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L’efficacité énergétique s’élabore au Sud


Dix pays du Sud et Est méditerranéens construisent des outils de décisions en matière énergétique. Ce patient travail d’harmonisation donne lieu à un partenariat entre le Plan Bleu pour la Méditerranée et un organisme lié à la Ligue Arabe, le RCREEE. Il aboutira en 2012.


Le recours aux énergies renouvelable, parfois massif, pourrait améliorer le niveau d'efficacité énergétique
Le recours aux énergies renouvelable, parfois massif, pourrait améliorer le niveau d'efficacité énergétique
« Il faut pouvoir mesurer l’efficacité des politiques publiques. En matière d’efficacité énergétique, cela passe par des données fiables et de bons indicateurs ». Le travail que prépare Ferdinand Costes au Plan Bleu pour la Méditerranée doit permettre à une équipe internationale de mettre au point en 2012 les bons critères économiques et statistiques qui aideront les décideurs du Sud et de l’Est méditerranéen à prendre des décisions en matière énergétique, puis d’en apprécier impacts et résultats.
 
L’Union européenne dispose d’indicateurs mais les pays du Sud et Est Méditerranéens en ont rarement mis au point, à l’exception de la Tunisie.
 
Depuis 2009 le Plan Bleu, émanation du PNUE (ONU), a lancé ce chantier avec son partenaire, le Regional Center for Renewable Energy and Energy Efficiency (RCREEE, Le Caire) qui lui est lié à  la Ligue Arabe.

Energie subventionnée et stratégies embryonnaires

Au cours d’une réunion de cadrage – la troisième — tenue à Sophia Antipolis les 6-7 octobre 2011, les experts de dix pays de la région concernée (Algérie, Maroc, Égypte, Liban, Jordanie, Libye, Palestine, Syrie, Tunisie et Yémen) se sont entendus sur une série d’indicateurs portant sur la dépendance énergétique, la consommation en énergie primaire et les intensités énergétiques.
 
Cette dernière notion permet de mesurer la part de la consommation d’énergie sur le Produit intérieur brut d’un pays. Elle reflèterait « la réalité des performances énergétiques de l’activité économique » selon un rapport du RCREEE.
 
Bien souvent l’énergie est subventionnée au Sud, surtout quand le pays concerné est producteur d’hydrocarbures. Difficile dans ces conditions de mesurer si « les pratiques d’efficacité énergétique sont en mesure de contribuer à relever les défis de l’avenir » que sont la résistance à une hausse des coûts énergétiques, la nécessité d’abaisser les niveaux de pollutions, ou d’émission de gaz à effets de serre, précise le même rapport.

Prudentes politiques en faveur des énergies renouvelables

La subvention à l'énergie tend à masquer son coût réel et ne favorise pas l'efficacité énergétique
La subvention à l'énergie tend à masquer son coût réel et ne favorise pas l'efficacité énergétique
L’absence de critères fiables et comparables entre ces pays ne les aide pas à mettre au point une stratégie d’efficience énergétique. Or, derrière l’efficacité énergétique se profile l’efficacité économique tout court.
 
L’entente des experts internationaux sur des indicateurs d’efficacité énergétique pourrait générer des systèmes d’informations statistiques. Ceux-ci seraient alors une aide à la décision pour les pays concernés.
 
La crédibilité des experts en la matière dépend bien sûr de la qualité des informations recueillies. D'où la mise en place d'un programme de formation des acteurs des politiques publiques à la collecte de données. À mi 2012, ces travaux préparatoires prendront fin, et pourra alors commencer un travail d’intégration de ces indicateurs dans les nouvelles politiques énergétiques des pays concernés.


Michel Neumuller


Mercredi 7 Décembre 2011



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