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L'Italie risque de retomber dans le collimateur de Bruxelles


En retirant sa délégation du gouvernement d'unité nationale, Silvio Berlusconi a sacrifié les intérêts de l'Italie toujours prise dans l'étau de la crise économique et financière. Pour les banquiers, les syndicats et les industriels, Bruxelles pourrait décider de placer Rome sous haute surveillance comme la Grèce pour éviter des dérapages et des retombées sur la zone euro.



Une économie morose en quête de stabilité institutionnelle (photo F.Dubessy)
Une économie morose en quête de stabilité institutionnelle (photo F.Dubessy)

ITALIE. Vendredi 4 octobre 2013, la commission parlementaire sénatoriale proclamera la déchéance de Silvio Berlusconi, condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale par la Cour de cassation en août 2013. Cette peine réduite des deux tiers en raison d’une amnistie est aussi accompagnée d’une interdiction d’exercice dans la fonction publique dont la durée sera annoncée le 19 octobre 2013 par le tribunal de Milan. Du coup, le Cavalier qui perd son immunité parlementaire et traîne plusieurs casseroles judiciaires, risque gros.

 

Accusé de corruption par le tribunal de Naples qui le soupçonne d’avoir acheté un sénateur en 2008 pour faire tomber le gouvernement de Romano Prodi, Silvio Berlusconi pourrait être arrêté. Il est certain que son âge lui épargnera la prison.  Mais pas la honte des menottes et des flashs des photographes. Pour obliger la classe politique à organiser son sauvetage, le Cavalier qui avait menacé de faire sauter le gouvernement d’unité nationale à plusieurs reprises avant et après sa condamnation vient de joindre l’acte à la parole.

 

Reste que la crise provoquée par Silvio Berlusconi prêt à tout pour sauver sa peau, même à couler son pays, risque d’avoir des conséquences désastreuses vu le contexte économique italien morose.

 

Au niveau national, le taux de chômage frôle la barre des 12,8% et dépasse les 32% chez les jeunes actifs. La croissance se trouve en berne et la dette publique a augmenté de 84,2 mrds€ durant le premier semestre 2013.  Pour combler le manque à gagner dérivant du gel du paiement de la dernière tranche de l’IMU, l’impôt foncier qui devait faire tomber quelque 4,6 mrds€ dans les caisses de l’État, le gouvernement a dû augmenter la TVA d’un point. Avec cette mesure, entrée en vigueur la nuit du 30 septembre 2013, la taxe sur la valeur ajoutée passe de 21 à 22%. De quoi pénaliser ultérieurement la relance de la consommation, les Italiens, dont les poches sont plus que trouées, réduisant désormais leurs achats au strict minimum.


Les patrons réclament le retour de la stabilité institutionnelle

Mardi 1er octobre 2013, la bourse de Milan a pris un sérieux coup de plomb dans l’aile. Notamment en ce qui concerne les titres bancaires italiens en perte de quatre points à la mi-journée. Les agences de notation perpétuellement aux aguets lorsqu’il s’agit de l’Italie ont déjà fait savoir que la note de Rome pourrait être revue à la baisse. Des déclarations qui renforcent les inquiétudes des industriels italiens.

 

« Bruxelles pourrait placer l’Italie sous surveillance et expédier ses inspecteurs pour préparer la prochaine loi budgétaire» estime Giorgio Squinzi, président de Confindustria, la confédération des industriels italiens. Du coté des banquiers et des syndicats, le ton se veut identique. Dans un communiqué conjoint, les trois grandes confédérations, Cgil, Cisl et Uil ont réclamé le retour à la stabilité institutionnelle pour que les dossiers délicats actuellement à l’étude de l’exécutif ne finissent pas au panier. À commencer par les affaires, Telecom Italia menacée de rachat par l’espagnol Telefonica qui pourrait déboucher sur la mise à pied de 12.000 salariés à Rome. Puis, Alitalia qu’Air-France veut déposer dans son chariot à roulettes. Deux dossiers que l’exécutif national s’apprêtait à prendre en main en introduisant le système de la golden-share, soit un droit de veto sur l’ensemble du capital aux groupes étrangers sur les infrastructures dites sensibles.

 

Mercredi 2 octobre 2013, le président du Conseil Enrico Letta demandera la confiance du parlement. La droite pourrait la lui accorder à condition, a averti Silvio Berlusconi, que de nouvelles élections soient organisées au plus tôt.





Mercredi 2 Octobre 2013



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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au groupe d’analyse
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