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L’efficacité, fer de lance des économies d’énergie

Spécial 13e conférence FEMIP




Tout autour de la Méditerranée, les États s’organisent pour améliorer leur rendement énergétique. L’efficacité est considérée comme la clé de la réduction de la consommation, notamment dans les foyers. Le secteur du bâtiment devient à ce titre le centre de toutes les attentions. Avec une population qui croît rapidement dans les pays du Sud, des mesures incitent les entrepreneurs à améliorer l’efficacité énergétique de leurs constructions et sensibilisent les familles à consommer responsables.



 MÉDITERRANÉE   Après avoir longtemps placé le développement des énergies vertes comme la priorité en Méditerranée, la donne change. Si le sujet demeure d’actualité, il s’efface derrière un enjeu plus porteur en termes d’économie d’énergie, celui de l’efficacité énergétique.

Avec 45 % d’augmentation de la population prévue d’ici 2030, la demande en énergie pourrait croître de 40 %. 42 millions de constructions nouvelles verraient alors le jour, principalement dans les villes. Ainsi, la croissance de 5 à 7 % par an de la demande en électricité d’ici 2030 se concentrerait sur le secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire, pour en faire le premier secteur consommateur d’énergie des pays de la rive sud de la Méditerranée (PRSM).

Des chiffres dont les États prennent conscience :
Christelle Bedes, Chargée de mission région Méditerranée, ADEME

Le signe le plus visible de l’évolution des mentalités se trouve dans l’intitulé des agences nationales en charge des questions énergétiques,

observe Christelle Bedes, chargée de mission Méditerranée à la direction de l’action internationale de l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Les agences de promotion des énergies renouvelables sont devenues des agences de maîtrise énergétique.Avant de bâtir des infrastructures, chaque État doit connaître les besoins réels de sa population pour préparer au mieux l’avenir


Agir sur les entreprises

Les États misent sur les professionnels du bâtiment pour améliorer leur rendement énergétique. (photo : C. Garcia))
Les États misent sur les professionnels du bâtiment pour améliorer leur rendement énergétique. (photo : C. Garcia))
Dans ce contexte, le secteur du bâtiment se trouve au cœur des politiques publiques. La Méditerranée est d’ailleurs à l’image du monde dans ce domaine : le dernier rapport du Conseil mondial de l’énergie, publié le 8 octobre 2013, soutient que « les bâtiments résidentiels et non résidentiels représentent le secteur d’utilisation finale le plus important et constituent un objectif clé en termes d’efficacité énergétique ». Le partage d’expériences, la formation des professionnels, la définition de normes règlementaires ou la qualification des entreprises sont les principaux outils d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Et le réseau Medener, créé en 1997, se charge de promouvoir ces pratiques tout autour de la Méditerranée. Cette association réunit cinq agences européennes (Grèce, Italie, France, Espagne et Portugal) et sept du sud et de l’est de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Jordanie, Liban, Autorité palestinienne, Syrie*). Medener développe depuis 2012 une base de données d’indicateurs d’efficacité énergétique dans les pays du sud, afin de pouvoir mesurer les effets des politiques publiques mises en place. D’abord concentrée sur quatre pays (Algérie, Liban, Maroc et Tunisie), elle sera élargie dès 2014 à la Jordanie, l’Égypte et la Turquie, les trois nouveaux adhérents au réseau.

Des contextes énergétiques variables

 « Ces données nous permettent de mieux comprendre les tendances et donc de cibler plus précisément les actions à mettre en place, explique Christelle Bedes. Au sud, c’est l’argument de l’amélioration du confort qui est mis en avant alors qu’au nord, on cherche surtout à alléger la facture des foyers ». A cela s’ajoute la situation énergétique de chaque pays et ses priorités. « Les préoccupations des Tunisiens, précurseurs sur la question de l’efficacité énergétique, ou des Marocains qui importent l’essentiel de leur énergie, ne sont pas comparables à celle des Algériens ou des Égyptiens pour qui les enjeux sont moindres », note Christelle Bedes.
Pierre el-Khoury, directeur du Lebanese Center for Energy Conservation

De la même façon, Pierre el-Khoury, le directeur du Lebanese Center for Energy Conservation, pointe que malgré l’existence d’une

réelle culture d’efficience énergétique au Liban, la modification du code de la construction ne compte pas dans les priorités du moment.


Il faut également soulever la question des subventions que les États appliquent sur le prix de l’énergie. Mais pour autant, les mesures d’efficacité énergétique ne sont pas forcément plus complexes à mettre en œuvre au sud qu’elles ne le sont au nord de la Méditerranée. « En Europe, nous devons composer avec un ensemble de règlementations qui existent déjà pour l’éclairage des logements ou pour mieux adapter les logements aux personnes handicapées par exemple. Au sud, les agences ont plus de latitude » assure la représentante de l'Ademe.

Les pratiques de consommation d’énergie varient selon les pays

Le bilan de la première phase de mesure mis en œuvre par le réseau Medener révèle que la consommation moyenne d’énergie des ménages progresse rapidement au Liban, en Algérie et au Maroc (environ 3 % par an), mais baisse en revanche au Portugal, en Tunisie ainsi qu’en Grèce. Au Maroc, toujours selon l’analyse produite par Medener, l’augmentation du taux d’électrification de 68 à 95 % de 2000 à 2010 explique les deux tiers de la hausse de la consommation d’électricité par ménage (contre un peu moins de 20 % en Tunisie et Algérie où ce taux est passé de 95 à presque 100 %).

La consommation d’électricité par ménage électrifié progresse rapidement dans les pays du sud et au Portugal (plus de 2 % par an), du fait de l’amélioration du taux d’équipement (réfrigérateurs, TV, TIC, climatisation, chauffe-eau). En revanche, cette hausse est faible en Espagne et Grèce où la crise a lourdement affecté les ménages.

La France (environ 6 000 kWh consommé chaque année par les ménages électrifiés) et le Liban (environ 5 700 kWh ) ont le niveau de consommation le plus élevé en Méditerranée, du fait de l’utilisation du chauffage en France et de la climatisation au Liban. Les ménages tunisiens et marocains consomment, eux, autour de 1 000 kWh, quand l’Algérie atteint 2 000 kWh et les autres États européens autour de 3000 kWh. En Tunisie, Algérie, Maroc et Italie, les équipements électroménagers et l’éclairage ont un poids dominant dans la consommation d’électricité des ménages (80 à 90 %). La consommation d’électricité pour les usages thermiques est surtout significative en France et au Portugal, où elle dépasse 50 %.


*Les coopérations avec la Syrie ont été interrompues.





Lundi 2 Décembre 2013



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