasnaoui), de Toyota et de Peugeot. Le projet du constructeur français semble pour l'instant bloqué par le gouvernement. Pourtant, lors de la visite du premier ministre français Manuel Valls à Alger (9 et 10 avril 2016), Peugeot espérait pousser son dossier d'usine à Oran. Une signature était même prévue mais annulée au dernier moment. "Pour des raisons politiques" nous confie un des responsables de la marque ne souhaitant pas pousser plus loin ses déclarations.

Des quotas d'importation très stricts

Peugeot peine à faire avancer son dossier d'usine (photo F.Dubessy)
Peugeot peine à faire avancer son dossier d'usine (photo F.Dubessy)
L'attractivité du marché algérien, pourtant en forte contraction, pour les constructeurs automobiles ne relève cependant pas du hasard. Mais plutôt de la loi de Finance de janvier 2014, obligeant les concessionnaires implantés en Algérie à réaliser un investissement industriel dans les trois ans, sous peine de retrait de leur agrément. Trois ans, et nous voilà en janvier 2017 !
Les concessionnaires n'ont plus le choix et doivent se plier à cette nouvelle réglementation sous peine de ne plus pouvoir vendre en Algérie.

Mercedes a été le premier à mettre en oeuvre cette forte incitation gouvernementale avec la Société algérienne pour la fabrication des véhicules Mercedes Benz (SAFAVC-MB). La marque disposait déjà d'une activité avec l'armée pour les 4X4 et va désormais se lancer dans ses premiers véhicules utilitaires 4X4.

Inclus dans la Loi de Finance complémentaire de 2015 pour réduire le déficit commercial de l'Algérie (13,7 mrds$ en 2015 contre un excédent de 4,3 mrds$ en 2014), un système de quotas à l'importation a conduit à une chute du marché automobile. Prévues en janvier 2016, ces fameuses licences d'importation n'ont finalement été délivrées qu'en mai 2016 à quarante concessionnaires sur les quatre-vingt prétendants, bloquant toute arrivée de véhicule de l'étranger.

Fort attendues, les stocks s'amenuisant, elles s'accompagnent d'une mauvaise nouvelle pour leurs détenteurs : le quota d'importation passe finalement de 152 000 à 83 000 unités pour 2016 pour "éviter les stocks de véhicules" selon le ministère du Commerce. Ce quota s'associe à des contingents marque par marque qui soulèvent des critiques. Alors que Renault, numéro un du marché bénéficie d'une autorisation pour 15 000 voitures et Volkswagen de 11 000, Toyota ne pourra en importer que 8 500, Peugeot 7 000, Hyundai seulement 3 140 et Nissan... 830.

200 000 véhicules vendus en 2016

Le parc automobile algérien est évalué à 5,5 millions de véhicules (photo F.Dubessy)
Le parc automobile algérien est évalué à 5,5 millions de véhicules (photo F.Dubessy)
83 000 véhicules ! Pour mieux comprendre le bouleversement que cela induit dans le marché automobile algérien, il suffit de rapprocher ce chiffre de celui des véhicules importés avant ces quotas : 265 523 en 2015 et 417 913 en 2014.
Qui plus est, la facture d'importation de véhicules ne doit pas dépasser le milliard de dollars cette année. Contre 3,14 mrds$ en 2015 et 5,7 mrds$ en 2014.

Le parc automobile algérien comprend 5,5 millions de voitures. 200 000 véhicules neufs vont être vendus en 2016 dont 45 000 assemblées localement. A partir de 2017 avec l'entrée en production de plusieurs usines, tout va changer.

Renault qui produisait 25 000 véhicules en Algérie en 2015 va atteindre les 45 000 en 2016 et en projette 55 000 sur 2017. La marque française détient aujourd'hui plus du tiers des parts de marché dans ce pays.
Volkswagen prévoit 100 000 unités sur sa première année de production en 2017. Iveco, 6 000. L'Iranien Khodro annonce une capacité de 8 000 véhicules par an.

Dès 2017 donc, la majorité des véhicules vendus en Algérie devrait porter le label "Made in Algeria". Et la tendance devrait se confirmer sur 2018 avec l'arrivée probable d'autres usines.

La logistique automobile au point mort

Pour Tewfiq Rahmouni, Pdg de Rail-Logistic, l'Algérie doit adapter sa logistique au marché de l'automobile (photo F.Dubessy)
Pour Tewfiq Rahmouni, Pdg de Rail-Logistic, l'Algérie doit adapter sa logistique au marché de l'automobile (photo F.Dubessy)
Pour Tewfiq Rahmouni, Pdg de Rail-Logistic, l'Algérie doit adapter sa logistique au marché de l'automobile (photo F.Dubessy)
Pour Tewfiq Rahmouni, Pdg de Rail-Logistic, l'Algérie doit adapter sa logistique au marché de l'automobile (photo F.Dubessy)
"La supply chain de l'automobile est la plus vulnérable au monde avec les pièces détachées, la production, la distribution de véhicules. Elle ne peut pas se trouver en rupture", souligne Pierre Iberrakene, responsable grands comptes nationaux chez Malherbe. Le Français s'étonnait au Sittem, Symposium international sur la translogistique, le transit et l'entreposage des marchandises (Alger les 26 et 27 novembre 2016), de l'inexistence de magasins avancés fournisseurs. Ces MAF qui s'implantent près des usines et permettent de réagir en flux tendu.

Car se lancer dans l'industrie automobile demande au pays de disposer d'une vraie logistique. Et c'est loin d'être le cas, tout secteurs confondus comme l'a démontré en novembre 2016 le Sittem.

Une logistique rendue d'autant plus difficile qu'"il est interdit de débarquer des véhicules sur le port d'Alger. Ils ne peuvent donc que passer par ceux de Djen Djen et Mossalem", rappellait Tewfiq Rahmouni, Pdg de Rail-Logistic, lors de ce symposium. D'où l'obligation de prévoir des espaces de stockage. "A la demande de Hyundai, nous avons organisé pour la première fois des trains de voitures neuves. Un transport très particulier. Car, si les principes logistiques demeurent les mêmes que pour un frigidaire, l'automobile demande un soin spécifique", souligne Tewfiq Rahmouni.  "Nous connaissons aujourd'hui un problème de compétences pour bien traiter l'automobile. Mais, il faut nous adapter au risque de perdre ce marché", reconnaît-il.

Même s'il n'existe qu'encore peu de visibilité sur le marché de logistique, du fait d'un marché en chute depuis ces dernières années, "le marché national est en train de s'implanter et il faudra l'intégrer dans ce schéma", affirme le PDG de Rail-Logistic.


Frédéric Dubessy, à ALGER


Lundi 5 Décembre 2016



Lu 1313 fois

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.


















RÉflexions

Réflexion

La consolidation du marché immobilier espagnol se confirme


avis d'expert

Par Leonardo Cárdena Armesto, associé, responsable département Real Estate AGM Abogados-Barcelone .


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA












Suivez econostrum.info en direct sur Facebook









Les articles écrits en anglais

  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
BEI     Femise
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee    APIM
Région PACA          EDF