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L'agriculture italienne voit son avenir dans le bio


En Italie, le bio connaît une forte croissance sur les linéaires de la grande distribution et dans les assiettes des Italiens. Si les producteurs tentent de suivre cette tendance malgré l'absence de coup de pouce des institutions, trop de produits restent aujourd'hui importés.



En Italie, 1,4 million d'hectares sont cultivés avec la méthode biologique (copyright Sinab)
En Italie, 1,4 million d'hectares sont cultivés avec la méthode biologique (copyright Sinab)
ITALIE. Selon le dernier rapport du Mipaaf, le ministère italien pour les politiques agricoles, alimentaires et des forêts,  1,4 million d'hectares sont cultivés de façon biologique en Italie, soit 10 % des surfaces cultivables de la péninsule. Depuis 2006, la vente de produits biologiques augmente et représente désormais 2 % des références exposées sur les linéaires de la grande distribution italienne.

A fin 2014, le secteur agroalimentaire biologique italien compte 55 433 entreprises, 5,8 % de plus qu’au début de l’année. Un chiffre révélateur de la bonne santé du secteur économique. « Aujourd'hui, un hectare sur dix est cultivé selon les méthodes de l'agriculture biologique. 80 000 hectares ont été convertis au biologique en 2014, pour un total de 1,334 million d’hectares cultivés sur le territoire national » affirmait Francesco Giardina du Sinab (système d'information italien sur l'agriculture biologique), lors de son intervention au SANA, Salon pour l'agriculture biologique et le naturel, qui se déroulait du 12 au 15 septembre 2015 à Bologne.

Cette belle performance ne doit rien aux institutions dont les programmes de développement rural, textes rédigés tous les six ans pour définir les plans d'aides économiques pour l'agriculture, ne consacrent aucune attention particulière pour le bio. «  Cette croissance dans la consommation et l'engagement des fermiers italiens répond au changement d'habitudes alimentaires du consommateur italien » témoigne à econostrum.info Vicenzo Vizioli. Président de AIAB, Association pour l’Agriculture biologique Italienne, il souligne que «  le biologique n'est désormais plus un mystère, mais un des choix possibles dans les rayons du supermarché. »

« Les institutions ne suivent pas encore » regrette Vicenzo Vizioli. « Le secteur manque d'une politique précise. Nous n'avons pas de formations universitaires adéquates, nous ne formons pas encore les techniciens et les ingénieurs dont nous aurions besoin. »
Dans le même temps, l'agriculture biologique italienne demeure incapable de satisfaire la demande des consommateurs. Selon les dernières données publiées par le Sinab en 2013, l'Italie a importé de l'étranger 6 116 tonnes de céréales biologiques (-54,56 % comparées à 2012), 21 169 tonnes des cultures industrielles, comme le soja (+165,31 %), 15 416 tonnes de fruits (+52,40 %), 6 196 tonnes de légumes (+9,67 %) et 13 214 tonnes de produits transformés (+9,7 %), au total 62 411 tonnes de produits biologiques importées et une progression de +20,80 % comparées à 2012.

Du bio d'importation

Les produits bios italiens se développent (Photo : Domaine Jasci)
Les produits bios italiens se développent (Photo : Domaine Jasci)
« La majeure partie des produits biologiques présents dans la grande distribution se trouve, en partie ou totalement, fabriquée à partir de produits d'importation. Cela s'avère une grosse perte pour l'économie italienne alors que nous souffrons d'un secteur agricole en crise, avec des petits et moyens producteurs étouffés par la bureaucratie, qui ont du mal à vendre leur produits au bon prix. Pour beaucoup d'entre eux, la survie de l’activité reste liée aux aides économiques européennes » commente Vicenzo Vizioli. « De nombreux petits producteurs sont obligés de mettre la clé sous la porte. Cela n'aide pas l’économie italienne » poursuit le président de l'AIAB.

Dans ce contexte assez favorable à l'industrie agroalimentaire biologique, l'Italie doit désormais songer à réformer les systèmes de contrôle, alléger la charge bureaucratique des producteurs et développer des formations universitaires spécialisées dans le domaine. Fournir à la filière des ingénieurs compétents et favoriser la recherche universitaire. Sans cela, l'augmentation de produits biologiques consommés n'impliquera qu'une croissance des importations. Les derniers plans de développement rural signés en 2014 courent jusqu'en 2020. Le changement n'aura pas lieu tout de suite en Italie.


Samuel Bregolin, à ROME


Lundi 25 Avril 2016



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