L’économie chypriote arrive à un tournantMalgré la reprise, l’économie chypriote reste trop dépendante du secteur financier et de ses liens avec la Grèce pour rassurer. Les observateurs internationaux considèrent que les autorités doivent faire preuve de rigueur, notamment en ce qui concerne les dépenses de l’Etat.
CHYPRE / EUROPE. Accueillie à bras ouverts par l’Union européenne en 2004, Chypre compte parmi les bons élèves de la zone euro qu’elle a intégré en 2008, avec un niveau de vie élevé, des infrastructures développées et une économie moderne, qui se repose toutefois largement sur le tourisme et l'immobilier (environ le tiers du PIB).
En février 2009, pour faire face à la crise, le gouvernement avait débloqué 300 M€ dans le cadre de son plan de relance. Les secteurs de la construction et du tourisme ont été les principaux bénéficiaires de cette manne : 250 M€ ont permis aux primo-accédants à la propriété d’obtenir des prêts à taux réduit, pour encourager la construction de logements. Les 50 M€ restant ont été utilisés pour baisser les taxes d’aéroport et de séjour, mais le secteur touristique a bénéficié d’autres aides, en marge de ce plan de relance économique. Des mesures qui semblent avoir porté leurs fruits. En visite fin février 2011 sur l’île, les observateurs du Fonds monétaire international (FMI) ont tablé sur une croissance qui s’établirait entre 1,5 et 2% en 2011 et des perspectives favorables pour 2012, si Chypre ne pâtit pas des "turbulences financières" que traversent d'autres pays de la zone euro. Plus de rigueur
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut. Chypre présente un excédent en 2009
Un bilan positif que contraste Moody’s qui vient de baisser de deux crans la note de Chypre, rétrogradée A2. L’agence de notation sanctionne ainsi l’absence de réformes structurelles visant à diminuer le poids des salaires et des dépenses de l’Etat, notamment sociales, en hausse de 7 % dans le budget de 2010 principalement à destination des retraites et du secteur de la construction.
Elle s’inquiète également des liens qui unissent les économies chypriote et grecques : le secteur bancaire, déterminant dans l’économie du pays, trouve en Grèce ses principaux clients. Selon Moody’s, " 40% des prêts accordé par les trois plus grandes banques chypriotes s’adressent à des clients grecs ". L’agence note enfin que les salaires ont augmenté sur l’île alors que la compétitivité n’a pas évolué. Endettement croissant
Le PIB chypriote s’élevait à 17,5 mrds€ en 2010, contre 16,9 mrds€ en 2009. L’endettement de l’île est passé de 56,2% du PIB en 2009 à 62,3% en 2010. Il devrait atteindre 67,6% en fin d’année. Chypre prévoit pour 2011 un déficit public égal à 4% du PIB, alors que le pays disposait au contraire d’un excédent de 4% en 2009.
Le taux de chômage, qui est monté l’an dernier à 7,3% devrait redescendre selon les prévisions du budget 2011, à 7%, porté par une croissance qui passerait de 1% en 2010 à 2% en 2011. Lire aussi : La présentation de Chypre par le ministère des Affaires étrangères français Israël et Chypre définissent leur frontière maritime Lire la suite de notre dossier spécial "Crise financière dans la zone euro" : L'Europe économique se renforce alors que les pays du sud restent en situation difficile La France réduit son déficit mais voit sa dette progresser La Slovénie compte sur ses exportations pour remonter la pente Malte pourrait pâtir de la révolution libyenne La Grèce peine à se ressaisir L'Italie souffre d'une croissance en panne Le Portugal suscite toujours incertitude et nervosité L'Espagne fait ses devoirs et parvient à rassurer Caroline Garcia
Mardi 29 Mars 2011
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