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L’économie espagnole s’efforce de tenir bon


Alors que de grands économistes pointent les insuffisances de l'économie espagnole actuelle, entraînant une perte de confiance des marchés, le gouvernement Zapatero tente de redresser la barre en affichant sa bonne volonté.



José Manuel Campa a essayé de convaincre les investisseurs à Londres (photo Archives)
José Manuel Campa a essayé de convaincre les investisseurs à Londres (photo Archives)
ESPAGNE. La perte de confiance en l’économie espagnole est en partie responsable de la chute des grands indices boursiers européens lors de la première semaine de février 2010. A l’avertissement du prix Nobel d’économie Paul Krugman sur l’économie ibérique qualifiée de « point noir de la zone euro » a en effet succédé, cette même semaine, la déclaration du Commissaire européen aux affaires économiques, Joaquín Almunia, qui mettait en parallèle les économies grecque et espagnole. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », a-t-il expliqué en faisant allusions à ces pays. En ligne de mire, le déficit public et le chômage élevés.

Le désaveu des marchés et des observateurs est tel qu’il a conduit le gouvernement espagnol à réagir vivement. D'autant que des rumeurs de presse tablent sur une baisse des notes de Moody's et Fitch au sujet de la perspective de la dette de la péninsule, à l'instar de Standard and Poor's en décembre 2009.

Le ministre de l’économie, Elena Salgado, et son secrétaire d’Etat, José Manuel Campa ont ainsi effectué un voyage, ce 8 février 2010, à Londres, afin d’expliquer aux investisseurs institutionnels, aux analystes et aux journalistes financiers que l’économie espagnole était loin « d’être comparable à l’économie grecque, italienne ou portugaise », selon les termes du secrétaire d’Etat.

L'Espagne accusée à tort de ressembler à la Grèce

Comparaison n'est pas raison. Avec une dette publique qui équivaudra à 55% de son PIB en 2010 et qui devrait atteindre 72% en 2011, l’Espagne est bien loin de la Grèce, dont la dette dépasse d’ores et déjà 100% du PIB ou du Portugal, dont la dette sera de 91% du PIB en 2011. Un argument mis en avant par les ministres: « la dette publique espagnole va rester environ 20 points en dessous de la moyenne européenne », a assuré José Manuel Campa.

En parallèle, « l’Espagne s’est donné comme objectif de faire baisser son déficit à 3% à horizon 2013», contre près de 11,5% en 2009, pas loin de celui de la Grèce, et après 4,8% en 2008, a rappelé José Manuel Campa le 8 janvier 2010.

En faisant référence au plan d'austérité de 50 md€ présenté par Zapatero fin janvier 2010, le secrétaire d'Etat a expliqué qu'il fallait, pour relancer la machine, miser sur « des économies touchant les dépenses des administrations publiques, les investissements de l'Etat et une stratégie de consolidation fiscale ».

Dès 2010, 10% des postes de fonctionnaires ne seront pas renouvelés et certaines dépenses du budget 2010  ne seront pas réalisées, et ce à hauteur de 0,5% du PIB. Entre 2011 et 2013, les dépenses de personnel, de fonctionnement et d'investissement seront très largement réduites, à hauteur de 2,6% du PIB, et selon les modalités exposées dans une loi qui devrait être votée le 1er mai 2010.

« En nous appuyant sur une économie durable, une restructuration de notre système bancaire et une réforme de notre système social et de retraite, nous sortirons de la crise », a souligné le secrétaire d'Etat.

Le problème du chômage devrait persister

L’avenir de l’Espagne n’est pas tout rose. Côté chômage, les analystes prévoient une progression continue en 2010. « L’ajustement à l’oeuvre sur le marché du travail devrait se poursuivre dans les prochains mois, notamment dans le secteur de la construction, explique Philippe Sabuco, économiste spécialiste de l’Espagne chez BNP Paribas. En moyenne, le taux de chômage est attendu autour de 20% en 2010, après 18% en 2009 ». Or, selon cet économiste, en 2010, l’augmentation du nombre de chômeurs devrait peser sur les finances publiques, sur les allocations chômage notamment.

De plus, selon Philippe Sabuco, même le plan d'austérité n'y ferait rien: « ces mesures pourraient déprimer davantage encore la demande intérieure ; ce qui pourrait se traduire par une sortie de crise plus tardive et des recettes fiscales moins importantes que prévues ».

Un avis que ne partage pas le gouvernement de Zapatero: pour ce dernier, 2010 ne devrait pas être une mauvaise année pour l'économie nationale. « Nous prévoyons une légère croissance cette année: à mesure que la demande extérieure diminuera, la demande intérieure devrait augmenter et tirer vers le haut notre économie », a prédit le secrétaire d'Etat José Manuel Campa.

Lire aussi : Les pays de l'Europe du Sud font flancher l'Euro
                      Vers une retraite à 67 ans en Espagne ?
                      L'UE à la rescousse de la Grèce


Anna Casal, à BARCELONE


Jeudi 11 Février 2010



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