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L’économie tunisienne intéresse toujours les entreprises européennes


En Tunisie comme dans les autres pays méditerranéens, la part des investissements européens diminue au profit des pays du Golfe ou des BRIC, mais les réseaux s’activent pour redonner confiance en l’économie tunisienne.



Stéphanie Rondard, venue présenter le pôle transmedia Méditerranée (Primi) en Tunisie. (photo : CG)
Stéphanie Rondard, venue présenter le pôle transmedia Méditerranée (Primi) en Tunisie. (photo : CG)

TUNISIE. Donner les clés d'un développement économique durable entre les entreprises européennes et tunisiennes, c'était l'objectif d'un séminaire organisé à Tunis, du 26 au 29 novembre 2013 réunissant 150 entrepreneurs et responsables de clusters du nord et du sud de la Méditerranée. « Le leadership européen en termes d'investissements en Méditerranée est contesté par les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et les pays du Golfe, observe Emmanuel Noutary, secrétaire général du réseau de développement économique Anima. Ce type d'initiatives est important pour relancer les partenariats Europe-Méditerranée, alors que dans le même temps, les relations économiques avec les pays du voisinage de l'est de l'Europe font l'objet d'un forum à Vilnius. »

 

Finances Conseil Méditerranée (FCM) accompagnait à cette occasion une petite délégation de professionnels français venus visiter le technoparc Elgazala et participer à une journée d'échanges consacrés aux opportunités d'affaires entre les deux pays, mais aussi aux règles juridiques et fiscales qui encadrent les investissements étrangers en Tunisie. « La moitié des entreprises qui se lancent à l'export en Méditerranée renoncent à y retourner une seconde fois, face aux difficultés administratives ou relationnelles qu'elles rencontrent, avance Christian Apothéloz, le délégué général de FCM. C'est pourquoi notre réseau leur propose de s'appuyer sur des conseils dans chaque pays, afin de faciliter leurs opérations et de sécuriser leurs relations avec leurs partenaires ». Un service valable aussi dans l'autre sens, les entrepreneurs méditerranéens pouvant s'appuyer sur les membres français du réseau pour conquérir l'Hexagone.


48 % des entreprises européennes en Tunisie sont françaises

« Plus de 90 % des entreprises étrangères en Tunisie sont européennes, compte Michaela Dodini, chef de la section commerciale de la délégation de l’Union européenne à Tunis. En 2012, le pays a reçu 210 M€ de la part de Bruxelles, malgré la crise. Nos entreprises ont retrouvé dans le même temps leur niveau de présence d'avant la révolution. L'accord de libre-échange complet et approfondi signé entre la Tunisie et l'UE devrait permettre d'aller encore plus loin. »

 

Les chiffres montrent qu’en 2012, les entreprises européennes présentes dans le pays sont originaires de quatre États : France (48 %), Italie (28 %), Allemagne (9 %), Belgique (8 %). Selon Fipa-Tunisia, l’agence de promotion de l’investissement extérieur, elles représentent 93 % des entreprises européennes dans le pays, hors secteur énergétique. « 2012 est une année de croissance pour la Tunisie qui a enregistré 25 % d'investissements directs étrangers (IDE) supplémentaires, indique Manal Tabet, d'Anima. 60 % des projets annoncés dans le pays proviennent d'investisseurs européens. Le tiers d'entre eux sont des PME, opérant dans tous les secteurs économiques, avec une prééminence des services aux entreprises, du tourisme et de l'automobile ». Et cette tendance amorcée en 2012 se confirme en 2013, selon les premiers chiffres recueillis par Anima.


De la sous-traitance vers la co-traitance

Que cherchent les entreprises qui s'implantent en Tunisie ? « Le niveau de vie du pays et la qualification de sa main-d'œuvre obligent la Tunisie à viser des activités à haute valeur ajoutée », observe Emmanuel Noutary. « La Tunisie a revu ses axes de développement, concurrencés par des pays où la main d'œuvre est moins chère pour les activités à faible valeur ajoutée, confirme Slahedine Ladjimi, le PDG de la banque internationale arabe de Tunisie (Biat). Les entreprises sous-traitantes deviennent progressivement cotraitantes ».

 

Pour Slahedine Ladjimi, les conditions d’investissement proposées par la Tunisie aux entreprises étrangères sont intéressantes (possibilité d’investir sans partenaire local, liberté de transfert de devise vers le pays d’origine, cadre juridique et fiscal convenable, etc.). Khaled Zribi, le président du cercle des jeunes dirigeants (CJD) tunisiens, considère que c’est vers la Bourse qu’il faut se tourner : « La faiblesse de la Bourse tunisienne est liée à son offre, mais le marché se trouve techniquement mature pour accueillir les capitalisations des entreprises de télécom par exemple. La Tunisie pourrait profiter de la même dynamique insufflée par la capitalisation de Maroc Télécom à la Bourse de Casablanca, si un opérateur de la même envergure se manifestait ! ». Mais avec douze introductions prévues en 2013 pour une capitalisation d’1 mrd€, c’est plutôt sur l’économie réelle, et ses 90 % d’entreprises familiales, qu’il faudra compter.



Caroline Garcia, à TUNIS


Mardi 3 Décembre 2013



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