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L’alimentation en eau au cœur des grands travaux de la Jordanie pour 2009

Considéré comme le pays le plus "pauvre" en eau du bassin méditerranéen, la Jordanie veut investir massivement pour améliorer sa ressource hydrique. Les financements de deux gros dossiers devraient ainsi aboutir en 2009, pour le DISI Water Conveyance mais aussi le projet controversé de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte, désormais officiellement inscrit dans le programme de l'Union pour la Méditerranée.


L'Union pour la Méditerranée se penche sur le projet de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte (DR)
L'Union pour la Méditerranée se penche sur le projet de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte (DR)
JORDANIE. Avec un déficit annuel en eau de l’ordre de 500 millions de m3, la Jordanie est considérée comme le pays le plus "pauvre" en eau du bassin méditerranéen. Sa consommation s’établit à seulement 150 m3 par personne et par an, contre un standard moyen international de 1.000 m3.

Les autorités du Royaume rivalisent donc de projets pour trouver de nouvelles ressources avec deux gros dossiers, dont les financements pourraient être finalisés cette année.

C’est le cas du projet de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte. Il fait désormais partie des dossiers officiels de l’Union pour la Méditerranée (UPM) définis à l’occasion de la Conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur l’eau, le 22 décembre 2008, en Jordanie.

Un pipeline de 325 km

L’idée serait de réaliser un canal à l’air libre d’environ 150 km, suivant pratiquement la frontière entre Israël et la Jordanie. Il permettrait de transférer chaque année quelques 500 millions de m3 d’eau du golfe d’Aqaba vers la Mer Morte dont le niveau diminue régulièrement. Selon certains experts, elle pourrait être asséchée d’ici 50 ans .

La Banque Mondiale finalise une étude sur ce projet.

La Jordanie s’est également engagée en août dernier dans le très gros chantier du DISI Water Conveyance, destiné à sécuriser l’alimentation en eau d’Amman. Il s'agit de puiser dans une vaste nappe phréatique au sud du pays et d'amener l'eau à la capitale via un pipe line de 325 km.

Un projet de 715 M€

Evoqué depuis 2001, ce projet a finalement été attribué en avril 2008 à la société turque Gama Enerji pour un montant de 715 M€.

Le gouvernement jordanien vient toutefois d’engager de nouvelles négociations avec l'entreprise pour revoir ce coût à la baisse en tenant compte de la réduction considérable du prix mondial de l’acier ces derniers mois (le projet nécessitera environ 250.000 tonnes d’acier).

Le financement du projet DISI devrait être finalisé dans les prochaines semaines. Selon des responsables jordaniens du ministère de l’Eau et de l’Irrigation cités par le journal Jordan Times, cela passera par un montage financier apporté par la Banque Européenne d’Investissement et la société financière française de développement Proparco.


Brigitte Challiol


Mercredi 7 Janvier 2009



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