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L'économie bleue dispose d'un formidable potentiel en Méditerranée


   


Vice-président de Plan Bleu, Christian Avérous présidait, les 30 et 31 mai 2017 à Marseille, la table ronde de conclusion de la conférence "Une économie bleue pour une Méditerranée en bonne santé". Docteur en économie, il évoque pour econostrum.info le formidable potentiel de la mer, des rives côtières et aussi la volonté d'assurer un développement durable et inclusif de leurs ressources.



Christian Avérous, vice-président de Plan Bleu (photo : DR)
Christian Avérous, vice-président de Plan Bleu (photo : DR)
econostrum.info : Quel bilan faîtes-vous du projet "une économie bleue pour une Méditerranée en bonne santé" conduit par Plan Bleu ?

Christian Avérous : La conférence de Marseille a réuni une centaine de participants de vingt pays riverains de la Méditerranée, sous l'égide de l'Onu Environnement et de son Plan d'action Méditerranée. Financée par la Fondation MAVA, elle était organisée par trois centres d’activités régionales (CARs) du Plan d’Action pour la Méditerranée, le CAR Plan Bleu, le CAR pour le Programme d’Actions Prioritaires (CAR PAP) et le CAR pour la Consommation et la Production Durables (CAR CPD).

Cette manifestation a permis de débattre des résultats concernant les indicateurs et outils pour permettre la mesure et le suivi d'une économie bleue dans la région méditerranéenne et des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et de gouvernance en Méditerranée. Elle a aussi proposé des recommandations et identifié des synergies entre initiatives et programmes en cours, nationaux et  internationaux, touchant à l'économie bleue.

"Nous voulons un bleu Klein"

Quel est le potentiel identifié de cette économie bleue ?

C.A. : Beaucoup d'activités économiques sont basées sur les ressources marines et maritimes : le tourisme, les activités récréatives, la pêche et l'aquaculture, les énergies offshore, le transport maritime et ses infrastructures portuaires, l'exploitation minière du fond des mers. Ces secteurs se développent plus ou moins vite, avec plus ou moins de création d'emplois, mais ils doivent le faire dans un sens durable et inclusif.

Pour beaucoup d'experts, il s'agit d'une nouvelle frontière, un eldorado au niveau mondial. Selon certains, entre 2010 et 2030 la valeur ajoutée de l'économie des océans sera triplée. La Méditerranée attire déjà 30% des arrivées mondiales de touristes soit 400 millions de passagers par an. Elle est déjà le support de 30% du transport maritime de fret mondial. Ce développement économique doit être accompagné pour qu'il soit durable et inclusif. Ces évolutions économiques ne sont pas sans menace pour les ressources marines et les éco-systèmes marins. C'est pour cela que Plan Bleu a créé un ensemble d'indicateurs disponibles et envisage une "pouponnière" d'indicateurs à développer.

Comment définiriez-vous l'économie bleue par rapport à l'économie verte ?

C.A. : L'économie bleue c'est de l'économie verte appliquée aux zones côtières et à la mer. Nous devons accompagner les évolutions pour bénéficier d'un bleu de qualité. Nous voulons un bleu Klein.

Que manque-t-il pour sensibiliser tous les acteurs à la nécessité de cette économie bleue ?

C.A. : Les gouvernants des pays et les responsables des institutions internationales s'intéressent à l'économie maritime et à l'économie bleue. La croissance économique languissante dans le monde conduit à chercher à mieux exploiter le potentiel de développement de cette économie bleue, nationalement et internationalement. Il faut renforcer la coopération régionale entre les différents organismes à caractère international pour qu'ils travaillent pour la Méditerranée. Il faut mieux mettre en oeuvre les engagements internationaux (par exemple : convention de Barcelone et ses protocoles, agenda 2030 de l'Onu pour le développement) et donc pour les pays, signer, ratifier et traduire dans la réalité ces engagements. Il faut aussi continuer à progresser dans la construction du droit international sur l'environnement et le maritime.

English version
 


Vendredi 9 Juin 2017




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avis d'expert

Roland Lombardi, docteur en Histoire, consultant indépendant en géopolitique, analyste au sein du groupe JFC Conseil et chercheur associé à l'IREMAM de l'Université Aix Marseille.


 




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