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L'esplanade des Mosquées à Jérusalem au coeur d'une polémique entre l'Unesco et Israël


Le gouvernement israélien a décidé de rompre toute relation avec l'Unesco après le vote par l'institution d'une résolution indiquant qu'Israël n'avait aucun droit sur l'esplanade des Mosquées, que les Israéliens appellent Mont du Temple.



Le Dôme du rocher sur l'esplanade des Mosquées et le mur des Lamentations en contre-bas : une confrontation permanente entre deux religions (photo F.Dubessy)
Le Dôme du rocher sur l'esplanade des Mosquées et le mur des Lamentations en contre-bas : une confrontation permanente entre deux religions (photo F.Dubessy)
ISRAËL. "Dire qu'Israël n'a pas de connexion avec le Mont du Temple et le mur occidental est comme de dire que la Chine n'a pas de liens avec la Grande Muraille ou que l'Egypte n'a pas de liens avec les pyramides." Benjamin Netanyahou fustige l'Unesco (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) qui vient d'adopter, jeudi 14 octobre 2016 lors de sa 200e session, une résolution sur la Palestine occupée.

Cette déclaration soumise par plusieurs pays arabes (Égypte, Algérie, Maroc, Liban, Oman, Qatar, Soudan et Palestine) ne reconnait pas de droit sur l'esplanade des Mosquées (Al-Haram Al-Sharif - Le noble sanctuaire en arabe) à Israël qui la désigne comme Mont du Temple.

La résolution a recueilli les suffrages de vingt-quatre pays. Six ont voté contre (États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Lituanie et Estonie) et vingt-six se sont abstenus dont la France. L'Unesco avait déjà fait passer un texte similaire en avril 2016 - l'organisation traite régulièrement de la situation de la Palestine occupée - avec la majorité absolue. La France avait d'ailleurs voté pour, s'attirant les foudres israéliennes. Là, il n'est adopté qu'à la majorité relative. Une mince consolation relevée tout de même par Israël.

L'Unesco veut redonner ses droits aux Jordaniens

Le Conseil exécutif de l'Unesco qualifie dans ses documents Israël de Puissance occupante (avec un P majuscule) et lui demande de "permettre le rétablissement du statu quo historique qui prévalait jusqu'en septembre 2000." En clair, l'Unesco veut que le Département jordanien du Waqf (institution religieuse) exerce à nouveau une autorité exclusive sur la mosquée Al-Aqsa. A l'époque, cette mosquée présente sur l'esplanade des Mosquées était "dotée d'un mandat étendu à toutes les affaires en rapport avec la libre administration de la mosquée, y compris la maintenance, la restauration et la réglementation de l'accès au site". Or, l'Unesco constate et condamne "l'escalade des agressions israéliennes et les mesures illégales prises à l'encontre du Département du Waqf et de son personnel et limitant la liberté de culte et l'accès des musulmans au site sacré de la mosquée".

L'esplanade des mosquées est le troisième lieu saint de l'Islam pour les Sunnites (après la Mecque et Médine). La seule mention dans la résolution de lieu sacré des musulmans, omettant de préciser qu'il s'agit aussi d'un lieu sacré pour les Juifs, attise la colère israélienne. Ici trônait le Temple de Jérusalem bâti par Salomon et détruit en 70 par Titus dont ne demeure que le mur occidental (mur des Lamentations). Un expert israélien en archéologie, Meir Ben-Dov certifie que le mur des Lamentations n'a aucune signification sacrée dans la religion juive. Selon lui, il n'existe aucun lien entre ce mur et l'ancien temple juif.

Israël a pris le contrôle de l'esplanade des Mosquées après le retrait des Jordaniens en 1967. Les Juifs peuvent s'y rendre mais ont l'interdiction d'y prier. La mosquée Al-Aqsa qui domine l'esplanade a été construite sur le site de deux temples juifs bibliques.

Ville sainte pour les trois religions monothéistes

Irina Bokova réaffirme le caractère sacré de l'esplanade des Mosquées pour les trois religions monothéistes (photo Unesco)
Irina Bokova réaffirme le caractère sacré de l'esplanade des Mosquées pour les trois religions monothéistes (photo Unesco)
 "Aucune organisation dans le monde ne peut dire qu'il n'existe aucun lien entre le peuple Juif et la terre d'Israël et Jérusalem. Une organisation qui agit ainsi ne fait que s'humilier" déclare le premier ministre israélien Netanyahou. Israël a donc décidé, vendredi 14 octobre 2016, de rompre toutes relations avec l'Unesco. Naftali Bennett, ministre israélien de l'Education va même jusqu'à accuser l'Unesco de "soutien immédiat au terrorisme islamiste".

Face à cette polémique, Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, a réitéré, vendredi 14 octobre 2016, dans un communiqué que "le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l'une ou l'autre des traditions juives, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l'intégrité du site." Comme dans la résolution votée, elle réaffirme, en levant toute ambiguïté, que Jérusalem est "une ville sainte pour les trois religions monothéistes que sont le Judaïsme, l'Islam et la Chrétienté."

La vieille ville de Jérusalem et ses remparts sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981 et sur la Liste du patrimoine en péril depuis 1982. L'Unesco reproche également à Israël de ne pas appliquer ses décisions concernant ce lieu ainsi que de s'opposer à la nomination d'un représentant permanent affecté à Jérusalem-Est. Mais aussi de refuser d'accorder des visas aux experts de l'Unesco chargés du projet de l'organisation au Centre pour la restauration des manuscrits islamiques de la mosquée Al-Aqsa.

L'institution "déplore vivement le fait qu'Israël, la Puissance occupante, n'ai pas cessé les fouilles et travaux menés constamment dans Jérusalem-Est, en particulier à l'intérieur et aux alentours de la Vieille Ville, et demande de nouveau à Israël, la Puissance occupante, d'interdire tous ces travaux."


Voir les documents sur la cession concernant la Palestine occupée




Vendredi 14 Octobre 2016



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