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L’Italie viticole passe devant la France

Pour la première fois depuis une décennie, l’Italie a ravi à la France sa place de premier producteur mondial de vin. Une victoire symbolique qui tend à faire oublier la chute de la consommation de l’autre côté des Alpes.


Bilan des des vendanges 2008 en Italie: 47 millions d'hectolitres (photo D.R.)
Bilan des des vendanges 2008 en Italie: 47 millions d'hectolitres (photo D.R.)
ITALIE. Verre de Chianti à moitié plein? Les vendanges à peine finies, les vignerons font leurs comptes.

Des deux côtés des Alpes, le cru 2008 n’a pas le même arôme. Pour la première fois depuis dix ans, l’Italie a ravi à la France son rang de premier producteur mondial. Selon les estimations provisoires de la Commission européenne, 47 millions d’hectolitres ont été produits dans la botte, un chiffre en hausse de 5% par rapport à 2007, contre 44,4 millions d’hectolitres dans l’hexagone, résultat en baisse de 5%.

Ces chiffres transalpins restent toutefois éloignés des moyennes enregistrées durant les deux dernières décennies, où la récolte annuelle tournait autour de 59,2 millions (1988-1997) puis de 50,6 millions d’hectolitres (1998-2007).

L’explication de cette chute répond à de nobles raisons: les vignerons italiens ont décidé de réduire le volume de bibine en misant sur la qualité.

Le marché américain en berne

La consommation d'AOC augmente (photo D.R.)
La consommation d'AOC augmente (photo D.R.)
Tirer du bon vin est une chose. Reste à convaincre les consommateurs de le boire...

En la matière, le verre de Chianti est à moitié vide: en 30 ans, la consommation annuelle des italiens a dégringolé de 110 litres par individu à 45 litres.

Les seuls à échapper à cette sobriété sont les grands crus et les AOC qui voient leur consommation augmenter de 2,6% en 2008. Mais les amateurs de "Spumante", le champagne version latine, ne doivent pas festoyer trop vite. Selon un sondage réalisé par la revue spécialisée Winenews, 47% d’entre eux ont l’intention de continuer à boire leur nectar préféré, mais dans des quantités nettement inférieures à celles d’aujourd’hui.

Et le salut ne viendra pas de l’étranger. Les Américains, qui avaient préféré l’an dernier les vins italiens aux vins français, ont réduit leur consommation.

Au premier semestre 2008, les ventes de Chianti et autre Barollo aux Etats-Unis ont chuté de 3,5 %. Un gadin imputable à une enquête sur des carences de contrôle dans la production du Brunello de Montalcino, une des AOC les plus prestigieuses de Toscane.

Le travail au noir résiste dans le Sud

La grande nouveauté de ces vendanges 2008 en Italie n’était pas dans les bouteilles, mais dans les vignes avec l’entrée en vigueur des chèques-emplois pour les saisonniers.

Ce mode de paiement destiné à réduire le recours au travail au noir a rencontré un succès mitigé. Selon le premier bilan du ministère de l’Agriculture, 600.000 chèques-emplois ont été distribués, mais près de 70% l’ont été dans les régions du Nord, contre 28% dans le Centre et seulement... 2% dans le Sud et les îles.


William Allaire


Lundi 15 Décembre 2008



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