L'Office des Transports de la Corse veut mettre la SNCM, la CMN et Corsica Ferries au régime secLa SNCM, la CMN et Corsica Ferries desservent la Corse au départ de Marseille, Toulon et Nice. A des degrés très divers, toutes trois bénéficient de plusieurs dizaines de millions d'euros de subventions versées par l'office des transport de la Corse sur des fonds abondés par l'Etat français. Président de l'Office des Transports de la Corse, Paul-Marie Bartoli entend supprimer une partie les subventions officielles ou déguisées qui permettent à ces trois compagnies de proposer une offre de places trois fois supérieures à la demande. Des milliers d'emplois sont en jeu.
La CMN, qui ne possède que des cargos mixtes, sortirait grande bénéficiaires de ces nouvelles règles du jeu (photo GT)
Econostrum : La délégation de service publique se termine le 31 décembre 2013, mais sans attendre cette date vous proposez de modifier les règles du jeu. Pourquoi ? Paul-Marie Bartoli: Un rapport du Sénat a pointé un certain nombre de problèmes. Il faut savoir que l'Etat nous verse tout de même 114 M€ pour le maritime au titre de la continuité territoriale. Il est normal qu'il s'intéresse à ce que nous faisons de cet argent. Pour différentes raisons, la DSP (délégation de service public) s'exerce dans des conditions économiques et financières très délicates. Elle produit une distorsion de concurrence car nous donnons une subvention à la SNCM (service de base et service complémentaire) et à la CMN (service de base) au départ de Marseille. Au départ de Toulon et Nice, des ports privés de DSP, nous allouons aux compagnies (Corsica Ferries et SNCM) une aide sociale qui est en fait une subvention déguisée, un lot de consolation. De plus, la crise mondiale et l'augmentation du prix du fioul ont mis la SNCM et Corsica Ferries dans une situation financière délicate. Elles sont toutes deux dans le rouge. Les conditions me semblent réunies pour prononcer la déchéance du contrat. Mais cela ne peut se faire qu'avec l'accord préalable des trois compagnies. Econostrum: Les négociations ont-elles déjà commencé ? PMB: Non. Nous préparons actuellement avec un cabinet spécialisé qui nous assiste une nouvelle DSP. Nous discuterons ensuite. Nous explorons toutes les voies. Je dis bien toutes. "Il appartient aux compagnies de s'adapter à nos besoins" Econostrum: Vers quel schéma vous dirigez-vous ? PMB: Pour l'instant il ne s'agit que de mes propositions. Il y aura obligation de service public au départ de Marseille, Toulon et Nice. La DSP et les subventions qui vont avec ne concerneront que le service de base, c'est à dire sept cargos mixtes (transport de camions et de passagers). Cette DSP sera effective à Marseille et/ou Toulon. Nous envisageons Toulon car le manque de fiabilité de Marseille pénalise de façon insupportable la Corse. Nous ne financerons plus le service complémentaire (les ferrys de la SNCM) et nous supprimerons l'aide sociale. Econostrum: Une telle redistribution des cartes condamnerait la SNCM qui possède une flotte de 11 navires dont 4 cargos mixtes. Le port de Marseille devrait également beaucoup en souffrir. N'avez-vous pas peur des conséquences ? PMB: Il appartient aux compagnies de s'adapter à nos besoins. L'argent économisé grâce à la suppression de l'aide sociale et du service complémentaire permettra de faire baisser le coût du transport d'une remorque au départ de Marseille, qui passera de 1 385 € à 950€, soit à peu près le tarif pratiqué par Corsica Ferries au départ de Toulon. Lire aussi : Le sort de la SNCM se décidera mardi 14 mars 2011 à Paris Gérard Tur
Mardi 15 Mars 2011
Lu 6871 fois
Commentaires
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info |
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version
Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.
Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Par Michel Roche, consultant Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.
|
|
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||




Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Par Michel Roche, consultant 







