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L’Italie dit non au nucléaire et à la privatisation de l’eau


Par referendum d’initiative populaire, les électeurs italiens ont massivement rejeté la politique de Silvio Berlusconi dans les secteurs de l’énergie et de l’eau. Ils ont aussi refusé les lois sur mesure visant à protéger le président du conseil, appelé à comparaître dans quatre procès.



Président du conseil, Silvio Berlusconi est de plus en plus contesté (photo DR)
Président du conseil, Silvio Berlusconi est de plus en plus contesté (photo DR)
ITALIE. Pour la première fois depuis seize ans, le referendum d’initiative populaire organisé les 12 et 13 juin 2011 a mobilisé les électeurs italiens. Près de 27 millions (54,8%) d’entre eux sont allés voter permettant d’atteindre le quorum nécessaire fixé à 50% des voix plus une. A 95%, ils ont dit oui aux quatre questions posées visant à abroger des textes législatifs en vigueur.

La loi faite sur mesure pour Silvio Berlusconi permettant aux ministres et au président du conseil de ne pas se présenter au tribunal dans le cadre de procès concernant des affaires non directement liées à leurs fonctions, sera donc abrogée et le Cavaliere devra répondre présent dans les quatre procès en cours qui le concerne. Les Italiens se sont aussi prononcés massivement contre la relance du nucléaire en Italie et contre l’accélération des privatisations dans le secteur de l’eau.

Le refus du nucléaire

Le retour au nucléaire, à partir de 2014,  était l’un des piliers de la politique énergétique de Silvio Berlusconi malgré le moratoire accepté après l’accident de Fukushima au Japon. Les Italiens ont dit non. Le gouvernement italien va donc devoir présenter un nouveau plan énergétique national qui devrait faire la part belle aux énergies renouvelables. Les entreprises du secteur (Kerself, Ergy Capital, KR Energy etc.), dès l’annonce des résultats, ont enregistré des cours en hausse à la bourse de Milan.

Pour la France, c’est une mauvaise nouvelle. Les quatre réacteurs, qui devaient être réalisés par la société créée en partenariat entre Enel et EDF, ne se feront pas.

Coup de frein à la privatisation de l’eau

Le service public de l’eau doit être préservé ont encore dit les Italiens sans ambiguïté, confirmant le mouvement que l’on observe dans toute l’Europe en faveur d’un retour à l’exploitation en régie. La loi favorisant l’entrée de nouveaux acteurs privés sur ce marché sera donc abrogée. Aujourd’hui 60% du secteur reste sous gestion publique et 33% est aux mains de sociétés d’économie mixte.

Pour certains experts, le choix du tout public, au moment où l’Italie est confrontée à des difficultés budgétaires, risque d’entraver les investissements nécessaires, estimés à 64 mrds € pour les trente prochaines années, afin de rattraper le retard d’équipement du pays en stations d’épuration. C’est aussi une mauvaise nouvelle pour les ténors du secteur comme Veolia qui voyait dans l’Italie un marché potentiel à conquérir.

Les enjeux politiques du referendum

Au-delà des questions posées aux électeurs Italiens, la mobilisation en masse des citoyens sonne comme un nouveau désaveu à l’égard d’un président du conseil qui avait décidé de ne pas aller voter. Le divorce entre Silvio Berlusconi et le pays est confirmé après la déroute aux élections municipales. Le "oui" massif aux quatre questions posées par referendum met en évidence qu’une partie de l’électorat de droite s’est désolidarisée de son chef. On a ainsi vu le président de la Vénétie, élu de la Ligue du Nord, aller voter et s’engager en faveur du oui.

Si la victoire au referendum est celle de la démocratie, elle n’est pas celle des partis de gauche qui, au-delà d’un front du refus, ne sont pas encore capables de proposer au pays un programme cohérent. Le 22 juin 2011,  à la demande du président de la république, le gouvernement dont la composition a été récemment modifiée, se présentera au parlement. Il ne devrait pas y avoir de motion de censure déposée par l’opposition mais cela sera l’occasion de vérifier la cohésion de la coalition de droite au pouvoir. La fidélité d’Umberto Bossi à Silvio Berlusconi est de plus en plus décriée par les militants de base de la Ligue du Nord.

Dans les coulisses, la nécessité d’élections anticipées fait son chemin. L’Italie ne peut rester en souffrance deux années encore jusqu’à la fin de la législature en cours. Le temps pour les partis de négocier de nouvelles alliances, les élections pourraient être programmées pour 2012. Mais l’Italie des places et des réseaux, qui manifeste son ras le bol, ne se fait pas d’illusions.




Mardi 14 Juin 2011



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