L'OCDE prévoit une récession économique dans la zone euroAlors la France apparait, selon L'OCDE, comme le pilier fort en terme de santé économique, l'organisation estime néanmoins que la croissance de la France ne sera que de 0,3% en 2012, loin des prévisions gouvernementales de 1%. L'OCDE annonce également que la zone euro entre en "légère récession" et que son économie devrait stagner en 2012.
L'OCDE revoit ses prévisions à la baisse
EUROPE / FRANCE. Sinistres perspectives de l'OCDE dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques, publié le 28 novembre 2011. Pour la France, l'OCDE revoit à la baisse les espoirs du gouvernement français - ramenant sa prévision de 2,1% du PIB à 0,3% pour 2012. L'organisation prévoit une récession "de faible ampleur" au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012. Pour 2013, elle prédit une légère reprise de 1,4%. Concernant le déficit public, l'OCDE estime que "compte tenu du ralentissement de l'activité économique et de la charge croissante de la dette" il apparait difficile de prévoir un retour du déficit public à 4,5% du PIB en 2012. L'organisation appelle ainsi à de "nouvelles mesures de consolidation budgétaire". Son rapport indique que "le risque que le chômage structurel augmente est significatif" et que l'inflation devrait retomber à environ 1% en 2013. L'OCDE appelle à de nouveaux efforts financiers estimant ainsi insuffisants les deux derniers plans de rigueur - de 11 et 7 mrds€ - du gouvernement. Conséquences "dévastatrices" de la crise de la dette sur les économies.
Sur la zone euro, l'OCDE avertit des conséquences "dévastatrices" de la crise de la dette sur les économies des pays développés.
Les experts du château de la Muette revoient à la baisse leurs prévisions de mai 2011 : la croissance devrait atteindre 1,6% en 2011 (au lieu de 2%) puis seulement 0,2% en 2012 (au lieu de 2%). Elle arriverait péniblement l'année suivante les 1,4%. En Italie, l'OCDE estime que "la reprise de l’économie italienne s’essouffle" ajoutant que "la production devrait fléchir presque tout au long de 2012 et le rebond qui suivra ne devrait être que peu marqué". Concernant les mesures d'urgence du gouvernement précédent pour équilibrer le budget en 2013, l'organisation appelle le nouvel exécutif à "mettre pleinement en oeuvre ce programme et entreprendre d’importantes réformes structurelles pour doper la croissance". En Espagne, l'OCDE prévoit "une contraction de l’activité au dernier trimestre de 2011, sous l’effet du ralentissement du commerce mondial ainsi que de l’incidence de la crise de la dette dans la zone euro sur la confiance et les conditions de financement internes". Le taux de chômage pourrait "culminer à 23 % en 2012, tandis que la faiblesse de la croissance réduira l’inflation à moins de 1 % en 2013. Le déficit budgétaire diminuerait, passant de 9.3 % du PIB en 2010 à près de 6 % en 2011". En Grèce, l'espoir grandit et la production "devrait commencer à augmenter en 2013, sous l’effet de réformes structurelles de grande ampleur, d’un renforcement de la demande extérieure, d’une amélioration de la compétitivité et d’une remontée de l’investissement". Au Portugal, l'organisation estime que "le ralentissement économique devrait se poursuivre en 2012, sous l’effet d’un rééquilibrage budgétaire nécessaire, d’efforts de désendettement et d’une contraction marquée de la demande extérieure". Le chômage fait tâche noire dans les prévisions et "devrait continuer à augmenter, tandis que la hausse de la fiscalité indirecte provoquera une augmentation des prix". Mais en 2013, la croissance se rétablirait progressivement, "principalement tirée par les exportations au fur et à mesure de l’amélioration économique mondiale". Les recommandations de l'OCDE
Le Chef économiste de l’OCDE, Pier Carlo Padoan déclare craindre "que les décideurs ne prennent pas la mesure de l’urgence d'initiatives résolues pour parer aux risques réels et grandissants qui menacent l’économie mondiale" dans son éditorial (en anglais) à l’occasion du lancement de la publication à Paris .
Pier Carlo Padoan estime ainsi qu'il "faut faire barrage au risque de contagion en augmentant substantiellement les capacités du Fonds européen de stabilité financière, tout en se donnant une plus grande latitude pour mobiliser les ressources de la Banque centrale européenne. Une ‘force de frappe’ qui doit "aller de pair avec des réformes en matière de gouvernance pour éliminer l’aléa moral". "Dans ce scénario, toute une série de mesures structurelles destinées à stimuler l’emploi et l’activité, qui sont en soi souhaitables, vont devenir urgentes. Il convient d’adopter des politiques du marché du travail efficaces pour remédier au chômage qui tend à devenir structurel et non plus conjoncturel, ce qui sape la croissance potentielle, met à mal la confiance et porte préjudice aux finances publiques" déclare l'OCDE. Voir aussi : La France et l'Allemagne sous la pression de la crise de la dette (Econostrum) L’OCDE exhorte à une action urgente pour stimuler une économie mondiale vacillante (Site officiel OCDE) Astrid Jousset
Mardi 29 Novembre 2011
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