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L’économie algérienne s’est consolidée en 2012 mais reste fragile


ALGÉRIE. Croissance économique en hausse, balance des paiements extérieurs excédentaire, augmentation des réserves de change, mais pic historique de l’inflation... Les résultats macroéconomiques et financiers de l’Algérie en 2012 publiés dans le rapport annuel de la Banque d’Algérie présenté le 4 septembre 2013 à Alger par le gouverneur de cette institution, confirment la bonne santé économique générale du pays, en cette période de crise mondiale, mais pointent également des faiblesses inquiétantes.



Mohamed Laksaci(photo DR)
Mohamed Laksaci(photo DR)

ALGÉRIE. Mohamed Laksaci, gouverneur de la banque d'Algérie, a révélé que la croissance économique algérienne avait atteint 3,3 % en 2012 contre 2,8 % en 2011. Cette progression que beaucoup de pays développés rêveraient d’atteindre se trouve essentiellement tirée par le secteur hors hydrocarbures affichant une croissance de 7,1 % en 2012 contre 6,1 % en 2011. Les secteurs du BTP et de l’industrie ont joué le rôle de locomotive de cette croissance du fait du recul des exportations de brut en 2012.

 

Le Gouverneur de la Banque d’Algérie reconnaît que les dépenses publiques pourtant très importantes ont faiblement contribué au développement de la production industrielle. Les investissements conjoints des secteurs public et privé n’ayant pas permis à l’industrie d’atteindre les 5 % de parts dans le Produit intérieur brut (PIB) contre plus de 25 % au tout début des années 1980.

 

La balance des paiements extérieurs enregistre pour sa part un excédent de 6,02 %, excédent qui s’avère toutefois en recul par rapport aux 8,9 % enregistrés en 2011. Si les exportations du pays se maintiennent à un niveau élevé de 73,98 mrds$ en 2012, les importations persistent dans leur dangereuse courbe ascendante pour s’établir à 46,80 mrds$.

 

La Banque d’Algérie explique ce recul par une réduction du volume des exportations d’hydrocarbures, mais aussi par une forte envolée de la part des biens de consommation non alimentaires dans le total des importations. Ces biens passant de 15,6 % en 2009 à 19,8 % en 2012.

 

L’explosion des importations, qui se poursuit sans interruption depuis de nombreuses années, constitue pour Laksaci une évolution inquiétante qui menace «l’objectif stratégique de substitution aux importations» ainsi que la balance des paiements.


Pic historique du montant des réserves de change et du taux d’inflation

Bonne santé économique générale de l’Algérie, mais faiblesses inquiétantes.(photo Yves Jalabert, licence CC )
Bonne santé économique générale de l’Algérie, mais faiblesses inquiétantes.(photo Yves Jalabert, licence CC )
Les réserves de change atteignent quant à elles un nouveau niveau historique à 190,66 mrds$ à fin décembre 2012 contre 182,22 mrds$ pour l’année précédente. Ce montant équivaut à plus de trois années (36,5 mois) d’importations de biens et services.

Ce satisfecit ne doit pas néanmoins masquer le fait que la hausse continue et substantielle des importations – qui devraient encore se confirmer pour l’année 2013 – rendra la situation financière du pays beaucoup plus difficile en cas de chute du prix des hydrocarbures sur le marché mondial.

Le voyant de l’inflation se situe pour sa part au rouge. Elle a atteint avec 8,9% en 2012 son plus haut niveau depuis quinze ans.  Cette envolée s'explique essentiellement par la hausse des prix de certains produits frais (viande ovine…) et à une augmentation des salaires en 2011/2012.

L'Algérie a enregistré une poussée inflationniste dès 2011 engendrée notamment par les augmentations de salaires, décidées par le gouvernement en réponse à une série de protestations et de grèves.


A. Belkessam, à ALGER


Vendredi 6 Septembre 2013



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Commentaires

1.Posté par malti le 09/09/2013 10:59
C'est scandaleux que la hausse des salaires puisse entrainer une hausse des prix d'une telle ampleur.
J'aurai souhaité un système de contrôle des prix, par exemple "déclarer un prix à un moment t " puis justifier toute augmentation par des faits et calculs réels.
Faute d'une justification logique prouvée, prévoir le blocage des prix voire même des sanctions pour prix injustifié.
Instaurer une discipline.

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