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L’Italie revient au nucléaire pour réduire sa dépendance énergétique

L’accord franco italien signé le 24 février marque un retour remarqué de l’Italie vers l’énergie nucléaire. Enel et EDF vont construire quatre réacteurs de troisième génération et des négociations sont en cours avec les entreprises d’autres pays pour arriver à produire 25% des besoins en électricité du pays via l’atome.


Areva et EDF doivent construire quatre réacteurs nucléaires en Italie
Areva et EDF doivent construire quatre réacteurs nucléaires en Italie
FRANCE/ITALIE. C’est une véritable révolution. Vingt deux ans après le referendum populaire qui avait conduit à l’abandon du nucléaire civil et avant même le vote par le Parlement italien d’une nouvelle loi prévu en mars, Silvio Berlusconi engage son pays vers un retour au nucléaire.

L’objectif est de réduire la facture énergétique alors que l’Italie dépend majoritairement du gaz, notamment russe et algérien, pour produire son électricité et que le prix moyen du kilowatt heure d'électricité est 1,6 fois supérieur à celui du reste de l'Europe et 2 fois celui de la France.

Le projet est donc désormais de construire pas moins de huit centrales afin de produire 25% des besoins en électricité du pays.

La France se taille la part du lion

Un premier accord a été signé avec la France lors du sommet de Rome le 24 février. Il prévoit la création d’une société détenue à parts égales par EDF et Enel, le numéro un italien de l’électricité, pour réaliser quatre réacteurs de troisième génération EPR dans la Péninsule, une technologie développée par le français Areva.

La première centrale pourrait entrer en service dès 2020. Par ailleurs, Enel va prendre 12,5% dans le réacteur EPR en cours de construction à Penly (Seine-Maritime) comme il l’a déjà fait pour l’EPR de Flamanville.

Mais la France ne sera pas le seul partenaire nucléaire de l’Italie. Selon Claudio Scajola, le ministre italien de l’Industrie, d’autres sociétés notamment américaines et japonaises pourraient bientôt conclure des accords avec Rome.

Interrogations sur les sites

Disposant d’une majorité suffisamment stable, Silvio Berlusconi devrait pouvoir obtenir un vote du Parlement en faveur de ses nouvelles orientations énergétiques, mais le dossier ne sera pas réglé pour autant.

Il restera encore à trouver des emplacements pour les futures centrales et compter sans nul doute sur une forte opposition des riverains et des écologistes.

Selon Claudio Scajola, cité dans La Repubblica, le gouvernement central n’interviendra pas dans le choix des sites qui sera de la responsabilité des groupes énergétiques.


Brigitte Challiol


Mercredi 25 Février 2009



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