L'Italie face au défi du tourisme low costDossier spécial tourisme2009 aura été une année difficile pour le tourisme en Italie. La plupart des indicateurs de ce secteur, qui est un des moteurs de l'économie transalpine, sont au rouge : chiffre d'affaires en berne, baisse de la fréquentation des hôtels, érosion du nombre de passagers dans les aéroports...
L'Italie et son patrimoine attirent toujours les touristes, mais ces derniers dépensent moins (photo DR)
ITALIE. Moteur traditionnel de l’économie italienne avec un chiffre d’affaires direct et induit de 155 mds€ qui représente 9,7 % du PIB, le tourisme a encore connu de sérieux ratés en 2009. Même si tous les bilans ne sont pas encore arrêtés, tout porte à croire que les 12 derniers mois seront dans la lignée de 2008, annus horribilis pour l’industrie touristique transalpine.
Malgré le rebond enregistré durant les fêtes de fin d’année, « les premiers résultats 2009 n’incitent guère à l’optimisme », se désole Bernabò Bocca, le président de la Fédération italienne de l’hôtellerie et du tourisme (Federalberghi-Confturismo). Selon l’enquête réalisée auprès d’un millier d’établissements, l’année écoulée s’est conclue par une chute de 3,8% de la fréquentation touristique (italienne et étrangère), « un recul qui équivaut à 10 millions de nuitées en moins et à 3,5 millions d’annulations de séjours de dernière minute », indique Bernabò Bocca. Une perte de 1,7 md€Traduite en chiffres sonnants et trébuchants, cette désaffection se révèle encore plus douloureuse pour les professionnels. « Entre les dépenses directes et indirectes, c’est un manque à gagner d’au moins 1 md€ pour le secteur de l’hôtellerie et d’environ 1,7 md€ pour l’ensemble de l’industrie touristique », soupire le président de la Federalberghi.
Les tours opérateurs face à la concurrence du webChez les tours opérateurs transalpins, la tonalité est la même. L'Astoi (Association des tours opérateurs italiens) note une baisse d’activité de 10% en 2009, une chute que les professionnels imputent autant à la crise qu’à la montée en puissance des réservations par internet et des offres low cost. Cette émergence du modèle internet, qui capte désormais près d’un tiers de la clientèle des séjours organisés, pousse les professionnels à s’interroger sur leur organisation. Le marché italien est en effet très fragmenté, disséminé entre une multitude d’opérateurs de petite taille, un handicap rédhibitoire face à la concurrence des « web agencies », et des mastodontes européens dont le chiffre d’affaires annuel approche les 34 mds€ quand le CA cumulé des 45 plus grands tours opérateurs transalpins plafonne sous les 6 mds€.
Les aéroports en baisse de 2,3 %Dans le ciel italien, les nuages de la conjoncture ont également bouché l’horizon. Le nombre de passagers dans les aéroports italiens a chuté de 2,3% en 2009, passant de 133,13 à 130,05 millions. Les principales victimes sont les aéroports des grandes villes : Milan-Linate (-10,5%), Milan-Malpensa (-8,7%), Naples (-5,7%) et Rome-Fiumicino (-4%).
L'irrésistible émergence du low costCette émergence de Bergame est symptomatique de l’irrésistible ascension des compagnies à bas coût qui, avec 43,3 millions de passagers, représentaient 32,6% du marché transalpin en 2008 (contre 89,5 millions pour les compagnies traditionnelles).
William Allaire
Lundi 25 Janvier 2010
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